Le chien ne vit pas spontanément en hiérarchie

Joel Dehasse nous explique pour quoi , il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec son chien :

On a décidé que puisque le loup gris nordique vivait en hiérarchie, le chien, son descendant, vivaitloup gris nordique lui aussi en hiérarchie. Or on a oublié que le chien n’est pas un loup. Pourtant, sur cette fausse croyance, on a décrété que le modèle hiérarchique était le seul valable et on a analysé tous les comportements et problèmes psychologiques du chien au travers cette vision. Ce modèle étant un dogme tautologique, on trouvera toujours à le confirmer et jamais à l’infirmer. Dès lors, depuis des années les chiens sont obligatoirement soumis à leur propriétaire qui doit jouer les dominants, le maître
Ce modèle a fait son temps. Il est temps d’en changer.
L’ancêtre de notre chien de famille – le chien indigène commensal – ne vit pas en meute hiérarchisée; il est même plus grégaire que social, il s’attache à un espace et  aux (poubelles) des gens qui s’y trouvent.
Chez le chien sauvage commensal, les petits sont trop petits pour entrer en compétition avec les adultes; ils apprennent à respecter les adultes. Les adultes seraient stupides d’entrer en conflit avec leur progéniture (leur copie génétique). Les conflits surviennent quand deux chiens sont en compétition pour une ressource limité, surtout alimentaire, c’est le rapport de force et des motivations qui détermine le gagnant. Bien sûr si le chien perd tous conflits, il a intérêt à faire l’économie des combats avant que de mourir de ses blessures. Et le vainqueur de tous les conflits se voit attribuer une paix souveraine. Mais ces relations de respect mutuel ne signifient pas qu’une hiérarchie de dominance soit installée et doive être respectée.
Un chien de famille est différent d’un chien indigène. Il  s’attache aux personnes plus qu’Aux lieus d’habitation. Vivant dans la maison, il interagit avec les membres de la famille et doit s’adapter aux structures familiales existantes. Cette adaptation se fait avec plus ou moins de bonheur.
Tout sur la psychologie du chienJ’émets l’hypothèse que c’est la structure familiale qui va décider de l’organisation sociale du chien. Le chien s’adapte à la grande majorité de ces organisations familiales. En France comme quasiment partout dans le monde, la structure de la société et de la famille étant très hiérarchisée, le chien est forcé d’être hiérarchisé. Étant donné que l’homme revendique le pouvoir de décision et d’autorité, le chien n’a plus qu’à se soumettre sans revendiquer d’autonomie. Il y a dès lors des conflits avec des chiens qui revendiquent un minimum d’autorité, de liberté et d’indépendance. La devise ‘Liberté, Égalité, Fraternité’ se résume pour le chien à ‘Dépendance, Soumission, Fraternité’; et la même fraternité est entrain d’être remplacée par des discours racistes à l’encontre de certains chiens.
Comme le chien ne vit pas spontanément en hiérarchie de dominance, il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec lui. Et ce n’est donc pas le manque d’autorité du propriétaire qui est la source des problèmes d’obéissance; c’est une question de technique et de motivation, rien d’autre.
P 386-387

Joel Dehasse nous explique pour quoi , il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec son chien :

