Réinvestir la relation

« The ways in which we ‘regard’ animals have a great deal to do with the ways in which we regard ourselves and the social contexts in which we live….

Une représentation de soi dévalorisée altère l’un des deux pôles de l’intersubjectivité ce qui la modifie tout entière. L’intersubjectivité c’est l’idée que les hommes sont des sujets pensants capables de prendre en considération la pensée d’autrui dans leur jugement propre. Ainsi, une curieuse passerelle s’installe entre le monde mental d’une personne qui ne sait pas être heureuse et celui qui tisse un lien avec cette personne qui se rabaisse. Et si cette personne, c’était… un chien? Certes, il faudrait passer le cap de la personne chien et de la reconnaissance d’une certaine forme de subjectivité chez le chien…. Mais bon voilà, actuellement il ne peut y avoir dans la relation avec le chien d’intersubjectivité, l’animal n’étant pas un vrai sujet. Cette intersubjectivité est pourtant indispensable à tout véritable lien social. Or, devenir une personne est une décision disons très sociale. Le statut de personne n’est absolument pas automatique. Toutefois, pour les chercheurs, la relation à l’animal s’apparente à une relation avec un objet et c’est sur cette base que l’on qualifiera d’anthropomorphique toute imputation de qualités mentales à un animal. Pourtant, tous les propriétaires d’animaux savent qu’entre eux et leur animal un lien profond est noué et qu’il ne fait aucun doute que cet animal est une personne et le sociologue Clinton Sanders a étudié les conditions permettant de considérer son animal comme une personne (Arnold Arluke and Clinton R. Sanders, Regarding Animals). Parmi celles-ci, la réciprocité : l’animal contribue à la relation autant que le maître y contribue, il joue sa partie. Clinton Sanders a montré ô combien le lien à l’animal est à la fois pareil et à la fois différent du lien avec d’autres êtres humains. Il est pareil parce que ce sont les mêmes processus de construction de la personne que nous utilisons pour des êtres humains, mais différent parce que nous savons bien, aussi, que les animaux ne sont pas vraiment comme les humains. Le chien développerait une maturité parce que la passerelle intersubjective lui laisse toute cette place. Le traumatisme déstructurant en effondrant la personne est devenu pour elle par la présence du chien un traumatisme structurant. Finalement de nos jours, il est question de réinvestir la relation. Pour aller plus loin Boris Cylrulnik. Mourir de dire, la honte

 

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