Trouver les dispositifs pour entendre les réponses

Vinciane Despret et Jocelyne Porcher- Être bête

Nous avons demandé aux gens de penser avec nous. Nous leur avons demandé de nous aider à construire un problème et non pas de révéler des situations ou de donner des informations
p. 89 Despret, Vinciane et Jocelyne Porcher

Ce qui nuit aux recherches en thérapie assistée par l’animal, c’est que, à quelques rares exceptions près, les études en question sont majoritairement des études de cas. Or, bien que ce type d’études soit important pour ouvrir des voies de recherches et identifier des phénomènes nouveaux, elles sont, sur l’échelle des critères de validité scientifique, à ranger sur l’échelon le plus bas. En d’autres termes, ce type d’étude ne démontre absolument rien (ref)Evidence Based Practice
Ainsi, on a recours aux animaux dans les espaces de santé, mais « When positive effects are reported, weaknesses in the methodologies used to obtain them raise doubts concerning their validity. Additionally, some of the more promising clinical observations that recur consistently throughout the AAI literature— e.g., the ability of animals to expedite the rapport-building process, enhance engagement, and facilitate retention in treatment—have not been investigated empirically » .  Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J. Can animal help human heal ?

Pourquoi la science devrait-elle être une machine à reproduire des lois générales? ‘Ce serait plutôt le propre de certaines sciences, les sciences du non-vivant. Dès qu’on étudie des êtres, on est confronté à leurs particularités…. ’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’. Cette particularité qui fait que « L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et qui m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais : c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé, ce qui mérite ce nom de profondeur qui veut dire avec précision ce qui m’échappe (…) », Georges Bataille, dans Théorie de la religion. Avec un animal particulier, unique, le recours à des recherches quantitatives, le recours aux statistiques, aux études épidémiologiques de grande envergure, aux essais cliniques avec répartition aléatoire ne tient pas. L’unicité de tel animal dans telle relation ne peut convenir aux canons des ‘evidence based medecine’, car la société anthropocanine est rejetée stricto sensu.

69769837Fondamentalement le lien immémorial avec l’animal – le chien en l’occurrence – n’est pas considéré comme thérapeutique par le corps médical, car « la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes», dixit Dominique Guillo. Or, si on s’adressait aux principaux intéressés en leur soumettant des questions là où ils sont experts compétents (le patient, le médecin, l’équipe soignante, l’éthologue, le chien), en leur demandant à la fois de juger de la pertinence des recherches et d’aider à en trouver les accès les plus praticables (voir Vinciane Despret et Jocelyne Porcher) peut-être alors que l’hypothèse (la TAA a un effet sur le patient) pourra être ou non vérifiée. ‘ Ce qui est intéressant dans les expériences en éthologie, ce ne sont pas les généralisations sur les objets mais les généralisations sur les dispositifs’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’.

Les questions méthodologiques prendraient un autre sens. À nous par conséquent de trouver les dispositifs qui permettent d’entendre les réponses.

Vinciane Despret et Jocelyne Porcher- Être bête

Nous avons demandé aux gens de penser avec nous. Nous leur avons demandé de nous aider à construire un problème et non pas de révéler des situations ou de donner des informations
p. 89 Despret, Vinciane et Jocelyne Porcher

Ce qui nuit aux recherches en thérapie assistée par l’animal, c’est que, à quelques rares exceptions près, les études en question sont majoritairement des études de cas. Or, bien que ce type d’études soit important pour ouvrir des voies de recherches et identifier des phénomènes nouveaux, elles sont, sur l’échelle des critères de validité scientifique, à ranger sur l’échelon le plus bas. En d’autres termes, ce type d’étude ne démontre absolument rien (ref)Evidence Based Practice
Ainsi, on a recours aux animaux dans les espaces de santé, mais « When positive effects are reported, weaknesses in the methodologies used to obtain them raise doubts concerning their validity. Additionally, some of the more promising clinical observations that recur consistently throughout the AAI literature— e.g., the ability of animals to expedite the rapport-building process, enhance engagement, and facilitate retention in treatment—have not been investigated empirically » .  Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J. Can animal help human heal ?

Pourquoi la science devrait-elle être une machine à reproduire des lois générales? ‘Ce serait plutôt le propre de certaines sciences, les sciences du non-vivant. Dès qu’on étudie des êtres, on est confronté à leurs particularités…. ’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’. Cette particularité qui fait que « L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et qui m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais : c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé, ce qui mérite ce nom de profondeur qui veut dire avec précision ce qui m’échappe (…) », Georges Bataille, dans Théorie de la religion. Avec un animal particulier, unique, le recours à des recherches quantitatives, le recours aux statistiques, aux études épidémiologiques de grande envergure, aux essais cliniques avec répartition aléatoire ne tient pas. L’unicité de tel animal dans telle relation ne peut convenir aux canons des ‘evidence based medecine’, car la société anthropocanine est rejetée stricto sensu.

69769837Fondamentalement le lien immémorial avec l’animal – le chien en l’occurrence – n’est pas considéré comme thérapeutique par le corps médical, car « la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes», dixit Dominique Guillo. Or, si on s’adressait aux principaux intéressés en leur soumettant des questions là où ils sont experts compétents (le patient, le médecin, l’équipe soignante, l’éthologue, le chien), en leur demandant à la fois de juger de la pertinence des recherches et d’aider à en trouver les accès les plus praticables (voir Vinciane Despret et Jocelyne Porcher) peut-être alors que l’hypothèse (la TAA a un effet sur le patient) pourra être ou non vérifiée. ‘ Ce qui est intéressant dans les expériences en éthologie, ce ne sont pas les généralisations sur les objets mais les généralisations sur les dispositifs’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’.

Les questions méthodologiques prendraient un autre sens. À nous par conséquent de trouver les dispositifs qui permettent d’entendre les réponses.

2 Comments

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  1. Lorsque l’on s’intéresse aux enjeux relationnels, notamment avec l’Autre-d’une-autre-espèce, il peut être judicieux de s’intéresser à d’autres portes d’accès au Réel de cette relation transespèce.

    Une Science du Tiers inclus est une avenue. Le Tiers inclus qui intègre l’Observateur à l’Aventure de la Connaissance du Réel, via une Connaissance de Soi, plutôt que de viser à l’en exclure, à travers la compartimentation excessive qu’exige l’objectivité. Cette compartimentation-objectivée qui, autrement, s’attaque à la nature même de l’aspect relationnel; qui brise les liens existant par son exigence d’uniformité, qui stérilise le foisonnement riche de la Vie relationnelle.

    Allons vers une Transdisciplinarité qui s’intéresse à l’étude de ce qui est à la fois entre, à travers et au-delà de toutes les disciplines : le SUJET ! La rencontre à l’Autre en est la pierre d’assise… L’Humanimalité Conscience et Recouvrée, une des destinations.

    Humanimalement,

    Emmanuelle Fournier Chouinard
    Psychologue TAA, enseignante en zoothérapie
    Centre Humanimal

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    1. Merci Emmanuelle, j’aime particulièrement la vision ‘entre’, celle qui fait prendre les chemins de traverse et qui permet de récolter des outils pour  »polliniser » la science dite dure. Car la reconnaissance de cette approche reste essentielle pour une meilleure mise en place de projets à venir. Non? C’est une pierre d’achoppement de la thérapie assistée par l’animal….

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