Billets étiquettés ‘zoothérapie’
18/02/2013
Docteur Didier Vernay, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand : ‘le réel problème ne réside pas
tellement dans le manque de données scientifiques fiables (même s’il y a beaucoup à dire) mais plutôt dans l’incapacité des chercheurs mono-disciplinaires à intégrer et contextualiser les données du puzzle issues de la pratique et des programmes de recherche. Dans ce cas aucune image cohérente ne se construit et l’on retourne en boucle stérilement des pièces qui pourtant, mises en perspective,pourraient prendre sens et ébaucher le paysage de ce que pourraient être les grilles de lecture du paysage de la médiation animale. Pour cela, outre une bonne connaissance de sa discipline d’origine, il faut trois ingrédients : une dose suffisante de culture (et de rencontres) pluridisciplianire, une connaissance pratique des activités avec l’animal (AAA) et une vision globale. Le meilleur moyen est de sortir du système. Les sociologues aiment à le dire : lorsque le système est bloqué, il faut en sortir. Dorénavant lorsque l’on me fera grief de mon manque de références scientifiques et théoriques, je ne jouerais plus les cartographes; décomplexé j’assumerais mon statut d’explorateur des AAA et me rappellerai la maxime suivante : ‘rien ne sert de théoriser trop tôt, il faut caniniser à point’.
Jean-Luc Vuillemenot, Un animal et la vie est plus belle, p. 267-268
Tags: activités avec l'animal, Didier Vernay, Jean-Luc Vuillemenot, neurologue au CHU de Clermont-Ferrand, Un animal et la vie est plus belle, zoothérapie
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22/10/2012
La thérapie assistée par la chien (TAC) est une approche globale de la santé misant sur les liens ancestraux existant entre l’homme et le chien. Le chien bien ancré dans les mémoires affectives et sociales constitue un ‘outil’ ? thérapeutique puissant ? s’il est utilisé adéquatement. Mais les nombreuses définitions existant passent à côté de l’essentiel…
1/ « La zoothérapie est une médiation qui se pratique professionnellement en individuel ou en petit groupe de deux ou trois personnes maximum, à l’aide d’un animal familier, consciencieusement sélectionné et éduqué, sous la responsabilité d’un professionnel appelé ‘zoothérapeute’ dans l’environnement immédiat de personnes chez qui l’on cherche à éveiller des réactions visant à maintenir ou améliorer leur potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif » – François Beiger. Institut français de zoothérapie
2/ «La thérapie assistée par l’animal est une activité qui s’exerce sous forme individuelle ou de groupe à l’aide d’un animal familier, soigneusement sélectionné et entraîné, introduit par un intervenant qualifié dans l’environnement immédiat d’une personne chez qui l’on cherche à susciter des réactions visant à maintenir ou à améliorer son potentiel cognitif, physique, psychosocial ou affectif. Les activités de zoothérapie sont réalisées par des intervenants qui possèdent une formation dans un domaine des sciences humaines, de la santé ou de l’éducation. Les bénéficiaires sont autant des enfants, des adolescents, des adultes que des personnes âgées. Ces personnes sont aux prises avec des problèmes d’apprentissage, de santé mentale et de déficience intellectuelle, des troubles du comportement, des déficits cognitifs, des retards du développement, des maladies dégénératives et des handicaps physiques. La plupart expriment peu ou pas leur besoins. Elles sont isolées sur le plan social et familial, ont souvent des problèmes ou des handicaps multiples et souffrent émotionnellement et psychologiquement. On les retrouve dans des écoles spécialisées, des centres hospitaliers et de soins de longue durée, des hôpitaux psychiatriques, des centres de réadaptation et des ateliers de travail » – Zoothérapie Québec
3/« La zoothérapie est une thérapie qui utilise la proximité d’un animal domestique ou de compagnie, auprès d’une personne souffrant de troubles mentaux, physiques ou sociaux pour réduire le stress ou les conséquences d’un traitement médical ou des problèmes post-opératoires. La zoothérapie peut être un point de départ ou un complément à des thérapies plus traditionnelles. Elle n’est pas restreinte au domaine médical, puisqu’elle s’étend à des questions sociales concernant les rapports avec autrui, l’éducation ou la délinquance. Elle a pu aussi être utilisée dans le cadre de problèmes d’attention et de concentration, de dépréciation de soi, de dépression, de solitude et d’isolement. Les participants n’ont besoin d’aucune compétence particulière. Le contact avec l’animal est censé avoir un effet calmant sur eux » – Définition Wikipédia
Les définitions ne manquent pas (voir celle de la Delta Society), mais pour saisir la portée de la thérapie assistée par l’animal ou zoothérapie, on doit aborder la complexité des rapports avec les animaux. « Il existe au sens littéral d’authentiques sociétés mixtes formées à la fois d’humains et de chiens transversales aux sociétés humaines et que l’on peut qualifier d’anthropocanines. Dans une telle perspective, les chiens ne sont pas considérés comme des objets constituant l’ameublement de la société humaine, mais comme les membres à part entière d’une société globale composée de deux espèces », dit Dominique Guillo.
