L’intelligence du vivre avec

Il est toujours surprenant et fâchant de constater ô combien les propriétaires d’animaux de compagnie en savent plus sur leur animal que n’importe quelle étude empirique ne pourra jamais le démontrer et qu’il y a un gouffre entre ces deux savoirs, un Rubicon infranchissable. Fâchant car ce que s’évertuent à dire les humains qui vivent au quotidien avec un animal et qui témoignent de leur présence et de leur conscience et de leurs droits, c’est que l’étude de l’intelligence animale ne peut être abordée sous un angle intellectuel. Comme disait le philosophe Dominique Lestel, auteur du livre ‘Les origines animales de la culture’ , « les intelligences de l’animal (comme celles de la plupart des humains d’ailleurs) sont plutôt pratiques et concrètes ».  (Pour plus de détails: http://fredericjoignot.blogspirit.com/archive/2010/01/26/le-philosophe-domini.html)
Le maître de conférences à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm insiste : « Les travaux les plus intéressants sur ce qu’on pourrait appeler ‘la pensée animale’ sont d’ailleurs faits par des éthologues de terrain qui acquièrent une longue familiarité avec les animaux qu’ils observent, et qui finissent par en faire l’ethnologie plus que l’éthologie stricto sensu ». En gros c’est ce que font les propriétaires d’animaux de compagnie sans avoir un PhD dans la poche. Ces années de cohabitation ne sont pas valables aux yeux de la science qui préfère mesurer, peser, reproduire de manière mécanique. Ce que dit le terrain de la quotidienneté c’est qu’il y a une mine de renseignements d’une incroyable richesse et d’une très grande profondeur dans la relation humain-poilu au jour le jour. Au lieu de pourchasser des variables dans les recherches et autres analyses statistiques multivariées, les scientifiques devraient certainement descendre sur le terrain, là où un « certain nombre de nos distinctions culturelles les plus fortes deviennent en effet vite obsolètes ».
Ainsi au lieu de s’acharner à prouver la réalité thérapeutique de la présence d’un chien par exemple, on pourrait s’interroger et approfondir les significations de ladite réalité. Là se niche la problématique de  la « grandeur » d’une pratique de soin : elle ne se situe pas au même endroit pour tout le monde. Pour certains, l’utilisation de l’animal a de la valeur à partir du moment où elle est bénéfique à au moins une personne ; alors que pour d’autres, tant qu’elle n’est pas instituée, standardisée, et légitimée, elle perd toute valeur et est renvoyée à l’anecdotique. (Ref : Jérôme Michalon).

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