Vers « société du soin » qui valorise le chien

Ambroise Paré, l’inventeur de la chirurgie moderne, vantait les mérites de l’huile de petits chiens trempée dans de l’huile de lys avec des vers de terre et de la térébenthine, selon ce scientifique de renom, cela permettait une bonne cicatrisation des plaies. Il parait même que le massage des gencives de bébé avec une canine de chien permettait aux dents de lait de sortir. De tous temps, à toutes les époques, l’être humain n’a jamais cessé de demander assistance aux chiens. Ça a pris des formes les plus diverses, le chien a été utilisé à toutes les sauces (c’est le cas de le dire). Il n’en reste pas moins que d’animal nuisible au meilleur ami de l’homme, le chien a assumé d’innombrables rôles à travers l’histoire de la santé humaine.

Ainsi, la fonction cardiaque du chien est très semblable à celle de l’être humain. Du fait que l’incidence des maladies rénales est élevée chez les chiens, ces animaux constituent des sujets de premier choix pour la recherche dans ce domaine. D’ailleurs, la première greffe de rein réussie a été réalisée sur des chiens à l’université Harvard vers la fin des années 1950.

L’Homme et le chien ont certaines pathologies en commun. Des plus banales aux plus graves, en passant par les plus rares.  Saviez-vous qu’actuellement, les chiens aident encore les humains à découvrir des moyens de soigner le diabète, le cancer, les calculs biliaires, l’emphysème, l’hémophilie, le lupus et bien d’autres maladies.

Concernant les maladies complexes, impliquant des facteurs génétiques associés à des facteurs environnementaux, le chien apparaît comme un modèle spontané qui permet de retracer l’histoire naturelle de la maladie de façon aussi précise que chez l’homme.

 

18837635 - cute dog at the vet with a happy doctor

Potentiel thérapeutique commun

On sait le chien être un détecteur de maladies complexes (cancer de la prostate, du poumon, du sein) grâce à son nez. Les tumeurs produisent des substances organiques volatiles diffusées par l’haleine, la transpiration, l’urine, c’est-à-dire toutes les sécrétions corporelles. Les chiens, dont l’odorat est beaucoup plus sensible que le nôtre, peuvent les renifler.

On sait le chien agir sur le bien-être des patients au niveau psychologique, au niveau du quotidien (les chiens écouteurs pour personnes avec handicap auditif…).

Ce qu’on sait moins par contre c’est que le chien est un modèle spontané de pathologies humaines. Comment c’est possible? Les gènes ont un effet sur l’expression des comportements. Or, les études génétiques chez le chien, débutées à la fin des années 1990 aux États-Unis et en France, ont réellement pris leur essor avec le séquençage de son génome. Depuis, l’intérêt de la recherche biomédicale pour le chien ne cesse de croître. Le chien est physiologiquement proche de l’homme. Il est également psychologiquement proche. Depuis plusieurs milliers d’années de cohabitation, les humains ont tiré profit de la relation qu’ils ont développée avec les chiens. Et les chiens ont tiré profit de la relation qu’ils ont développé avec les humains.

 

sans-titreÊtre malade comme un chien

L’analyse des maladies chez le chien, physiologiquement proche de l’homme et partageant un environnement commun, représente une opportunité unique pour la compréhension de ces maladies sur le plan moléculaire et leur traitement, dit la recherche en cours.

Par exemple, on sait que le même gène fixé sur le chromosome 5 du chien est à l’origine du cancer chez l’homme et le chien. Avec l’essor de la médecine vétérinaire, le chien est l’animal le plus scruté, analysé, soigné de tout le règne animal. Sur le plan vétérinaire, le chien qui est, après l’homme, l’espèce de mammifères la plus suivie médicalement, est aussi celle dans laquelle on dénombre le plus de maladies génétiques. En effet, près de 600 maladies ont été répertoriées dans l’espèce canine.

Ce qui s’explique aussi par le fait que le chien vit dans le même environnement que l’homme, il partage les stress et expositions aux agents toxiques et le développement des maladies sur plusieurs années est comparable au développement des maladies homologues chez l’homme (voir référence en bas de cet article). L’incidence des cancers est élevée, ces maladies se développent beaucoup plus rapidement, les tumeurs sont très ressemblantes à celles des cancers humains correspondants…

 

Le chien patient

Quand on se penche sur l’évolution de l’homme, on ne peut que constater que l’opposition entre l’homme et l’animal est absurde.

Ainsi progressivement au fil des siècles, le chien est désormais considéré comme un « patient », au même titre que les patients humains et non comme un modèle expérimental. Le chien est entrain de changer de paradigme en devenant un être plus digne de considération. Il n’est plus (ou de moins en moins) fondamentalement inséré dans le circuit de l’utilité : médicale, alimentaire, esthétique, économique.

Il est acteur de la santé humaine! Tous ces chiens ne sont-ils pas finalement des êtres que nous transformons afin qu’ils nous transforment ? Il nous reste alors à créer, avec eux et par eux, une culture des bonnes transformations.

Je rêve de cette « société du soin » qui valorise le chien.

Pour aller plus loin:

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