Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘zoothérapeute’

Élodie, future infirmière, cherche des preuves

07/05/2010

Je m’appelle Elodie, j’ai 21 ans. Je suis étudiante infirmière en 3ème année à Erasme.
Je réalise mon mémoire sur la médiation par l’animal, à savoir le chien et le cheval! J’ai suivi 2 associations composées de bénévoles accompagnés de chiens qui se rendaient dans les hôpitaux dans le service de pédiatrie à Liège (au CHR), et au centre neurologique William Lennox à Ottignies (qui organise des séances d’hippothérapie) pour rendre le quotidien des enfants malades un peu moins lourd…
En quoi pensez vous que cela est important pour la personne soignée ? Les formations qui sont organisées en Belgique sont-elles reconnues au niveau légal ? Un titre de zoothérapeute nous est-il délivré ? Et sont-elles obligatoires pour exercer des AAA ? En tant que future infirmière, je dois expliciter au maximum dans mon travail de fin d’études la pertinence du choix de ce sujet … Mais malheureusement, je reste un peu coincée du fait que je n’ai pu qu’observer les activités pendant mon stage…
Quel est le rôle propre de l’infirmier(e) dans ce type d’activité ? Quelle est la pertinence de ce sujet en tant qu’infirmière ? Car malgré ma motivation pour expliquer en quoi cela relève de notre rôle d’infirmier, mes professeurs me trouvent trop brève sur la justification …

Les questions soulevées par Élodie – merci de poser ta pierre aux réflexions transatlantiques de sandraetlechien.com, Élodie et de participer à notre chaine d’union– font écho à la situation de la thérapie assistée par l’animal au Québec et au Canada (voir entre autre  http://bit.ly/cQ08wU).
Les recherches des dernières décennies réalisées par le corpus infirmier axent sur l’empreinte du soin (http://bit.ly/9xTtC3) et ce qui caractérise ces études c’est qu’elles s’articulent essentiellement autour des pôles « décrire » et « signes ». On parle de comptes-rZoothérapie à Bois-Jolyendus de programmes d’utilisation thérapeutique de l’animal dans des hôpitaux, maisons de retraite, institutions de soins diverses. Ils décrivent uniquement les bénéfices apportés par la présence des animaux, en se questionnant peu sur les mécanismes qui ont produit ces bénéfices. Typiquement, ces articles sont écrits par des infirmières ou des travailleurs sociaux : des personnes ayant un rapport direct et quotidien avec l’univers du soin et/ou de la prise en charge de populations en difficulté.
En tant que professionnels de la relation de soin, les infirmiers/infirmières bataillent souvent pour faire accepter les programmes de TAC qui sont plus souvent qu’autrement des activités thérapeutiques adjonctives, axées sur le relationnel. De plus, ce sont les infirmières qui ont les premières – dans l’histoire moderne – à avoir mis en place des initiatives de soin incluant les animaux.
Et c’est là que tu pourrais probablement trouver des justificatifs intéressants à adresser à tes professeurs : le lien entre l’humain et l’animal est crucial. Ce n’est pas l’animal tout seul qui fait sens mais le lien anthropocanin et c’est sur ce point précis que toutes tes études d’infirmière prennent sens : axées sur le ‘care’ qui ‘cure’.

Élodie, le prochain post de sandraetlechien.com insistera sur l’animal signifiant dans une situation thérapeutique, ça veut dire ces êtres qui « font sens » les uns pour les autres.

Pour en savoir plus :
 Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier, Points de vue sur la recherche autour des Interactions avec l’Animal à but Thérapeutique et/ou Educatif. Note de synthèse. A. Micoud and F. Charvolin, Editors. 2008, Modys (UMR 5264 – CNRS) / Fondation Adrienne & Pierre Sommer

