Réhumanisation par le chien

Le programme de zoothérapie du CHUQ a permis  « d’innover sur le plan de l’humanisation des soins en réservant un espace pour la zoothérapie pour les enfants traités en hématologie-oncologie pédiatrique L’enfant malade se recroqueville souvent sur sa douleur, ses angoisses, sa peur et sa détresse d’où l’importance et le sens accordé à la zoothérapie. La présence du chien, sa sensibilité au contact humain, ses besoins élémentaires donnent à l’enfant un sentiment de sécurité émotionnelle dans un monde instable où tout évolue en accéléré ». Plus on découvre les animaux en thérapie, plus on souligne la condition humaine. L’utilitarisme de la thérapie assistée par le chien (TAC) ouvre sur ‘le care’, car « l’animal se retrouve maintenant exclusivement investi, voire surinvesti d’une valeur affective. Cette valeur est très élevée. C’est l’animal enfant dont le maître se considère comme le parent adoptif, l’animal compagnon de vie, l’animal ami, membre de la famille. On lui prête des sentiments, des raisonnements, une personnalité ; il est traité comme un alter ego » (1). En ce sens, cet Autre devant est un accompagnant sous forme de chien qui cherche à comprendre ce que ces patients ressentent, les devine, l’imagine au besoin, car on ne vit que dans le regard de l’autre.

Ainsi, la TAC permet de renouer la nature et la culture au cœur du soin. L’animal n’est plus ce miroir « tantôt menaçant, tantôt rassurant, dans lequel Homo culturalis, dans sa version occidentale tout au moins, se mirait et se trouvait unique en son genre, délivré de ses origines, libéré de son corps, soustrait à la nature » (2).
La TAC n’a pas répondu à toutes les exigences spécifiques de la biomédecine, les médecins semblent lucides sur l’incertitude qui entoure cette approche thérapeutique très confrontante surtout pour leurs rôles et responsabilités au vue de la foi des patients. L’homme ne trône plus en solitaire dans son règne, son laboratoire, son unité de soins… Désormais l’animal entre dans l’antique interdit et les équipes médicales valorisent la notion de « communauté hybride » pour désigner l’association interspécifique entre les hommes et les animaux, fondé « sur des intérêts réciproques et des échanges mutuels » (Dominique Lestel, Animal singulier).

Bibliographie:
(1) Nicole Laurin, Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours
(2) Gérard Lenclud,  Et si un lion pouvait parler 

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