On peut aller jusqu’à dire qu’il existe une sorte de personnalité de base propre à chaque culture anthropocanine, c’est-à-dire un modèle moyen de conduites et de dispositions propres à chaque groupe social concret formé par ces deux espèces.
Décrire la relation homme-animal dans le soin et sous cet angle permet de faire ressortir des phénomènes qui apparaissent avec nettement moins d’acuité sous un autre éclairage. Ainsi, dans la relation de soin – et dans les définitions qui en sont données – c’est le déni de cette personnalité. Le déni de la relation patient-animal.
Tags: anthropocanine, Beiger, Delta Society, Des chiens et des humains, Dominique, François, Guillo, institut français de zoothérapie, J.A, K.A. & Serpell, Kruger, relation patient-animal, sociétés mixtes, thérapie assistée par la chien, zoothérapie, Zoothérapie Québec
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16/07/2011
Sandraetlechien vous avait fait découvrir le projet de thérapie assistée par deux chiens de l’Unité de soins Les Trieux, en Belgique, en 2010, bien avant qu’un chapitre 5 ‘Présentation du développement d’un projet A.A.T. intégré dans une unité hospitalière de prise en charge communautaire de patients psychotiques chroniques non stabilisés’ soit écrit dans le livre « Zoothérapie, nouvelles avancées ».
Grâce à Christophe Médart, infimier en chef et responsable du projet, aujourd’hui, Sandraetlechien vous présente quelques éléments du rapport d’activités intermédiaire de ce projet qui a pris naissance en 2008… Le temps a passé depuis les premières formulations d’hypothèses cliniques fondées sur l’observation fortuite in vivo.
Développé au sein de l’unité de soins « Les Trieux » de l’Hôpital Neuro‐Psychiatrique Saint-Martin, le projet de Thérapie Assistée par Animal (T.A.A.) consiste à développer un outil thérapeutique inédit et novateur permettant à des patients psychotiques chroniques de progresser grâce à l’accompagnement de l’animal dans le cadre d’une démarche scientifique. Les objectifs poursuivis par la mise en place du projet T.A.A. sont par conséquent de nature thérapeutique et scientifique.
S
ur le plan thérapeutique, le projet vise à apporter une réponse précise aux besoins des patients psychotiques chroniques non stabilisés ainsi que de favoriser la résurgence d’habiletés sociales et de capacités d’autonomie. Cette thérapie vient en soutien aux plans thérapeutiques individuels de type communautaire à visée de resocialisation déjà mis en place. Concrètement, le projet consiste en l’introduction de deux chiens (un Golden et un Berger Allemand) dans le quotidien des patients et en la responsabilisation de ces derniers par rapport à des êtres vivants qu’ils vont investir émotionnellement.
Sur le plan scientifique, le projet T.A.A. réalise des observations relatives à l’évolution des symptômes des patients en présence des chiens. Des grilles d’observation et d’évaluation ont spécialement été élaborées à cet égard.