Les Sisyphe modernes

27/03/2010

Il semblerait que quand le médecin a un certain intérêt vis-à-vis de l’animal, un programme de thérapie assistée par le chien peut s’implanter dans une institution au Québec. Ça veut dire que si le thérapeute ‘croit’ aux bienfaits de la présence d’un chien dans son environnement, alors les expériences, les recherches et surtout toute la paperasse administrative trouvent à se simplifier d’elles mêmes.  Josée Brunelle, présidente de la Corporation des zoothérapeutes du Québec nous le dit : « il faut trouver la ou le professionnel de la santé – ergothérapeute … –  qui croit qu’on peut l’aider, qu’on peut intégrer un animal dans une intervention et parvenir aux mêmes résultats que le professionnel en prenant un chemin différent ».
De la même façon, José Sarica, Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.d croit quant à lui qu’un médecin humaniste peut ‘prescrire’ une séance de zoothérapie… à condition de le rencontrer… car pour José, un « médecin humaniste c’est un médecin qui a une vision d’aider les gens à partir de son vécu (congruence) et de son empathie: un peu comme Jean Désy, médecin et professeur à l’Université de Médecine de Laval à Québec. Il a une approche holistique du patient et voit la personne avant tout comme un humain et non comme une problématique à soigner. Il appelle cela des médecins avec de la résilience».
De  ces deux témoignages, on peut faire l’hypothèse que si ces médecins ont une sainte horreur des bêtes, aucun projet ne peut voir le jour, se pérenniser et encore moins enregistrer des résultats. Il est malheureux de devoir encore faire appel à la foi pour faire avancer les dossiers de TAC. Autant brûler des chandelles sur l’autel de la rationalité scientifique et prier tous les saints de la terre pour qu’ils exaucent les vœux anthropocanins…. Les intervenants de TAC sont nos Sisyphe modernes condamnés à présenter éternellement  des documents présentant en termes de coûts / bénéfices le meilleur ratio des argumentaires scientifique – financier. Belle et vertueuse persévérance, mais ce perpéttuel recommandement a un je-ne-sais-quoi d’essoufflant et de stérile.

La zoothérapie au Canada en un clin d’œil

02/03/2010

En 2008, Sarah M. Schlote a mené une vaste enquête d’un océan à l’autre afin d’avoir un portrait de la situation de la zoothérapie au Canada. Pour son sondage, Sarah a spécifiquement interrogé 131 professionnel(le)s en relation d’aide, santé mentale, éducation et services sociaux (par ex : conseillers, psychothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, coach de vie, guérisseurs, etc.) travaillant avec un partenaire animal dans le cadre d’interventions thérapeutiques visant la croissance personnelle. L’étude ne visait pas la zoothérapie telle que pratiquée dans d’autres domaines professionnels, ni les activités assistées par l’animal ou l’équitation thérapeutique.
Voici les points saillants.
• 91% des personnes interrogées ont – de 10 ans d’expérience en zoothérapie.
• 66% ont entre 0-5 ans d’expérience.
•  64% avaient une éducation universitaire
• 69% avaient des études en relations d’aide (voulant dire, 30% avaient des études ou des professions non pertinents,telles l’ingénierie, le journalisme, l’hôtellerie…  N’importe qui peut s’improviser zoothérapeute…)
• Il n’y a pas ou peu de communication ou de collaboration entre les programmes de formation/certification
• Il n’y a pas de norme standardisée au niveau des pré-requis académiques pour suivre une formation en zoothérapie
• Personne ne s’entend sur la terminologie à se donner : il y a plus de 60 termes différents en anglais et plus de 30 en français pour dire zoothérapie…
…..Et on continue à en inventer d’autres…
•  Il y a un manque de consensus au niveau des définitions. Par ex. : On n’est pas d’accord sur les différences entre : zoothérapeute et intervenant en zoothérapie, ni sur la distinction entre la thérapie/le coaching/l’apprentissage assisté par le cheval…

L’objectif de l’étude était de mieux comprendre les enjeux actuels afin d’inspirer des solutions. Pour faire évoluer le domaine, deux avenues sont non seulement souhaitées mais souhaitables :
1/ l’établissement de normes (61%)
2/ La création d’une association professionnelle nationale indépendante (65%).

Témoignage de José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d.

22/02/2010

Il revient de l’Antarctique où il est resté un mois à donner des conférences sur les mammifères marins et sur la zoothérapie. Cette aventure incroyable est à l’image du parcours de José Sarica Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.d.
José, Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.dRencontre.

- Après une maîtrise et un doctorat en écotoxicologie en milieu aquatique tu te recycles dans des études de zoothérapie?

