Enlacer les arbres: et si le mouvement Chipko nous donnait une leçon!

Le mouvement Chipko a attiré l’attention du monde entier. Cette image de paysannes pauvres des montagnes du nord de l’Inde enlaçant de leurs bras des arbres pour empêcher qu’on les abatte, est aussi touchante qu’admirable.
Né au début des années 1970, le mouvement Chipko est d’une ancienneté vénérable si on le compare à d’autres mouvements écologistes populaires. Fondé sur la spiritualité hindoue et enraciné dans la Bhâgavad-Gîta, ce mouvement applique les principes de la non-violence pour lutter contre la déforestation.
enlacement-5d2e_2908 Il est mené par des femmes qui se trouvent, de facto, sur le front de la dégradation environnementale. Leur santé dépend de celle de la terre, des forêts, de l’air et de l’eau qui les entourent. Et comme ce sont elles qui sont en contact le plus étroit avec la terre et la nature, ce sont généralement elles qui souffrent le plus des dégradations.
Qu’on ne s’y méprenne, ce mouvement du nord de l’Inde nous préoccupe au premier plan. Car il s’agit fondamentalement d’un investissement dans le mieux-être de leur société donc de notre société. Au Canada, notre riche patrimoine naturel est une source de grande fierté. La nature a façonné notre histoire, notre économie et notre société. Seulement voilà : les enfants, les jeunes adultes souffrent d’un déficit-nature.
Women-of-the-Chipko-movement-hugging-treesUne série de facteurs sociaux complexes contribuent à isoler les gens de la nature. Notre relation personnelle avec le monde naturel s’effrite, conséquence de l’urbanisation et de l’inégalité d’accès aux espaces verts, d’un mode de vie plus sédentaire, de la concurrence accrue en matière de loisirs, de la pression croissante quant à l’apprentissage structuré et la reconnaissance des compétences, d’une culture marquée par l’omniprésence de la peur, particulièrement envers les étrangers, et d’une société procédurière qui légitime la sécurité à tout prix (Connecter les Canadiens à la nature – Parcs).

Chaque membre de la nouvelle génération utilise ses expériences de la nature étant enfant comme point de repère pour estimer la dégradation future de l’environnement. Comme nous avons de moins en moins de contact avec la nature, notre point de référence change. Nous devenons de plus en plus indifférents devant sa dégradation de la nature.
Le contact avec la nature est essentiel dans notre vie quotidienne, il est intimement lié à notre état de santé, à notre esprit et à notre identité.
Et le mouvement Chipko nous le rappelle cruellement.

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