Exploitation industrielle des animaux et totalitarisme

Les nazis n’étaient pas zoophiles. La loi du Reich sur la protection des animaux du 24 novembre 1933, même si de prime abord semble globale – car elle ne se limite pas à certaines espèces animales, comme les animaux vertébrés par exemple ou de manière plus exclusive, les animaux domestiques, elle vaut au contraire pour tous les animaux – il ne faut pas oublier les objectifs recherchés. La protection de l’animal sous le nazisme n’est en vérité qu’un artifice de propagande préparé par Goebbels pour donner un visage humain à Hitler  et à sa solution finale.
Saviez-vous que l’on recrutait souvent les ouvriers de la Solution finale dans les abattoirs ? Et qu’Henry Ford a accepté de recevoir la plus haute décoration nazie en 1938 avec les félicitations personnelles de Hitler? Pour quoi? Parce que sa chaîne d’assemblage a été pensée et créée sur le modèle des abattoirs de Chicago dont l’efficacité faisait forte impression au tyran. Ainsi donc, le fordisme aurait eu une influence non négligeable sur la manière dont les nazis ont pensé la solution finale. Quel rapport avec la loi sus-mentionnée? ‘C’est depuis Chicago que les Nazis ont appris à transformer les corps’ note Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Éthique animale, p.42-43.
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer- Éthique animalePensez à ce parallèle : l’exploitation industrielle des animaux et le totalitarisme. ‘Il y a un lien entre l’attitude inconsciente à l’égard des actions honteuses dans les États totalitaires et l’indifférence envers les cruautés perpétrées sur les animaux, présente même dans les États libres. Les deux phénomènes s’alimentent de l’Adhésion tacite des masses à tout ce qui se passe normalement’, explique Max Horkheimer.
Ça va encore plus loin : l’indignation face à une cruauté commise est proportionnelle à la ressemblance entre la victime et le spectateur. Ainsi, les antisémites peuvent-ils torturer les juifs car ils ne les voient plus du tout comme des hommes. ‘L’assertion courante selon laquelle les Sauvages, les Noirs, les Japonais ressemblent à des animaux, par exemple à des singes, est la clé même des pogromes’. La classe dominante définit l’humain à son image (cf. Theodor Adorno).
Il y a lieu de réfléchir à la société que nous avons et à la manière dont nous traitons nos animaux d’élevage, nos animaux domestique (combien d’abandons/an) …

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La protection de l’animal sous le nazismeLes nazis n’étaient pas zoophiles. La loi du Reich sur la protection des animaux du 24 novembre 1933, même si de prime abord semble globale – car elle ne se limite pas à certaines espèces animales, comme les animaux vertébrés par exemple ou de manière plus exclusive, les animaux domestiques, elle vaut au contraire pour tous les animaux – il ne faut pas oublier les objectifs recherchés. La protection de l’animal sous le nazisme n’est en vérité qu’un artifice de propagande préparé par Goebbels pour donner un visage humain à Hitler  et à sa solution finale.
Saviez-vous que l’on recrutait souvent les ouvriers de la Solution finale dans les abattoirs ? Et qu’Henry Ford a accepté de recevoir la plus haute décoration nazie en 1938 avec les félicitations personnelles de Hitler? Pour quoi? Parce que sa chaîne d’assemblage a été pensée et créée sur le modèle des abattoirs de Chicago dont l’efficacité faisait forte impression au tyran. Ainsi donc, le fordisme aurait eu une influence non négligeable sur la manière dont les nazis ont pensé la solution finale. Quel rapport avec la loi sus-mentionnée? ‘C’est depuis Chicago que les Nazis ont appris à transformer les corps’ note Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, Éthique animale, p.42-43.
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer- Éthique animalePensez à ce parallèle : l’exploitation industrielle des animaux et le totalitarisme. ‘Il y a un lien entre l’attitude inconsciente à l’égard des actions honteuses dans les États totalitaires et l’indifférence envers les cruautés perpétrées sur les animaux, présente même dans les États libres. Les deux phénomènes s’alimentent de l’Adhésion tacite des masses à tout ce qui se passe normalement’, explique Max Horkheimer.
Ça va encore plus loin : l’indignation face à une cruauté commise est proportionnelle à la ressemblance entre la victime et le spectateur. Ainsi, les antisémites peuvent-ils torturer les juifs car ils ne les voient plus du tout comme des hommes. ‘L’assertion courante selon laquelle les Sauvages, les Noirs, les Japonais ressemblent à des animaux, par exemple à des singes, est la clé même des pogromes’. La classe dominante définit l’humain à son image (cf. Theodor Adorno).
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  1. La compartimentation, l’objectivisation, la sur-focalisation sur le «isoler les parties» au détriment du Tout, les approches de «tier exclu» où, au nom de l’efficacité (ou de la science!?), on exclut la subjectivité… Voilà autant de Voies Royales vers la déshumanisation. Par extension, vers la «déshumanimalisation»!