Les premiers résultats sont très prometteurs et encourageants et, à l’observation et de l’avis même des patients, la présence des chiens a énormément changé leurs implications dans les activités qui soutiennent leurs traitements et leurs prises en charge globales.
1. Une nette diminution de l’expression symptomatique tant positive que négative de la psychose pendant l’ensemble du décours des activités T.A.A.
2. Un meilleur investissement des 14 besoins fondamentaux de la part des patients par l’entremise de la relation en miroir avec les chiens au quotidien et ce, quelque soit le niveau d’investissement à l’égard de ces derniers.
Que de chemin parcouru : plusieurs projets de recherche universitaire (Sciences humaines, sciences vétérinaires, soins infirmiers…) se sont greffés sur ce projet : des thèses, des mémoires et autant de données brutes récoltées. Une manne! Ce qui induit de tenir des réunions du comité d’accompagnement scientifique chaque trimestre dans l’objectif de coordonner les différentes recherches scientifiques conduites par les différentes universités partenaires du projet TA.A.
Et que de projets à venir comme : Déterminer les bases communes d’une future formation pouvant déboucher sur la reconnaissance future de la fonction d’intervenant en zoothérapie.
Merci Christophe de partager ce long processus de travail, de réflexions, d’actions et de réalisations. C’est enthousiasmant et vraiment enrichissant.
Tags: 14 besoins fondamentaux virginia henderson, évolution des symptômes, expression symptomatique, Hôpital Neuro‐Psychiatrique Saint-Martin, nouvelles avancées, observations relatives, outil thérapeutique, patients psychotiques chroniques, Thérapie Assistée par Animal, Unité de soins, Unité de soins Les Trieux, zoothérapie
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02/03/2010
En 2008, Sarah M. Schlote a mené une vaste enquête d’un océan à l’autre afin d’avoir un portrait de la situation de la zoothérapie au Canada. Pour son sondage, Sarah a spécifiquement interrogé 131 professionnel(le)s en relation d’aide, santé mentale, éducation et services sociaux (par ex : conseillers, psychothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, coach de vie, guérisseurs, etc.) travaillant avec un partenaire animal dans le cadre d’interventions thérapeutiques visant la croissance personnelle. L’étude ne visait pas la zoothérapie telle que pratiquée dans d’autres domaines professionnels, ni les activités assistées par l’animal ou l’équitation thérapeutique.
Voici les points saillants.
• 91% des personnes interrogées ont – de 10 ans d’expérience en zoothérapie.
• 66% ont entre 0-5 ans d’expérience.
• 64% avaient une éducation universitaire
• 69% avaient des études en relations d’aide (voulant dire, 30% avaient des études ou des professions non pertinents,telles l’ingénierie, le journalisme, l’hôtellerie… N’importe qui peut s’improviser zoothérapeute…)
• Il n’y a pas ou peu de communication ou de collaboration entre les programmes de formation/certification
• Il n’y a pas de norme standardisée au niveau des pré-requis académiques pour suivre une formation en zoothérapie
• Personne ne s’entend sur la terminologie à se donner : il y a plus de 60 termes différents en anglais et plus de 30 en français pour dire zoothérapie…
…..Et on continue à en inventer d’autres…
• Il y a un manque de consensus au niveau des définitions. Par ex. : On n’est pas d’accord sur les différences entre : zoothérapeute et intervenant en zoothérapie, ni sur la distinction entre la thérapie/le coaching/l’apprentissage assisté par le cheval…
L’objectif de l’étude était de mieux comprendre les enjeux actuels afin d’inspirer des solutions. Pour faire évoluer le domaine, deux avenues sont non seulement souhaitées mais souhaitables :
1/ l’établissement de normes (61%)
2/ La création d’une association professionnelle nationale indépendante (65%).
