L’EMDR pour les animaux – Dernier article de la série

Nous voilà parvenus au terme de notre série sur l’EMDR pour les animaux, en espérant que cela vous ait plus. Sandraetlechien tient à remercier Fabienne Lannes-Gillibert de s’être prêtée au jeu des questions.

Ainsi que nous l’avons mentionné au cours des 3 derniers posts, l’EMDR est une technique qui permet une libération « en douceur » des tensions « incrustées » et permet à la guérison de s’exprimer durablement. Cette approche semble obtenir des résultats spectaculaires sur l’apaisement de la peur, de l’agressivité, des phobies, des inhibitions chez l’animal.

sandraetlechien: Les éducateurs canins savent bien diminuer les réactions de peur chez le chien. Alors dans quels cas adresser l’animal chez un éducateur ou chez un Praticien animalier en EMDR?
Fabienne Lannes-Gillibert pour emanasso.com: En aucun cas les Praticiens animaliers en EMDR ne peuvent remplacer le travail d’un éducateur animalier, ni tout autre métier animalier. En EMDR animal, nous ne travaillons pas sur l’éducation. En revanche, je connais de très bons éducateurs canins, en France, en Suisse et en Belgique qui eux aussi peuvent soulager l’animal de comportements perturbants, de réaction excessive dans certaines situations.
blog_yummypets_chat_fisheye_01_14Ils sont pourtant venus se former en EMDR animal, car, comme me l’a dit un vétérinaire de Suisse : « l’EMDR animal, c’est le maillon manquant ». Comprenons pourquoi.
Lors d’un traumatisme, je vous l’ai dit, la douleur reste imprimée au niveau de l’amygdale, le centre de la peur.
Mais une autre structure limbique est également touchée par le trauma, c’est l’hippocampe. Quelle est le rôle de l’hippocampe? C’est la navigation spatiale et, ce qui nous intéresse ici, les fonctions d’apprentissage.
Les recherches scientifiques ont montré que chez un individu traumatisé, l’hippocampe voit sa taille réduite par le choc émotionnel. Puis, après un traitement en EMDR, cet hippocampe reprend sa taille normale.
A partir d’un stress, d’une peur intense, tous les mammifères développent une symptomatologie analogue : des conduites d’évitement (réaction de fuite), une hypervigilance (sursaut, forte réactivité à un stimulus), une hyperactivation du système neurovégétatif (sudation, mydriase, perturbation du système digestif…cela, surtout chez le cheval d’ailleurs).
En EMDR animal, nous travaillons sur l’extinction des peurs acquises qui entrainent des comportements et manifestations végétatives perturbants.
Il est très important de discerner les champs d’application des différents professionnels du monde animalier.
Nous adressons souvent des animaux chez un comportementaliste ou un éducateur canin/équestre, ou chez un vétérinaire s’il n’y a pas eu de consultation préalable.

sandraetlechien: Quelles pourraient être les contre-indications chez l’animal?
Fabienne : L’approche EMDR animal est une approche par exposition à l’élément phobogène. Nous ne sommes pas dans une approche d’immersion. Et je dis bien, exposition à l’élément phobogène et non à toute la situation traumatisante.
Le traitement EMDR est basé sur la stimulation, la remise en route, d’un processus naturel de « Traitement Adaptatif des Informations » reçues, vécues dans la situation traumatique. Les protocoles EMDR pour animaux permettent l’activation de ce TAI accompagnée d’un effet cholinergique produit par les mouvements bilatéraux.
Donc, si le stress apparait lors du traitement, il est dissout par l’action sur l’amygdale, le centre limbique de la peur, et ainsi une nouvelle perception de la situation apparait, une perception douce et tranquille.
Cette exposition se fera en respectant une durée précise à ne pas dépasser.

oeil-chien-1Cependant, une grande vigilance et une grande compétence de la part du Praticien Animalier en EMDR est de mise. Car dans cas d’un animal hautement traumatisé, ou avec des traumas multiples, ou avec une faible capacité d’autogestion émotionnelle ou bien encore dans le cas d’un syndrome de privation, des réactions de paniques ou un état de mal-être diffus, voire aïgu, pourraient être réactivés.
C’est pourquoi la formation à cette approche est fondamentale. Rappelons-le, l’EMDR animal n’est pas une technique à appliquer comme une recette. Deuxième point fondamental, c’est l’importance de ce que nous appelons la fenêtre de tolérance. C’est-à-dire la zone de confort que nous devons créer, dans laquelle l’animal va pouvoir accepter le traitement en toute sécurité et en toute tranquillité pour lui et pour que le travail puisse se dérouler.

L’approche EMDR pour animaux réactive, stimule ce système naturel de soulagement des émotions. À condition toutefois, d’avoir acquis un vrai « savoir faire ».
Une formation sera donnée au mois d’août à Montréal et à Québec. Pour toutes infos, veuillez contacter Emanasso.

 

Pour aller plus loin:
« EMDR » une technique de libération neuro-emotionnelle humaine appliquée à l’animal – Dr André ROBERT – Vétérinaire ostéopathe

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