La souffrance cesse de faire mal quand elle prend un sens

La présence d’un animal aimant permet de recouvrir son humanité
la présence d’un animal ne permet-elle justement pas de construire ces « nouvelles réalités » pour le patient, par exemple des réalités où son déficit de langage n’est pas un obstacle au développement de relations gratifiantes?

Si le malade ne résiste pas, s’il ne lutte pas pour sauver son honneur (et sa vie), il perd toute son individualité, il cesse d’être une personne douée d’intelligence et jouissant d’une certaine liberté d’esprit. Tout ce qu’il lui reste, c’est l’impression d’appartenir à un grand troupeau. Il y a  le ‘cure’ des médecins et autres professionnels de son équipe, mais la thérapie assistée par l’animal est, aussi, du ‘care’ en humanisant les soins.
La présence d’un animal aimant permet de recouvrir son humanité. Et souvent lorsqu’on est hospitalisé l’on oublie son état d’esprit tout occupé à vivre les facteurs physiques et psychologiques. Or, perdre pied moralement et spirituellement est déjà une glissade. La maladie peut être provisoire, d’une durée à se fixer et le fait d’être visité régulièrement par un animal permet de scander le temps, donc de prévoir des pauses dans cette existence provisoire. Cela donne un but.  Sans but on se laisse plus facilement dépérir parce que sans but on s’abandonne alors à des pensées rétrospectives. Or à trop se pencher sur le passé pour mieux vivre le présent nous expose à un certain danger, car c’est se priver de la réalité du présent et de tirer de la vie hospitalisée des leçons positives. Le chien est dans l’ici et maintenant. D’une manière générale, la présence d’un animal permet de construire de nouvelles réalités. Aussi le chemin est pavé pour dire à l’humain et ainsi se sentir moins chassé de l’humanité. ‘Ce remaniement de la représentation de ‘soi blessé’ entraîne une modification des émotions, de leur expression comportementale et de la construction intellectuelle qui donne au fracas une forme enfin raisonnable. Je sorMourir de dire, la hontes de la confusion, je redeviens maître de mon destin’ – Boris Cylrulnik, .
L’animal n’est pas qu’entité physique, l’animal même visiteur se constitue à travers des espaces privés. Avec tel humain, il crée tel espace; en ce sens lorsque les malades croient que leurs véritables possibilités de se réaliser sont perdues la venue d’un animal les re-connectent. Cette occasion offre le défi d’être là au moment présent, offre donc des défis. L’animal se re-territorialise en ‘s’immisçant dans les mondes de l’homme et les territorialisations les plus fortes conduisent à des attachements affectifs très intenses qui prennent la forme d’amitiés interspécifiques’ , affirme Dominique Lestel ‘Les amis de mes amis’.
Nietzsche disait : ‘Celui qui a un ‘pourquoi’ qui lui tient lieu de but, peut vivre avec n’importe quel ‘comment’. La venue d’un animal dans un univers médicalisé est une occasion d’aider le malade à aller de l’avant, de lui offrir un but. Incidemment ce qui devient important  n’est pas ce que le malade attend de la vie mais ce qu’il peut apporter à la vie. Au lieu de se demander si sa vie a un sens, il donne un sens à sa vie en rencontrant le chien et ainsi cette attente entre chaque rencontre est une action concrète posée pour recouvrer le chemin d’une meilleure santé. Et dans ces regards humain-canin échangés trouver un sens. Le patient peur sortir des cercles vicieux et des mécanismes de défense. Car la souffrance cesse de faire mal quand elle prend un sens!

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