Quelle présence de l’animal dans la ville québécoise?

Depuis 2009, j’ai publié sur différents supports médiatiques, rencontré la mairesse St-Hilaire, assisté à quasi tous les conseils de ville de Longueuil, pris la parole à quasi tous les conseils de ville de Longueuil, déposé des mémoires, mis en relation les gens pour faire avancer la cause, fait des plaidoyers, participé à des journées pour le bien-être des animaux de compagnie, manifesté pour la mise en place des Services Animaliers Rive Sud, envoyé au gouvernement des commentaires sur le projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens….7 ans révolus et… quelles avancées?

Pour faciliter la présence de l’animal dans la ville, pour permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, les villes du Québec devraient certainement développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elles rendent à leurs citoyens.
imageC’était la conclusion d’un mémoire que je déposais à la mairie de Longueuil en août 2009. Depuis? Rien côté gestion de l’animal en ville. Côté juridique, le législateur québécois a amendé les dispositions du Code civil du Québec relatives aux biens meubles et a conféré aux animaux domestiques et d’élevage un nouveau statut juridique.

Depuis? Les municipalités multiplient les interdictions de pitbulls sur leur territoire, tandis que d’autres annulent cette même disposition. Bref c’est un vrai grand n’importe quoi qui permet de conclure que les hommes politiques au municipal manquent singulièrement d’intelligence et n’offrent pas aux propriétaires de chiens – comme aux non-propriétaires – un avenir commun dans une société intégrant des non-humains. Ils souffrent d’ignorance et ça c’est aussi dangereux et brutal qu’une morsure! Notre monde ne restera humain qu’aussi longtemps que nous saurons encore vivre et coopérer avec les animaux. Dans cette optique on pourrait dire que le degré de civilisation du rapport de l’homme à l’animal est le meilleur indicateur du degré de civilisation humaine. Le bannissement nie tout rapport social. Y-a-t-il encore société dans ce cas là?
Alors, bannir toutes les races de chiens les unes derrière les autres, bref entrer dans cette forme d’uniformisation, c’est dangereux. Car de l’uniformité vient l’ennui dit l’adage. La racine latine du mot ennui signifie vivre en état de haine. Et vivre en état de haine est l’une des conséquences directes de l’uniformisation…

Quand ?
Définir ce qui est important pour une collectivité, c’est déjà pas facile mais quand ces questions touchent à la coexistence avec une autre espèce, ça l’est encore moins. C’est à une vraie prise de conscience de la vie en commun, de cette communauté des vivants, à laquelle nous – comme société – sommes conviés. Une réflexion qui n’a jamais eu lieu.

Après les années de béton, pouvons-nous construire une ville qui respecte les espaces naturels pour mieux y vivre ensemble? La ville de demain doit faciliter le partage et le respect ce qui implique que chacun y trouve sa place. D’où la nécessité de prendre en compte la présence des animaux. Les villes ont aussi pour mandat de mettre en place des pratiques et de fabriquer du ’vivre ensemble’ . Il ne viendrait à l’idée d’aucun concepteur ou décideur de rejeter la présence du végétal. Celle de l’animal comporte une très forte valeur ajoutée tant au plan de l’individu que de la collectivité; pour une ville vivante, moins mécanique et plus humaine.
Comment penser, accompagner et organiser la ville de demain afin qu’une espèce quel que soit son statut ne réside pas en excluant les autres mais que bien au contraire le citadin s’enrichisse de la présence du vivant animal et végétal? . Le fait de concevoir un programme global d’insertion de l’animal en ville est un acte politique. Ce sont des choix d’équipements, d’organisation de l’espace public mais aussi d’adhésion forte au constat que le ‘vivant en ville’ est un facteur positif pour la collectivité. (voir Jean-Luc Vuillemenot, Un animal et la vie est plus belle).

Apprendre des autres c’est ça grandir

Tiré de La plus belle histoire des animaux, p.232
Tiré de La plus belle histoire des animaux, p.232

L’amour des animaux s’est imposé comme une sorte de ‘politiquement correct’. Alors que si l’on voulait vraiment aider les animaux, on créerait une communauté « mixte », vous savez celle qui pense les rapports de sociabilité entre l’homme et les animaux!

II y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville. Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales. La présence de l’animal devrait contribuer à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public.

Il y a tellement à innover

En 2009, je proposais plusieurs avenues pour commencer à poser la réflexion. Ainsi les villes pourraient en partenariat avec les Ordres professionnels concernés et en multidisciplinarité:
– Mettre de l’avant des actions visant le bien-être animal (animal welfare) au détriment d’un discours prônant le contrôle des animaux
o En créant, à l’image de ce qui se fait en Europe, des missions “Animalité Urbaine”
o En proposant des espaces de liberté (aires d’ébats), des séances d’éducation canine et de médiation, des événement et colloques….
o En créant des emplois dédiés aux chiens et aux propriétaires (une navette pour emmener les personnes âgées au parc à chien, animateurs canins, balades canines urbaines…)
o En lançant une réflexion plus générale sur la place de l’animal et d’autres espèces animales domestiques ou “sauvages” dans l’espace urbain
o En offrant des séances d’éducation canine auprès des jeunes et engageant des actions d’information des maîtres et d’éducation des chiens

Si l’intégration dans la ville de la nature végétale (et minérale) est déjà bien assise dans les politiques urbaines et le savoir-faire des urbanistes, celle de l’animal ne fait l’objet d’aucune prise de conscience collective. Et l’actualité récente macabre nous montre ce qu’il advient quand les politiques ne prennent pas les mesures nécessaires créatives et basées sur ce qui se fait de mieux ailleurs.

 

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