La maladie de son animal pourrait-il exprimer de ce que l’on vit ?

On entend souvent parler d’animal-miroir et de là, les raccourcis sont fréquents : ‘ce que je vis mon animal le reflète’ ou ‘ce que je refuse de voir de moi, mon animal le somatise en déclenchant par exemple une maladie’. Ce sont des raccourcis dangereux. Malheureusement, on peut glisser rapidement dans un fatras de pseudo-développement personnel mêlé de psychologie populaire vulgaire.

Ce qui est dommageable, c’est que ces propos portent ombrage aux études avant-gardistes qui étudient le lien entre l’homme et l’animal sous l’angle de la maladie (voir mon précédent article ici). Il me semble important avant de barbouiller des pages entières de blog ou de regarder un gardien dans les yeux en lui sortant ‘tu es en plein transfert. Ton mal-être c’est ton animal qui le porte en déclenchant cette maladie’, de revenir à l’essence de la relation : le respect des uns et des autres.

Il est un fait que le chien vit dans le même environnement que l’homme, il partage les stress et expositions aux agents toxiques et le développement des maladies sur plusieurs années est comparable au développement des maladies homologues chez l’homme. Concernant les maladies complexes, impliquant des facteurs génétiques associés à des facteurs environnementaux, le chien apparaît comme un modèle spontané qui permet de retracer l’histoire naturelle de la maladie de façon aussi précise que chez l’homme. Donc, entre le maître et son animal de compagnie s’effectuent-ils des échanges qui, à la longue, se concrétisent physiquement chez l’animal ?

Symptômes

Nous vivons dans des systèmes (famille, société…) et que l’animal y participe, a sa place et souvent il est considéré comme le porteur et le révélateur du symptôme du groupe dans lequel vit celui-ci. Lorsque je dis symptôme, je parle de dysfonctionnement de la relation à l’animal concerné. Dans ce contexte, les comportements de l’animal sont adaptatifs à un environnement qui ne le comprend pas, ou qui croit le comprendre. Il n’y a pas de hasard, un comportement quelque qu’il soit, est une réponse à des stimulations environnementales perçues par un sujet.

Oui, il y a inter-connectivité et inter-influence entre les uns et les autres, animaux et humains. Et en effet l’humain ne vit pas séparé donc influence son environnement, donc son animal.
Peut-il y avoir transfert de symptôme d’un être à un autre être ? L’animal peut-il, biologiquement, porter le mal-être, psychologique, de son humain? L’animal peut-il tomber malade des traumas de son humain? Bref vulgairement parlant : le chien peut-il déclencher une maladie parce que son humain est embourbé dans des conflits internes psychiques non résolus? Si tel était le cas, il y aurait concordance entre la maladie biologique, physique d’un bord et la maladie mentale, psychique de l’autre.

Prière de ne pas tout amalgamer

La complexité des rapports entre l’homme et l’animal comprend bien des inconnues qui rendent d’autant plus complexe le travail qui consiste à recenser tous les paramètres tendant à distinguer le normal du pathologique.
Une pathologie est multi-factorielle, ne l’oublions pas. Aussi, pouvons-nous faire preuve d’un minimum de vigilance avant de réduire à : ‘’Toi tu soufres = ton animal souffre = ton animal déclenche une maladie pour te le dire’’. Ce n’est pas aussi simpliste que cela. Il est probable que de nombreux troubles de l’animal de compagnie, par leurs caractères récurrents ou par leurs particularités (par exemple l’âge précoce d’apparition), et les pathologies circonstanciées (suite d’événements), autorisent à rechercher les causes dans sa proximité avec l’humain. Dans ces cas précis, l’implication de l’homme pourrait être déterminante. Mais attention avant de suggérer à un propriétaire qu’il est la source du problème de la maladie de son animal.
Le chien est physiologiquement proche de l’homme. Il est également psychologiquement proche. Depuis plusieurs milliers d’années de cohabitation, les humains ont tiré profit de la relation qu’ils ont développée avec les chiens. Et les chiens ont tiré profit de la relation qu’ils ont développé avec les humains.

Transfert…

 

Oui, l’animal est un formidable champ d’exploration de l’être humain. Dans ‘L’animal miroir de l’homme’, livre du Dr Olivier Grandrie, vétérinaire, explique que ‘’Les hommes se cachent bien souvent derrière le masque de la bienséance pour communiquer entre eux, ils ne dévoilent que peu leurs pensées véritables ou leurs vrais sentiments. Avec l’animal, ils se laissent aller, d’autant que celui-ci est spontanément bienveillant et réceptif. Ce rapprochement authentique est la condition nécessaire au transfert’’.
D’où l’idée que l’un devienne le miroir de l’autre. Son double. Son moi profond révélé. Et là n’importe qui évoque le transfert. Si je lis bien ce qui se dit dans la littérature, le transfert a rapport aux conflits infantiles oedipiens refoulés s’actualisent dans la relation qu’un client noue avec son analyste. C’est ce phénomène que Freud appelle transfert : « Ce qui est demeuré incompris fait retour ; telle une âme en peine, il n’a pas de repos jusqu’à ce que soient trouvées résolution et délivrance. »

On sort de ce satané transfert, en l’analysant! Pas en ‘passant’ la patate chaude à son animal. Ce n’est pas parce que l’animal est réceptif aux signaux physiologiques générés par nos émotions qu’il peut reproduire la maladie de son gardien.

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