La facilité de la mort

L’autre matin un automobiliste a écrasé un chat. Le pauvre animal a été éjecté sur le bas-côté de la route et a agonisé deux heures durant.
L’automobiliste a poursuivi son chemin.
Je me suis arrêtée et la résidente de la maison face à laquelle l’accident a eu lieu est sortie de chez elle.
Le propriétaire du chat était aux abonnés absents. Sait-il seulement si son animal de compagnie est encore en vie?
Ce qui est particulièrement choquant c’est la facilité avec laquelle on tue. Sans même s’en soucier. Un chat, voyons c’est juste un chat! Nous vivons dans une société où la vie des animaux n’a souvent qu’une valeur utilitaire. Voici la démonstration la plus évidente. Ce chat ne compte pour rien.
<img class coaching, relation homme-animalimagesLa saison des morts sur le bord de la route s’ouvre et va voir son lot d’animaux sauvages et domestiques écrasés augmenter. En effet, chaque année, chaque jour l’humain tue. Il retire sans même s’en soucier une vie.
Chaque vie ne compte-t-elle pas?
Saviez-vous que ce phénomène était l’une des conséquences de la fragmentation des habitats naturels par les réseaux de transport? Et l’une des principales causes de disparition de certaines espèces?
La propriétaire de la demeure sur le terrain duquel le chat a agonisé a appelé les services de la ville de Sainte-Sophie pour se faire dire de le jeter dans la poubelle! Une demande de service peut être faite pour informer la Ville de la présence d’un animal mort sur une route ou un trottoir public. Mais, les animaux morts sur les propriétés privées ou non municipales sont de la responsabilité du propriétaire.
Et c’est justement face à des réactions laides du genre qu’on en vient à banaliser les gestes les plus hautains que les humains sont capables de poser. Pourquoi laisser un animal souffrir sur la route après une collision?

On est loin des beaux mots de Claude Lévi-Strauss dans L’Origine des manières de table: «Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour-propre». Aucun humanisme là, aucune humanité. L’utilitarisme pur de dur et l’obligation de foncer à son travail, pensez s’arrêter pour un être agonisant sur le bord de la route, et perdre ces précieuses minutes de son temps!
La vue d’un animal mourant est un mal insupportable.

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