Tags: association professionnelle nationale indépendante, coach de vie, conseillers, éducateurs, guérisseurs, intervenant en zoothérapie, psychologues, psychothérapeutes, Sarah M. Schlote, sondage, travailleurs sociaux, zoothérapeute, zoothérapie
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18/02/2010
En 1997, Dr David T. Allen, mettait en doute les bienfaits de la thérapie assistée par le chien (TAC) suite à son analyse d’études qui ont servi à populariser la TAC. Pour l’épidémiologiste américain il y a de sérieuses lacunes scientifiques dans les recherches réalisées :
Ayant passé en revue plus de 1000 études, je n’ai pas trouvé une seule étude [étude de type II] qui décrit les gains en comparaison des pertes sur l’état de santé général de la société, en relation avec l’interaction entre les humains et les animaux. En d’autres mots, je n’ai pas trouvé un seul article [étude de type II] qui compare la magnitude des effets des cas cités avec un groupe témoin ou avec le public en général. Sur l’échelle des critères de validité scientifique, ces études [étude de type I] sont à ranger sur l’échelon le plus bas. Les rapports qui vantent les mérites de la relation des êtres humains avec les animaux sont fondés sur des études descriptives et sur l’opinion des experts, et les études de ce genre [étude de type I] sont les moins valides de toutes. (Charles Danten)
Somme toute cela n’a pas d’importance, car on ne peut pas parler des animaux sans connaître la façon dont les gens vivent ensemble. Nonobstant les règles de la science qui sont sujettes à caution – vous savez avec leurs « bons objets indifférents répondant ‘machinalement’ à des causes permettant d’établir des lois », p. 38, Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, Être bête, chez Actes Sud - l’important dans la TAC, ce n’est pas que ça marche c’est la diversité des contextes possibles, des manières dont les humains et les animaux se conduisent dans un environnement spécifique pour un moment donné. Aussi conclure que tous les animaux procurent tout le temps partout auprès de tout le monde des bienfaits c’est se leurrer et surtout ce n’est pas adapté aux canons de la science. C’est là que les fameuses anecdotes sont importantes, en fait un animal est différent selon les contextes, parce que les humains sont différents dans ces mêmes contextes.
Ce qui fait sens comme le disaient Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, ce qui compte ce sont « les petites différences locales, contextualisées, vivantes, articulées» (p.29), et surtout la compétence de tel animal à tel moment auprès de telle personne.
La personnalité c’est ce qui fait qu’un animal ne ressemble à aucun autre… « La personnalité n’existe que dans le champ des relations qui la favorisent tout autant qu’elle en ouvre les possibilités », p 32.
Tags: Dr David T. Allen, Être bête, étude, Journal of the American Veterinary Medical Association, lautjournal, personnalité, sérieuses lacunes scientifiques, Thérapie assistée par le chien, Vinciane Despret et Jocelyne Porcher, zoothérapie
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Jappons, Thérapie assistée par le chien | Aucun commentaire »
08/02/2010
Nous nous questionnons cette semaine sur le type de chien partenaire de zoothérapie. Dans son projet de TAC, Christophe pense que pour inclure un berger allemand :
Il est capital que le chien soit convaincu que celui qui sera sa référence soit quelqu’un de sûr, de juste, de cohérent, de loyal, de régulier…une fois cela instauré grâce au comportement adéquat que le maitre se doit d’appliquer face à son chien, il (le chien) aura alors une confiance aveugle envers lui. Dans notre projet, il sera capital que le chien garde une référence, une personne ressource pour lui, et il s’agira d’un des thérapeutes référent du projet.
Le but n’est pas d’obtenir cela par rapport à tous les patients avec lequel le chien va devoir travailler, non, l’important est que sa personne de référence ne soit jamais bien loin. Ce chien a des capacités d’adaptation extraordinaires et il essayera toujours de faire le maximum pour faire plaisir à son maitre, si cela signifie obéir à d’autres personnes, il le fera sans problème mais dans sa tête, son but ultime sera de rendre tout ce qu’il est capable de rendre pour son maitre.
