Pièce maîtresse de mon univers

Je sais maintenant que chaque homme porte en lui et comme au-dessus de lui un fragile et complexe échafaudage d’habitudes, réponses, réflexes, mécanismes, préoccupations, rêves et implications qui s’est formé et continue à se transformer par les attouchements perpétuels de ses semblables. Privée de sève, cette délicate efflorescence s’étiole et se désagrège. Autrui, pièce maîtresse de mon univers… Extrait de Vendredi ou les limbes du Pacifique Michel Tournier.

Autrui pièce maîtresse de mon univers. Animal de compagnie, pièce maîtresse de mon univers ! Car tous les propriétaires d’animaux savent que leur animal leur répond, et que ce n’est pas là pure illusion de leur part. Le sociologue Clinton Sanders s’est interrogé sur la manière dont les propriétaires font de leurs animaux des personnes.

Living and working with canine companionsThe self is a social construction built on the information derived from a person’s social relationships. Companion animals act as facilitators of human-to-human interactions, thereby increasing (and enhancing) self-defining situations. However, the connection between companion animals and the caretaker’s self concept is direct as well as mediated. Owners consistently define their pets as « persons » with whom they share lasting, intimate, and emotionally involving relationships…. But companion animals act as much more than surrogates for real or imaginary persons; they are consistently defined as persons in their own right and are the direct focus of person-to-person interaction…. Human-pet interactions proceed along the same lines as do human-to-human social exchanges. The social exchange entails mutual acknowledgement of coparticipation in the encounter, mutual definition of the perspective of the other, imaginative estimation of the other’s intentional definition-of the situation, and mutual adjustment of behavior based on the essential social process of « taking to role of the other. » Référence

Ainsi, le propriétaire attribue des processus de pensée à son chien (il se souvient, il déduit, il comprend, il croit…), une personnalité, l’animal contribue à la relation autant que le maître y contribue et l’animal a une vraie place dans la famille, dans le groupe. Ceci montre que le lien à l’animal est à la fois pareil et à la fois différent du lien avec d’autres êtres humains. Il est pareil parce que ce sont les mêmes processus de construction de la personne que nous utilisons pour des êtres humains, mais différent parce que nous savons bien, aussi, que les animaux ne sont pas vraiment comme les humains. Ils sont ‘mieux’ que les humains…. Mourir de dire, la honteC’est ce qui fait que l’attachement anthropocanin est si particulier : l’humain souffre de ce qu’il voit de lui dans le regard des autres, ‘Je ne connais pas de produit qui induise la honte parce que ce sentiment naît toujours dans une représentation. Dans le secret de mon théâtre intime, je mets en scène ce que je ne peux dire tant je crains ce que vous allez en dire’, dit Boris Cylrulnik. Or avec un  chien, il ne peut y avoir de représentation de la blessure intime humaine, cella là même provoquée par le sentiment de honte, avec un chien, aucun discours n’agrippe…. Pour aller plus loin: L’isolement pour raréfier l’impression d’être seul

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