C’est un débat à faire

Les animaux n’ont aucune existence pourquoi s’en soucier! Juridiquement, les animaux au Québec ne sont pas en vie. Ils ne respirent pas. Ne souffrent pas. Ne vivent pas. Aussi, ne venez pas quémander des droits, qui plus est au même titre que l’humain. Assez vite ce type d’arguments ne tient pas.

En fait ne tient pas… pour le propriétaire de chien, car pour la personne qui n’a jamais eu d’animal de compagnie, pour l’administration et les gestionnaires d’espaces de loisirs, d’espaces verts, somme toute ces arguments sont très utiles : on classe un problème. On se doute qu’en ouvrant la boîte de Pandore de la question de l’animal en ville ou en banlieue, ça va générer des questionnements impossibles. Mieux vaut surtout pas, quand on est un homme ou une femme politique, faire face aux débats qui vont en découler.

Et pourtant c’est un débat de société à faire. Il n’a jamais eu lieu. Il serait grand temps! Les quelques rencontres du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie n’avaient de toute manière pas l’objectif de répondre à cette question : quelle place veut-on comme société accorder aux animaux?  Ce débat ne sera pas facile, car il induit des changements profonds dans notre rapport à l’autre, l’autre différent. Et ne venez pas nous dire que ‘ce ne sont que des animaux’.

Négliger l’importance des droits animaux c’est se bafouer soi-même.
Les animaux dans le Québec francophone n’ont pas de droit. Se battre pour pouvoir faire marcher son chien dans un parc avec des arbres et de l’herbe, en arriver là de la démonstration du besoin primaire d’un couple anthropocanin, au 21è siècle, démontre si besoin est que les animaux n’ont pas de droit. Et la législation québécoise ne leur concède pas grand-chose. La manière de réguler chaque jour davantage la façon dont nous devons les traiter est assez simple : ils sont bannis.

Alors imaginez si nous devions en plus débattre de la question à savoir si les animaux ont un type de droits semblable à ce que nous appelons les ‘droits de l’homme’, c’est-à-dire non pas ces droits que les États concèdent mais ceux inaliénables qu’ils sont tenus de reconnaître. Pendant ce temps, ailleurs, comme le précise Jean-Baptiste Jeangène Vilmer Éthique animale,  ‘Les Suisses ont été jusqu’à inscrire la reconnaissance de la ‘dignité des animaux’ dans leur Constitution. La dignité de la créature a été introduite dans la Constitution suisse depuis 1992 dans le contexte des progrès du génie génétique. La formule concerne aussi les végétaux. Par ailleurs, une loi de 2000 sur la protection des animaux évoque la ‘dignité de l’animal’ entendue comme ‘la valeur propre de l’animal qui doit être respectée par les personnes qui s’en occupent’.

Pourquoi est-ce si difficile au Québec? Peut-être parce que ce qui est en jeu c’est le rapport de l’homme avec lui-même, à l’être de lui-même.

Pour ne pas aller plus loin :
« Vers un véritable réseau pour le bien-être des animaux de compagnie » préparé par le groupe de travail présidé par Geoffrey Kelley, ministre responsable des Affaires autochtones et député de Jacques-Cartier

Projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens

 

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