Sur une affiche à l’entrée du club canin que je fréquente, il est indiqué: » Beaucoup de chiens travaillent par plaisir, le berger allemand ne travaille que dans le but de plaire à son maître »
Réaction du Dr. Joel Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca), peut-on faire de la thérapie assistée par le chien avec un Berger Allemand ? :
Oui, pourquoi pas ? Et il serait temps qu’on en fasse avec des amstaffs, par exemple, pour changer l’image publique/médiatisée de la race. Quelles sont les conditions requises pour un chien d’animation / de soins ?
Est-ce une question de race ?
→ ‘Dans l’imposante littéraire sur les races de chiens, on ne trouve pas la moindre trace d’une comparaison véritablement scientifique des différences comportementales entre les races’, indique Alexandra Horowitz, p 57, Dans la peau d’un chien, Flammarion, 2009)
Josée Brunelle de la Corporation des zoothérapeutes témoigne également:
Pour moi le chien ou l’animal doit être choisi selon son caractère, ses capacités et ses limites plus que par la race en premier. Il doit être choisi selon le patient ou client et les objectifs à atteindre. L’évaluation de l’animal devrait plus nous guider que seulement la race. Pour moi c’est un peu comme se demander si un médecin chinois est meilleur qu’un médecin italien!
Tags: Alexandra Horowitz, amstaffs, berger allemand, Dans la peau d'un chien Flammarion, différences comportementales, Joel dehasse, race, vétérinaire comportementaliste, zoothérapie
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06/02/2010
Cette semaine nous nous interrogeons sur le type de chien partenaire en zoothérapie. Voici la réponse d’Emmanuelle Fournier Chouinard, Psychologue, intervenante/ enseignante en zoothérapie:
La réponse est fonction… du besoin! Tenter d’apporter une réponse adaptée au besoin des gens, ou mieux, tenter de faciliter le développement de la capacité de l’Autre à reconnaître et prendre soin de ses besoins! Voilà l’essence de la psychothérapie. Pour ce faire, le partenaire-chien est des plus aidants.
Mais de quels besoins parle-t-on? Celui de chacun des trois acteurs de la triade thérapeutique au coeur de la pratique en zoothérapie: le client, l’animal-partenaire et l’intervenant. Nébuleux!? J’illustre:
Madame Beaulieu est anxieuse + +. En relation, il s’avère qu’elle se laisse aisément envahir. En psychothérapie avec le chien, littéralement «marcher dessus» (ex., se fait sauter dessus, embarquer sur les genoux, gratter avec les griffes). Au quotidien, incapable d’être «gardienne de ses frontières», elle tolère, tolère et tolère encore jusqu’à ce que «boom», sans crier gare, elle craque…. Grr! M… J’vais t’en… Bip! Puis, elle se sent coupable, «méchante», «pas fine»… Image que les autres peuvent d’ailleurs lui renvoyer dans ces moments.
Ici, Madame Beaulieu a potentiellement besoin (entre autres choses) d’un espace sécuritaire, d’une zone de confort («la tanière ou le nid intérieur») où elle saura se sentir assez en sécurité pour baisser la garde et s’apaiser. Comment faire lorsqu’on est susceptible d’être à tout moment envahi? On peut apprendre à devenir «gardienne de ses frontières: savoir les protéger, savoir inviter l’Autre à y entrer, mais aussi savoir signifier à l’Autre dans sortir». Pour ce faire, le contexte sécurisé de la psychothérapie assistée par l’animal pourra lui permettre de développer, de manière expérientielle, de nouvelles compétences dans la relation à l’Autre.
Dans cette situation (que je simplifie pour les besoins de la cause)…
1/ La cliente a besoin d’un envahissement «gérable et sécuritaire» donc d’un envahisseur qui se prête au jeu, mais qui envahit bel et bien. Qu’on ne fasse pas juste en parler. Qu’on le vive dans toute la plénitude de l’expérience!
2/ La thérapeute a besoin d’un partenaire avec qui elle partage un lien de confiance et une bonne communication; un partenaire qui a la maturité affective et l’équilibre pour tolérer le contact avec une personne «malhabile relationnellement» et, ici, un partenaire énergique qui aime suffisamment les gens pour aller vers eux… Et les envahir s’ils n’ont pas de frontière!!!
