Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel

Voici venu le moment de charger les running et le harnais dans le sac de voyage. Cela fait 47 semaines que Sapi et moi nous entrainons en vue du Trophée des montagnes 2011. Il s’en est passé des choses. Des images en filigrane dans le coeur, des instants gravés dans les muscles des jambes.

Depuis 1 an, grâce à Jean-François le coach on a couru, on s’est dépassés, sans vraiment jamais réaliser ce qui était entrain de s’accomplir, l’essentiel était de courir et de sortir … Par tous les temps, souvent seuls sur la trail, 4 fois/semaine, neige, froid, glace rien ne nous a arrêté. Car il y avait ces moments où nos deux souffles entraient en écho, où la foulée ne faisait plus que 6. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ainsi est venu le printemps tardif et mouillé et les premières chaleurs qui ont charriées leur lot de tiques…. Il reste des images merveilleuses en tête, ce soir de décembre le long du fleuve St-Laurent, l’eau gonflée des premières précipitations neigeuses et Montréal parée des couleurs festives de Noël lovée dans un halo brumeux. Ou ce dimanche de printemps quand les oies sont passées si bas que Sapi et moi nous nous sommes arrêtés… leurs ombres glissaient.

Et puis ce premier demi-marathon… pas couru vite, pensez, mais fait, on l’a fait! Puis on l’a refait encore et encore jusqu’à améliorer notre temps de…1H!

Rythme hebdomadaire d’entrainement, scansion de l’agenda, moments d’exception bien éloignés des routines du quotidien, c’est ça qui manque déjà…
Près de 2900 kms ont été parcourus depuis le mois d’août 2010, dont 900 environ en canicross (sans compter les sorties de canitrottinette juste pour Sapi)… À quoi ça correspond toute cette distance ? À un détour. Pour me rassembler moi,  avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c’est-à-dire entrer de plein pied dans l’existence, être en devenir avec mon chien. Ce sont ces moments de communion qui apaisent les tensions internes tout en en créant de nouvelles et deviennent physiologiquement nécessaires.

Courir avec son chien c’est prendre son temps, c’est forcément prendre du temps (le voler sur la vie?), le temps de plonger dans son intériorité, n’habitant plus à la surface de soi, entrant en la seule profondeur. Le recours à la forêt, à la montagne, aux sentiers, est une échappée belle pour reprendre son souffle, affûter ses sens, renouveler sa curiosité. Le chemin parcouru, même pour quelques heures, rétablit un centre de gravité.

Courir avec son chien est un acte de subversion: c’est entrer en Nature, c’est aller là où peu vont, sans savoir où l’on va, c’est se rassembler.

Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel.

4 Comments

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  1. Quel beau récit; vrai, simple et envoûtant…
    Bravo à vous deux pour ces beaux efforts qui vous apportent tant de bonheur. Une belle relation entre humain et chien comme on aimerait en voir plus souvent.

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  2. Je suis tombé sur ton blog par hasard…Très heureuse de savoir que nous sommes quelques-uns à vivre cette relation ainsi. Le temps de prendre du temps. C’est Balou mon border collie qui me l’a enseigné. Dans la neige, sous la pluie, par grand vent, même les orages sont bienvenus. Cette relation rétablit l’équilibre perdu, oublié dans cette vie frénétique et superficielle nord-américaine.

    Bonne chance pour le Trophée des montagnes 2011

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