Une déclaration sous le feu des critiques

sans offenser le genre humainLa Déclaration universelle des droits de l’animal présente incontestablement le défaut de proposer une personnification et de tomber dans l’anthropomorphisme. La réforme préconisée en son article 14 alinéa 2 tend plus ou moins, bien que sans provocation, à faire défendre les droits de l’animal au même titre que les droits de l’homme, ce qui ne peut manquer d’être interprété comme une provocation de type utilitariste. Et il faut reconnaitre que deux énoncés du préambule laissent philosophiquement perplexe, en ce qui stipulent que ‘tout être vivant possède des droits naturels’ ce qui revient à faire fond sur l’hypothétique et controversé ‘droit naturel’ sollicité décidément de toutes parts, puisque certains le font servir à asseoir les seuls droits de l’homme. Or, les philosophes se réclamant du droit naturel n’ont jamais accepté, à l’exception d‘Ulpien, que les animaux puissent en bénéficier. Une seconde proposition du préambule de cette Déclaration apparait aussi très fragile: ‘Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux…’. On peut sans doute, en dernière analyse et avec précaution, promouvoir une telle opinion, mais sûrement pas comme un attendu. Il reste que cette Déclaration est, dans son implacable généralité, un texte généreux, exorbitant sans doute et qu’il ne faudrait recevoir que comme une idée-limite.
Élisabeth de Fontenay
– ‘Sans offenser le genre humain’ –  p 108-109sans offenser le genre humainLa Déclaration universelle des droits de l’animal présente incontestablement le défaut de proposer une personnification et de tomber dans l’anthropomorphisme. La réforme préconisée en son article 14 alinéa 2 tend plus ou moins, bien que sans provocation, à faire défendre les droits de l’animal au même titre que les droits de l’homme, ce qui ne peut manquer d’être interprété comme une provocation de type utilitariste. Et il faut reconnaitre que deux énoncés du préambule laissent philosophiquement perplexe, en ce qui stipulent que ‘tout être vivant possède des droits naturels’ ce qui revient à faire fond sur l’hypothétique et controversé ‘droit naturel’ sollicité décidément de toutes parts, puisque certains le font servir à asseoir les seuls droits de l’homme. Or, les philosophes se réclamant du droit naturel n’ont jamais accepté, à l’exception d‘Ulpien, que les animaux puissent en bénéficier. Une seconde proposition du préambule de cette Déclaration apparait aussi très fragile: ‘Considérant que le respect des animaux par l’homme est inséparable du respect des hommes entre eux…’. On peut sans doute, en dernière analyse et avec précaution, promouvoir une telle opinion, mais sûrement pas comme un attendu. Il reste que cette Déclaration est, dans son implacable généralité, un texte généreux, exorbitant sans doute et qu’il ne faudrait recevoir que comme une idée-limite.
Élisabeth de Fontenay
– ‘Sans offenser le genre humain’ –  p 108-109

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