Journée internationale sans viande

La Journée internationale sans viande (Meat Out Day) est fixée chaque année autour du 20 mars. Pourquoi en 2015 manger encore de la viande? ‘Manger de la viande, c’est un héritage du néolithique ! Vous vous rendez compte ? Du néolithique ! Et toutes les cultures, toutes, sont carnivores !’, s’exclame Élisabeth de Fontenay.

Apologie du carnivoreAlors que Leonard de Vinci disait que la bouche est le tombeau de tous les animaux, Dominique Lestel pense plutôt que ‘Manger de la viande doit être vu au contraire comme une façon de réaffirmer son animalité à travers ce qui nous constitue fondamentalement comme animaux ‘ (‘Apologie du carnivore’, p.16).

En fait la grande majorité des gens qui mangent de la viande sont plutôt des charognards, car la viande qu’il trouve est déjà morte, dépecée chez le boucher. Ils sont quand même en Occident du moins rares ceux qui chassent activement – donc les carnivores actifs – leur viande.

Toutefois regardons les choses en face : qui a le ventre propre? Pas plus le végétarien qui mange des céréales, plantes cultivées pour être coupées (sans parler des champs à perte de vue de l’industrie agro-alimentaire, certes il y a les céréales bio n’empêche en quoi le légume est-il moins important qu’une vache?) que le carnivore, et là les raisons sont connues bien qu’effacées de la mémoire conscientes (industries des abattoirs, mise à mort des animaux à la chaîne…).
Manger est un acte hautement culturel, religieux

‘Tous les ans, 60 milliards d’animaux terrestres et 1 000 milliards d’animaux marins sont tués pour notre consommation, ce qui pose un défi majeur à la cohérence éthique des sociétés humaines’, constate Matthieu Ricard.

Alors comment faire? S’interdire l’accès à un aliment qui, de tout temps, fut considéré comme un mode de distinction sociale ? Pourquoi pas, reste que ce n’est pas si facile que ça. Cela coûte du temps, de l’argent, cela oblige à se priver d’innombrables produits fabriqués. Il y aurait bien la position, qui semble alors la plus éthique ou tenable sur le moyen terme, celle de la transition vers une réduction de sa consommation de viande. Bref, l’essentiel étant de tendre vers quelque chose.

Ce quelque chose serait comme la reconnaissance d’une ‘dette infinie de l’homme vis-à-vis des autres animaux et le devoir éthique de le commémorer constamment’ (p. 94).

Donc de manger en pleine conscience. Manger est un acte hautement culturel, religieux (oui oui n’en déplaise aux laïcs), qui requiert de la pensée.

Et si nous placions nos repas – qu’ils soient végétariens ou carnivores ou omnivores- dans un acte plus global de respect pour la vie.

De réciprocité.

Pour aller plus loin La philosophie à l’épreuve de la viande

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