Ce n’était pas juste un animal… suite 2

France Carlos nous parle du deuil de l’animal de compagnie, un deuil mal compris. – Les personnes endeuillées remettent en question leurs émotions, les croyant déraisonnables parce que la relation à l’animal n’est pas jugée ‘unique’, ‘valable’, ‘aimante’ comme avec un humain? Certaines personnes vont développer un lien très fusionnel et même parfois vont devenir dépendant affectif de leur animal.  C’est bien souvent ces personnes qui vont venir me consulter afin de remettre de l’ordre dans leurs émotions. Il est essentiel d’accorder toute l’importance qu’il revient au lien que nous avons pu développer avec notre animal.  Il est inconcevable de croire que la perte de notre animal devrait nous laisser froid et qu’une des choses raisonnables à faire est d’aller en acheter un autre rapidement. Un animal qui a été auprès de nous pendant plusieurs années nous a placé en contact avec l’amour inconditionnel, avec l’aspect ludique aussi d’avoir un animal,  avec la responsabilité que nous avons envers lui.  Il est donc illogique de penser que le décès de l’animal ne viendra pas nous chercher dans la douleur du manque.

La peur d’être juger empêche les personnes endeuillées de parler librement de ce qu’elles vivent

Certaines personnes me consultent aussi parce qu’elles sont dépassées par leur réaction suite au décès.  Elles ont besoin de se faire confirmer qu’il est normal d’avoir de la peine, d’avoir mal.  Même si nous n’avons pas développé une relation de dépendance envers notre animal, lorsqu’il quittera notre vie nous aurons à affronter une réalité qui est la douleur du manque. – Ce déni des émotions de la personne endeuillée a-t-il des conséquences pour elle? Dans votre pratique, qu’avez-vous observé ? La principale conséquence est que le deuil ne sera jamais complété et qu’il pourra refaire surface n’importe quand dans leur vie et pourra être déclenché par n’importe quel événement.  Bien souvent cette réaction de vouloir nier une réalité provient d’une blessure émotionnelle non réglée, le deuil de l’animal ne sera qu’une couche de plus ajoutée à la souffrance non-exprimée et non-réglée. Mais très peu de personnes vont nier leurs émotions, par contre elles ne les exprimeront pas, elles vont les banaliser, elles vont les vivre renfermer sur elles-mêmes bien souvent par la peur d’être juger par leur entourage. – Pourquoi vous croyez justifier de mettre en place une thérapie axée sur le deuil animalier ? Dans ma pratique de thérapie relationnelle j’avais des clients réguliers qui progressaient de façon très satisfaisante dans l’expression de leurs émotions, de leurs besoins relationnels et qui apprenaient à développer une bonne communication.  Mais lorsque ces personnes étaient confrontées au décès de leur animal nous avions le sentiment de revenir au point de départ; incapacité à nommer l’émotion présente, difficulté à la vivre en ma présence, sentiment de culpabilité  disproportionné.  J’ai alors constaté à ce moment là que la mort d’un animal nous plaçait dans un état émotionnel difficile à gérer seul, principalement à cause de notre peur d’en parler et d’être jugé.  Mais comme la meilleure façon de s’en sortir et de vivre notre deuil, est d’en parler, il devient essentiel d’avoir des ressources adéquates pour le faire.

Il est essentiel d’accorder toute l’importance qu’il revient au lien que nous avons pu développer avec notre animal

Vous offrez des services de consultation individuelle et de groupe? Est-ce important de partager? Ce qui est essentiel c’est de pouvoir parler de ce que nous vivons.  Mais nous sommes confrontés à notre peur, alors d’où l’importance de choisir à qui nous allons en parler. Personnellement je crois en l’importance de pouvoir partager avec des gens qui ont vécues la même chose que nous.  Mais à cause de leur peur les personnes endeuillées hésitent à participer à des groupes de soutien, il est donc difficile d’avoir un nombre suffisant de participant. Pour en savoir plus: France sera présente au 11e symposium sur la thérapie assistée par l’animal qui se tiendra le 28 avril à l’hôpital Rivière-des-Prairies.

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