En fait, depuis l’âge de six ans, je voulais travailler avec les enfants souffrant et les dauphins. A cela on me répondait, qu’Il fallait avoir un doctorat. A 20 ans, je suis parti de mon pays, la France, faire ma maîtrise à l’Université Laval sur les bélugas du Saint-Laurent. Ensuite, je me suis questionné: si j’aimais autant ces animaux, qu’est-ce qui serait le mieux pour eux ? La qualitéLa delphinothérapie est une approche qui est de mieux en mieux documentée de l’eau m’a semblé être prépondérante. J’ai donc fait une 2e maîtrise en écotoxicologie aquatique ainsi qu’un doctorat. J’étais loin de mon rêve car je me retrouvais à préparer des cours, c’est à ce moment, en décembre 2008, que j’ai entendu parlé d’une formation en zoothérapie: je me suis inscrit et depuis juin 2009, je réalise mon rêve d’enfant (stage auprès de dauphins en Israël en juin 2009 et cet été à Key-Largo).

- Peux-tu rapidement expliquer à nos lecteurs-internautes tes études de zoothérapie?

J’ai suivi deux ans de formation, autant en psychologie humaine et sur les comportements des animaux (pour avoir un diplôme de zoothérapeute) avec lesquels nous travaillions: chien, chat, cheval, perroquet (et dans mon cas les dauphins) avec des patients, enfants comme adultes, qui aspiraient à gérer leur souffrance physique et/ou mentale. Une séance fonctionne au départ sur l’évaluation des besoins de la personne et la chimie qui se crée entre le patient et mon chien (bichon maltais toy de deux ans) puis avec moi. Le but est de créer un lien de confiance et d’amour car sans cela il n’y a aucune aide. Le patient parle à mon chien car celui-ci ne juge pas et ainsi, au fil des séances au cours desquelles je fais un rapport (code de déontologie), je planifie des stratégies d’intervention avec Chico pour atteindre l’objectif final que ce soi, augmenter l’estime de soi, rendre indépendant, les deuils,  les maladies chroniques, l’Alzheimer, dénouer ses propres noeuds en utilisant l’approche humaniste. Je respecte le rythme de mes patients et de mon chien.

- Tu pratiques à la Coopérative Espace-Temps comme zoothérapeute? Est-ce un titre pour toi?

Oui. Je suis membre producteur (nous sommes 4 au total dont deux zoothérapeutes) de cet organisme à but non lucratif, permettant de faire des projets financés par le gouvernement fédéral pour les familles qui ne peuvent pas se payer des séanceset qui me permet de recevoir des appels de clients. Je ne travaille pas directement à la Clinique mais sur l’île de Montréal pour rencontrer les gens chez eux (je me déplace) pour qu’ils aient à la fin des séances leur lieu d’ancrage.

- Comment çà marche la zoothérapie, qu’est-ce qui est soignant dans cette approche? Technique?

En fait, imagine un triangle où le patient est à la base gauche, mon chien à la base droite et moi en haut du triangle. On appelle celà la synergie triangulaire. Tu écoutes sensiblement la personne qui parle à ton chien et par les comportements du chien (qu’on appelle les signaux calmants) que tu perçois tu utilises les techniques d’intervention telles, la reformulation, la vérification, le partage du vécu le tout avec une grande empathie. Tu dois Avec mon chien, Chico, je suis devenu zoothérapeutetoujours planifier un plan A et un plan B avant la séance car il est possible que ta première technique ne fonctionne pas (chien non réceptif, personne non disponible). Il faut toujours terminer sur une note positive (ex; le client demande à mon chien de se coucher, il se couche, il lui donne une gâterie et la personne a toujours le sourire). ll n’y a pas d’aide efficace ni durable sans amour !

- Te sens-tu suffisamment armé pour ‘aborder’ la clientèle autiste?

Bien humblement, oui. L’autisme est un monde.  J’ai eu une formation intense sur l’autisme et j’ai travaillé avec plusieurs enfants autistes de 4 à 16 ans et le but de chaque  intervention est de les rammener dans l’ici et maintenant, apprendre à communiquer par des pictogrammes et établir un lien de confiance. Je t’avoue que je suis toujours ému quand je vois l’ouverture de l’enfant une fois qu’il a sympathisé avec Chico.

José, Ph.D en biologie, zoothérapeute, n.d. est le premier zoothérapeute à avoir été accepté comme membre de l’Académie des Naturopathes et Naturopathies du Québec (ANN) donc, il peut émettre des reçus d’assurance.

Merci José de participer à Sandraetlechien.com

 


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