3/ Le chien-partenaire, lui, a besoin de comprendre ce qui se passe (ce que l’on attend de lui), de se sentir en sécurité (à travers ex., autonomie propre et maturité, travail en liberté, confiance/ communication avec la thérapeute), d’avoir de l’espace physique mais surtout psychologique pour être ce qu’il est, pour être lui… Il a aussi besoin de trouver le tout assez intéressant et renforçant/valorisant pour garder sa motivation.
Dans l’exemple, contrairement à ce que l’on peut croire, le chien «rigidifié» par une éducation contrôlée dont le mode d’interaction avec les humains est dicté par toutes sortes de codes appris depuis le tout jeune âge, à la… «On s’assoit lorsque quelqu’un arrive.», «On attend la commande pour venir se faire flatter et recevoir le biscuit.», «On a à peine besoin d’un faible «couchhhh» murmuré pour s’aplatir aussitôt au sol comme une crêpe sans bouger.» (Je caricature pour faire image). Ce chien là donc ne sera pas le partenaire rêvé pour Madame Beaulieu et sa thérapeute, dans un contexte de psychothérapie où l’un des objectifs est de développer l’affirmation de soi («gardienne de ses frontières»)!!
Je lui préfèrerais sans hésiter le p’tit Dooky, envahissant… Un peu stressé, oui, mais capable de tolérer grâce à notre alliance une heure d’intervention et surtout (c’est important) d’y trouver son compte. Comment m’assurer de cela? De plusieurs façons… Mais une mesure efficace: le temps de réponse au tintement du harnais de travail (strictement utilisé pour «aller travailler en zoothérapie»). Si le chien se cache en le voyant poindre: Pas bon!! Si le chien se rue sur vous… Et vous saute dessus joyeusement: Bon signe!!.
Je souhaite, à travers ces quelques lignes avoir réussi à traduire l’idée suivante: Il n’y pas une bête, une race, un type, un format de chien-partenaire pour la zoothérapie. Il y a de la cohérence en fonction des besoins et objectifs, il y a du respect de l’idée selon laquelle chacun doit y trouver son compte –animal inclusivement– et il y a de la réflexion et du «gros bon sens».
Attention aux dictats et au «prêt-à-assister-bien-éduqué»!! La Complexité de la Nature animale (humaine et non-humaine) ne se laisse pas cadrer dans quelques leçons de socialisation et d’éducation. Non plus que la Force de cette même Nature ne se laisse museler et harnacher par quelques sessions de dressage. Fort heureusement! Seuls la curiosité et l’intérêt mutuel ainsi que l’engagement réel seront garant d’une Alliance humain-animal porteuse de bénéfices en zoothérapie!
Emmanuelle Fournier Chouinard
Psychologue, intervenante/ enseignante en zoothérapie
duloupberger@hotmail.com
(418) 815-4296
Pour en savoir plus:
Travail de maîtrise d’Émmanuelle: Effet d’une thérapie de type cognitivo-comportemental assistée par l’animal sur les interactions sociales de personnes ayant une déficience intellectuelle légère ou moyenne
Tags: Alliance humain-animal, besoins, Emmanuelle Fournier Chouinard, enseignante en zoothérapie, espace sécuritaire, gardienne de ses frontières, intervenante, psychologue, psychothérapie assistée par l'animal, triade thérapeutique, zone de confort, zoothérapie
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30/01/2010
La thérapie assistée par le chien (TAC) ouvre devant nous un champ béant forçant les débats qui risqueront d’être houleux. Pourquoi?
D’abord la TAC ou ses nombreuses et changeantes dénominations (thérapie assistée par le chien, zoothérapie, médiation animale… autant de mots qui ne sont pas des synonymes) réunit autour d’une même personne (parle-t-on de patient, de malade, de bénéficiaire, de client…?) différents intervenants lourdement encadrés par leurs univers disciplinaires respectifs.