On a décidé que puisque le loup gris nordique vivait en hiérarchie, le chien, son descendant, vivaitloup gris nordique lui aussi en hiérarchie. Or on a oublié que le chien n’est pas un loup. Pourtant, sur cette fausse croyance, on a décrété que le modèle hiérarchique était le seul valable et on a analysé tous les comportements et problèmes psychologiques du chien au travers cette vision. Ce modèle étant un dogme tautologique, on trouvera toujours à le confirmer et jamais à l’infirmer. Dès lors, depuis des années les chiens sont obligatoirement soumis à leur propriétaire qui doit jouer les dominants, le maître
Ce modèle a fait son temps. Il est temps d’en changer.
L’ancêtre de notre chien de famille – le chien indigène commensal – ne vit pas en meute hiérarchisée; il est même plus grégaire que social, il s’attache à un espace et  aux (poubelles) des gens qui s’y trouvent.
Chez le chien sauvage commensal, les petits sont trop petits pour entrer en compétition avec les adultes; ils apprennent à respecter les adultes. Les adultes seraient stupides d’entrer en conflit avec leur progéniture (leur copie génétique). Les conflits surviennent quand deux chiens sont en compétition pour une ressource limité, surtout alimentaire, c’est le rapport de force et des motivations qui détermine le gagnant. Bien sûr si le chien perd tous conflits, il a intérêt à faire l’économie des combats avant que de mourir de ses blessures. Et le vainqueur de tous les conflits se voit attribuer une paix souveraine. Mais ces relations de respect mutuel ne signifient pas qu’une hiérarchie de dominance soit installée et doive être respectée.
Un chien de famille est différent d’un chien indigène. Il  s’attache aux personnes plus qu’Aux lieus d’habitation. Vivant dans la maison, il interagit avec les membres de la famille et doit s’adapter aux structures familiales existantes. Cette adaptation se fait avec plus ou moins de bonheur.
Tout sur la psychologie du chienJ’émets l’hypothèse que c’est la structure familiale qui va décider de l’organisation sociale du chien. Le chien s’adapte à la grande majorité de ces organisations familiales. En France comme quasiment partout dans le monde, la structure de la société et de la famille étant très hiérarchisée, le chien est forcé d’être hiérarchisé. Étant donné que l’homme revendique le pouvoir de décision et d’autorité, le chien n’a plus qu’à se soumettre sans revendiquer d’autonomie. Il y a dès lors des conflits avec des chiens qui revendiquent un minimum d’autorité, de liberté et d’indépendance. La devise ‘Liberté, Égalité, Fraternité’ se résume pour le chien à ‘Dépendance, Soumission, Fraternité’; et la même fraternité est entrain d’être remplacée par des discours racistes à l’encontre de certains chiens.
Comme le chien ne vit pas spontanément en hiérarchie de dominance, il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec lui. Et ce n’est donc pas le manque d’autorité du propriétaire qui est la source des problèmes d’obéissance; c’est une question de technique et de motivation, rien d’autre.
P 386-387

2 Comments

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  1. Si ma mémoire est bonne, dans «Dog», de Miklozi ou «Dogs» de Coppinger, on parle de l’établissement d’une hiérarchie de dominance dans le contexte spécifique de la réintroduction des loups du Parc national de Yellostone. Un espace +/- fermé et des individus sans liens d’affiliation antérieurs! Ne serait-il pas possible d’émettre l’hypothèse selon laquelle le leadership de dominance se développerait au sein de groupes sans lien d’appartenance initiaux alors qu’un style de leadership plus coopératif s’établirait dans des structures plus «naturelles» (ex. de type cellules familiales élargies). N’est-ce d’ailleurs pas le cas chez nous autres, les humains. Pour avoir travaillé dans la fonction publique et avoir entendu les histoires du vécu interne de d’autres grandes organisations, je crois que le leadership de dominance y est très présent (soupir). Je serais curieuse de voir si les gens en faisant l’exercice en contexte de travail agissent nécessairement de la sorte au sein de leur propre famille. À vrai dire, je ne le crois pas… Est-ce que le leadership de dominance serait une stratégie qui émergerait plus aisément lors de la coordination de groupe dont les constituants sont étrangers les uns aux autres, ont peu de points en commun, sont contraints d’interagir ensemble ou ne voient pas encore très bien l’intérêt d’une collaboration réelle? Je le crois. Surtout pour nous autres, primates centrés sur la compétition, le statut et la hiérarchie… Mais heureusement aussi capables de collaboration, d’affiliation et d’empathie (comme nous le rappelle Franz de Waal dans «The Age of Empathy»). La question deviendrait alors: Lorsque cet étranger-à-4-pattes entre dans notre groupe et se met à agir parfois très différemment de ce que nous aurions crû… Lorsqu’il devient l’Autre-différent-de-Moi et non le Comme-Moi… Comment ferons-nous pour ne pas verser dans cette «dominance» qui aurait peut-être comme double fonction, oui de soumettre, mais aussi de «rendre pareil à Moi», de possiblement tolérer et ensuite inclure!? Comment ferons-nous pour chercher un autre chemin? Envisager l’Autre-à-4-pattes avec un intérêt curieux et bienveillant pour, d’abord, débusquer les ressemblances-qui-nous-unissent (quite à «pécher» par anthropomorphisme… la porte d’entrée à l’empathie) et ensuite, ensuite seulement, lorsque la relation est rendue possible par l’identification à… alors s’intéresser aux différences-qui-nous-enrichissent. Pour suivre ce Chemin, le leadership de collaboration devient non seulement possible, mais carrément nécessaire. Je le crois.

    Emmanuelle Fournier Chouinard
    Psychologue TAA, enseignante en zoothérapie
    Centre Humanimal
    duloupberger@hotmail.com
    (418) 815-4296

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