    Dès lors, l’Autre (à 2 ou 4 pattes) n’est plus reconnu dans ses similitudes. L’identification n’est plus possible.

    Avez-vous entendu le «clack»! C’est le son que fait le verrou en se refermant, condamnant notre porte d’accès naturelle à l’Empathie réelle. Porte peut-être constituée, en premier lieu, d’une sympathie anthropomorphique faite de reconnaissance des similitudes qui nous unissent AVANT de s’intéresser aux différences qui pourraient (potentiellement) nous enrichirent… Mais aussi nous diviser.

    L’être ainsi «déshumanimalisé» devient l’Autre-étranger, l’Autre-différent, voire la Chose: Le morceau de poulet à venir dans l’emballage! Le cochon nommé Cotelette! Le Méchant Communiste d’il n’y a pas si longtemps… Et on fait de l’abattage (comme pour les arbres) ou des dommages collatéraux plutôt que l’on ne tue, sacrifie ou massacre systématiquement.

    Traiter l’information en provenance de l’Autre-similaire en ayant recourt au siège neurobiologique des émotions… Traiter l’information de l’Autre-différent sans passer par ce siège des émotions! Voilà une stratégie évolutionnaire efficace pour les primates grégaires que nous sommes. Efficace, oui, mais potentiellement dangereuse lorsque son usage, orchestré sciemment, vient gruger les liens affectifs et sensibles qui nous unissent au reste de la Planet.

    L’insensibilité est une stratégie dangeureuse. Pour la défense à court terme et de manière ponctuelle, elle nous préserve d’une douleur immédiate, histoire d’utiliser nos forces à nous sortir du pétrin. Sur le long terme toutefois, c’est risqué. Les émotions sont les voyants lumineux qui nous indiquent de continuer, de faire attention ou d’arrêter avant le «crash». Qu’est-ce qui guidera ma conduite si je dévisse systématiquement les ampoules? Comment savoir que raser les forêts par exemple, c’est un peu me retirer (avec le doigté chirurugical de l’Industrie) toujours plus de p’tits bouts de poumons. Comment savoir ça si voir tomber un grand arbre ne me fait aucun pincement au coeur? Comment rester en contact avec tout ça si mon rapport au monde devient tellement spécialisé, tellement compartimenté que je ne me souviens plus que les cotelettes passées date dans le frigo furent un petit cochon qui devint grand et fut tué… Peut-être sans jamais voir la lumière du jour.

    Pour ma part, je crois avoir le Devoir de me souvenir du lien qui nous unit. De cette Humanimalité commune qui créé mon Appartenance à plus Grand que moi!

    Lorsque je pense à ce cochon, ma gorge se serre. Bonne nouvelle, cela m’empêchera peut-être de me goinfrer de cotelettes (ce qui est d’ailleurs néfaste pour mon système). Cela me retiendra d’en jeter le tier aux ordures. Ma gorge se serre en passant à cet animal… Mais mon goût pour la chair reste vif malgré tout. Douleur! C’est le paradoxe de ma condition d’être conscient, chargé de désir et d’inhibition. D’appétit et de dégoût.

    Pour ma part, je choisis de tolérer ce tiraillement grâce auquel, à tâton, je cherche une conduite la plus juste possible sur le Chemin de ma propre Moralité.

    Sur cette Route, mon Humanimalité sensible demeure, à ce jour, le meilleur éclairage que j’aie pu trouver!

    Humanimalement vôtre!

    Emmanuelle Fournier Chouinard

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