Le médecin (thérapeute, spécialiste, dit-on médecine curative, médecine préventive…), l’intervenant en TAC avec son bagage professionnel (de la santé, du social, de l’enseignement spécialisé ou…), l’équipe médicale (infirmières, aides-soignantes….) parfois les autres (vétérinaires, scientifiques…) et le chien (provenant d’une famille d’accueil, d’un éleveur, de la maison, chien-mascotte, chien résident…). Le tout dans un environnement spécifique (hospitalier, CHSLD, ferme thérapeutique…).
Ce mixage hétéroclite et conjectural a pour objectif de déployer une technique ? une approche ? une intervention? une méthode? une thérapie?… dans une situation de souffrance humaine.
Pour des résultats sous tension : çà marche? Çà marche pas? Des résultats qui de toute manière sont jugés insuffisants par les tenants de la science forte qui fixent les règles de ceux qui veulent être reconnus. Ces derniers forcément s’engagent dans une course à la batterie de tests, de protocoles, de travaux expérimentaux… pour souvent récolter des anecdotes, çà veut dire dans le langage des tenants de la sicence forte l’extrême opposé de la généralisation des savoirs.
La TAC est l’idéal-type de l’incertitude dans un monde de tolérance zéro et de principes de précaution. Elle force un nécessaire recours à l’anthropomorphisme. Mais faut surtout pas l’avouer…. Elle est basée sur une certaine conception de la vie portée par chacun des partenaires en lice, subjectivité pas toujours reconnue et acceptée…. Elle induit que les rapports homme-chien sont assimilés à un système social total qui englobe l’ensemble des activités humaines, cette vue est carrément occultée. Comme sont effacés des regards les affects indissociables de cette approche, intervention, technique, thérapie…
La TAC bousculte les tenants de la pensée unique biomédicale pour le meilleur !
Tags: affects, aides-soignantes, anecdotes, anthropomorphisme, bénéficiaire, biomédicale, chien, chuq, client, éleveur, enseignement spécialisé, équipe médicale, éthologique, famille d’accueil, généralisation des savoirs, georges-henri-arenstein, idéal-type, Incertitude, infirmières, institutfrancaisdezootherapie, intervenants, malade, médecin, médecine curative, médecine préventive, médiation animale, patient, protocoles, santé, science forte, scientifiques, social, socioculturel, souffrance humaine, tests, Thérapie assistée par le chien, travaux expérimentaux, univers disciplinaires, vétérinaires, zoothérapie
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Jappons, Thérapie assistée par le chien | Aucun commentaire »
15/01/2010
Christophe, infirmier chef de service dans une unité de prise en charge de patients psychotiques chroniques, nous explique le cheminement de son établissement – un hôpital neuropsychiatrique à Namur en Belgique - pour développer un projet de zoothérapie.
Les patients dont nous avons la responsabilité pratiquent depuis plusieurs années l’hippothérapie dans un manège spécialisé et cette expérience mêlée aux activités ponctuelles durant lesquelles nos patients sont mis en présence de nos chiens personnels (randonnées, activités extérieures diverses…) nous confortent dans l’idée de à implanter sur le site et de
manière permanente, un atelier ou l’on pratiquerait l’animation et la thérapie assistée par l’animal. Je n’ai pas l’intention de vous dresser une liste exhaustive des bienfaits de ces rencontres mais nous avons observé dans tous les cas une nette amélioration des habiletés, des

Le rôle de médiateur et de catalyseur a été déterminant
symptômes résistants et des échanges relationnels en présence des chiens. En effet, il m’a toujours semblé que l’on passait à coté de l’essentiel avec lui : développer son immense capacité relationnelle. Mon chien m’a d’abord accompagné quelques fois au travail puis a participé à de nombreuses activités organisées avec les patients.
Et là, pas de doute possible, quelle gifle à l’immobilisme dont souffre la majorité de ces personnes !
