Nous sommes une société du sacrifice

Réflexions sur la condition faite aux animauxL’animal a toujours été au cœur des relations entre le monde des dieux et celui des hommes. Il est l’intermédiaire indispensable dont on ne peut toujours pas se passer. Françoise Armengaud, Réflexions sur la condition faite aux animaux, est catégorique, de nos jours, il y a permanence d’un élément sacrificiel hors rituel : celui de l’abattage industriel des animaux. Pour elle, la notion de sacrifice est centrale dans la société de nos jours.
Quand on parle de sacrifice, on se reporte naturellement à l’époque de l’Antiquité Païenne, où l’animal était sacralisé car sacrifier aux dieux. Parfois on brûlait tout l’animal et cela s’appelait un holocauste, du grec, holos, ‘entièrement’; kaiein, ‘brûler’.  Cette ritualisation de l’abattage avait placé l’animal dans un contexte religieux et donnait à l’acte la gravité de l’exception. Cela permettait de tirer du sens de l’animal. Dans ces sociétés, on tirait de l’animal le sens qui résidait en lui – ou plutôt qui était censé résider en lui, car projeté sur lui. On reconnaissait à l’animal du sens et on le lui prenait avec sa vie. Ainsi, on se nourrissait littéralement de cette vie et on se nourrissait Si les lions pouvaient parlersymboliquement du fait que cette vie avait un sens. Bref mangé tout entier, on assimilait l’animal sur tous les plans (voir Françoise Armengaud in Si les lions pouvaient parler, p. 876-877).
Ensuite, le christianisme lui remplaça le sacrifice par une messe ce qui renvoya l’animal dans le monde profane et désacralisa son abattage. L’animal devint une masse de viande dont l’abattage ne nécessitait plus ni rituels ni sacrificateurs professionnels, une créature n’ayant plus aucun lien avec Dieu et vouée seulement à servir l’être humain. (p.39 Des animaux de l’antiquité à nos jours)
À partir de là, l’animal n’ayant plus de sens, on pouvait lui prendre sa vie sans crier gare ou faire quelques simagrées ritualisées : on lui prenait sa vie, on ne doAuberger Janick et Keating Peter. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009nnait pas sens à ce qu’on prenait mais on s’en nourrissait, bref on se nourrissait du non-sens! C’est pourquoi aujourd’hui il est si facile d’abattre à la chaîne des milliards d’animaux chaque année.
C’est pourquoi aujourd’hui encore au sein même de l’Occident persiste des pratiques de sacrifice désacralisées car vide de sens. C’est le principe prédateur par excellence : la vie animale nourrit et soutient ma vie. Au moins ça a le mérite d’être clair : aujourd’hui on pratique le meurtre à grande échelle.Réflexions sur la condition faite aux animauxL’animal a toujours été au cœur des relations entre le monde des dieux et celui des hommes. Il est l’intermédiaire indispensable dont on ne peut toujours pas se passer. Françoise Armengaud, Réflexions sur la condition faite aux animaux, est catégorique, de nos jours, il y a permanence d’un élément sacrificiel hors rituel : celui de l’abattage industriel des animaux. Pour elle, la notion de sacrifice est centrale dans la société de nos jours.
Quand on parle de sacrifice, on se reporte naturellement à l’époque de l’Antiquité Païenne, où l’animal était sacralisé car sacrifier aux dieux. Parfois on brûlait tout l’animal et cela s’appelait un holocauste, du grec, holos, ‘entièrement’; kaiein, ‘brûler’.  Cette ritualisation de l’abattage avait placé l’animal dans un contexte religieux et donnait à l’acte la gravité de l’exception. Cela permettait de tirer du sens de l’animal. Dans ces sociétés, on tirait de l’animal le sens qui résidait en lui – ou plutôt qui était censé résider en lui, car projeté sur lui. On reconnaissait à l’animal du sens et on le lui prenait avec sa vie. Ainsi, on se nourrissait littéralement de cette vie et on se nourrissait Si les lions pouvaient parlersymboliquement du fait que cette vie avait un sens. Bref mangé tout entier, on assimilait l’animal sur tous les plans (voir Françoise Armengaud in Si les lions pouvaient parler, p. 876-877).
Ensuite, le christianisme lui remplaça le sacrifice par une messe ce qui renvoya l’animal dans le monde profane et désacralisa son abattage. L’animal devint une masse de viande dont l’abattage ne nécessitait plus ni rituels ni sacrificateurs professionnels, une créature n’ayant plus aucun lien avec Dieu et vouée seulement à servir l’être humain. (p.39 Des animaux de l’antiquité à nos jours)
À partir de là, l’animal n’ayant plus de sens, on pouvait lui prendre sa vie sans crier gare ou faire quelques simagrées ritualisées : on lui prenait sa vie, on ne doAuberger Janick et Keating Peter. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009nnait pas sens à ce qu’on prenait mais on s’en nourrissait, bref on se nourrissait du non-sens! C’est pourquoi aujourd’hui il est si facile d’abattre à la chaîne des milliards d’animaux chaque année.
C’est pourquoi aujourd’hui encore au sein même de l’Occident persiste des pratiques de sacrifice désacralisées car vide de sens. C’est le principe prédateur par excellence : la vie animale nourrit et soutient ma vie. Au moins ça a le mérite d’être clair : aujourd’hui on pratique le meurtre à grande échelle.

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