Concentration durable, mise en veilleuse de la plupart des idées et de comportements délirants, manifestations émotionnelles, échanges des ressentis, capacités psychomotrices améliorées, mobilisation, marque d’intérêt, troubles cognitifs améliorés, apaisement, responsabilisation des acteurs de la relation…
Bref, ces activités se sont réellement transcendées de par la présence du chien. Son rôle de médiateur, de catalyseur a été déterminant. D’une activité thérapeutique à visée modeste, nous sommes passés à une activité ouvrant des perspectives de réflexion et de travail inespérées tant au niveau des sphères physiques que des sphères psychiques et émotionnelles.
Nous avons contacté plusieurs personnes pour créer un comité scientifique pluridisciplinaire afin de réunir une composante d’approches différentes sur le sujet. Ce comité regroupe des personnes spécialisées dans le domaine de l’animal (éducateur canin, vétérinaire comportementaliste, éthologue) et des professionnels de la santé mentale (éducateur spécialisé, psychologue, infirmier, médecin psychiatre).
Le projet est lancé. Nous réfléchissons à développer une réelle démarche scientifique pouvant le soutenir. Notre souhait est de poser un fonctionnement établi pour assurer le respect de l’animal tout autant que celui des patients et des intervenants qui interagiront dans ce cadre. La démarche classique (anamnèse, observation, objectif, action, évaluation) nous sert de base pour construire une approche de laquelle nous espérons pouvoir retirer des observations qui pourront être validés.
Nous pensions partir de deux modèles :
1/ Le premier partirait de l’observation des symptômes de la population cible (liste des symptômes positifs et négatifs de la psychose, pathologie cible dans notre cas)
2/ Le second partirait de l’observation des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson (L’individu malade ou en santé est un tout complet présentant 14 besoins fondamentaux et le rôle de l’infirmièr(e) consiste à l’aider et à reconquérir son autonomie le plus rapidement possible).
Le but étant d’objectiver les réponses améliorantes que l’on pourrait amener via la zoothérapie aux besoins déficitaires des patients ainsi qu’à leurs symptômes les plus présents. Ces deux points de départ découlant de modèles scientifiques établis, nous espérons que la démarche qui en sortira ainsi que les observations qui en résulteront pourront rencontrer une certaine forme de reconnaissance.
Merci Christophe de participer à Sandraetlechien.com et d’apporter votre pierre à cette belle construction anthropocanine
Tags: 14 besoins fondamentaux, apaisement, Belgique, capacités psychomotrices améliorées, comité scientifique pluridisciplinaire, comportements délirants, démarche scientifique, échanges des ressentis, éducateur canin, éducateur spécialisé, éthologue, infirmier, l’hippothérapie, manifestations émotionnelles, marque d’intérêt, médecin psychiatre, mobilisation, neuropsychiatrique à Namur, prise en charge de patients psychotiques, psychologue, responsabilisation des acteurs de la relation, troubles cognitifs améliorés, vétérinaire comportementaliste, Virginia Henderson, zoothérapie
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26/12/2009
Au début de ce mois-ci, http://sandraetlechien.com a écrit aux différentes instances et personnes clés de la zoothérapie au Québec pour leur demander jusqu’à quand faudra-t-il faire des recherches et former des gens avant que la zoothérapie passe les barrières de la reconnaissance du monde scientifique et médical et gestionnaire. L’idée faisait suite au post du 6 décembre ‘Une TAC pour me soigner’ mais plus spécifiquement, il était temps de faire un état des lieux de la situation dans la belle province. Est-il seulement possible de penser qu’un jour, on puisse se faire ‘prescrire une zoothérapie’ comme on se fait prescrire dans le bureau du médecin du repos et des pilules?
La Corporation des zoothérapeutes du Québec et Nathalie Saindon D.Sc., Zt., Psyt., Nt. ont répondu. Qu’en pensent les dizaines d’autres intervenants du milieu? N’éprouvent-ils pas le besoin de partager et de promouvoir la zoothérapie, un domaine de recherche et d’expertise qui leur tient à cœur?
Tags: Nathalie Saindon, zoothérapie
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