Trouver les dispositifs pour entendre les réponses
11/03/2013
Nous avons demandé aux gens de penser avec nous. Nous leur avons demandé de nous aider à construire un problème et non pas de révéler des situations ou de donner des informations
p. 89 Despret, Vinciane et Jocelyne Porcher
Ce qui nuit aux recherches en thérapie assistée par l’animal, c’est que, à quelques rares exceptions près, les études en question sont majoritairement des études de cas. Or, bien que ce type d’études soit important pour ouvrir des voies de recherches et identifier des phénomènes nouveaux, elles sont, sur l’échelle des critères de validité scientifique, à ranger sur l’échelon le plus bas. En d’autres termes, ce type d’étude ne démontre absolument rien (ref)
Ainsi, on a recours aux animaux dans les espaces de santé, mais « When positive effects are reported, weaknesses in the methodologies used to obtain them raise doubts concerning their validity. Additionally, some of the more promising clinical observations that recur consistently throughout the AAI literature— e.g., the ability of animals to expedite the rapport-building process, enhance engagement, and facilitate retention in treatment—have not been investigated empirically » . Kruger. K, Trachtenberg. S et Serpell. J. Can animal help human heal ?
Pourquoi la science devrait-elle être une machine à reproduire des lois générales? ‘Ce serait plutôt le propre de certaines sciences, les sciences du non-vivant. Dès qu’on étudie des êtres, on est confronté à leurs particularités…. ’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’. Cette particularité qui fait que « L’animal ouvre devant moi une profondeur qui m’attire et qui m’est familière. Cette profondeur, en un sens, je la connais : c’est la mienne. Elle est aussi ce qui m’est le plus lointainement dérobé, ce qui mérite ce nom de profondeur qui veut dire avec précision ce qui m’échappe (…) », Georges Bataille, dans Théorie de la religion. Avec un animal particulier, unique, le recours à des recherches quantitatives, le recours aux statistiques, aux études épidémiologiques de grande envergure, aux essais cliniques avec répartition aléatoire ne tient pas. L’unicité de tel animal dans telle relation ne peut convenir aux canons des ‘evidence based medecine’, car la société anthropocanine est rejetée stricto sensu.
Fondamentalement le lien immémorial avec l’animal – le chien en l’occurrence – n’est pas considéré comme thérapeutique par le corps médical, car « la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes», dixit Dominique Guillo. Or, si on s’adressait aux principaux intéressés en leur soumettant des questions là où ils sont experts compétents (le patient, le médecin, l’équipe soignante, l’éthologue, le chien), en leur demandant à la fois de juger de la pertinence des recherches et d’aider à en trouver les accès les plus praticables (voir Vinciane Despret et Jocelyne Porcher) peut-être alors que l’hypothèse (la TAA a un effet sur le patient) pourra être ou non vérifiée. ‘ Ce qui est intéressant dans les expériences en éthologie, ce ne sont pas les généralisations sur les objets mais les généralisations sur les dispositifs’, dit Vinciane Despret dans ‘Animal et humain, d’individu à individu’.
Les questions méthodologiques prendraient un autre sens. À nous par conséquent de trouver les dispositifs qui permettent d’entendre les réponses.



aux élevés pour leur fourrure, animaleries de laboratoire etc.) estimant que ces études rendent compte des comportements spécifiques. Aussi en conclut-on que l’animal a manifesté ‘sa préférence’, explique Florence Burgat, dans Liberté et inquiétude de la vie animale (p. 235-236).
Le non-partage des émotions installe dans l’âme du patient blessé une zone silencieuse qui parle sans cesse, un bas-parleur en quelque sorte, qui murmure au fond de soi un récit inavouable. Il est difficile de se taire mais il est possible de ne pas dire
‘Il a été démontré que la zoothérapie joue un rôle bénéfique dans les dimensions physiques (repos, alimentation, exercices), sociales (socialisation, rapprochement de l’anxiété, verbalisation des craintes et des inquiétudes) ainsi que dans les capacités d’adaptation (acceptation de l’hospitalisation, capacité de surmonter certaines difficultés, réceptivité au traitement, autonomie, motivation) et l’estime de soi (sentiment de fierté, d’accomplissement, d’utilité et de confiance en soi),
La manière dont nous définissons nos rapports aux animaux, quand ces rapports se teintent d’affectivité nous tendons souvent à les inscrire dans les schèmes qui nous sont familiers, ceux de relations entre enfants et adultes. Nous n’avons pas élaboré dans notre culture un rapport spécifique et original à l’altérité, elle est généralement envisagée quand ce rapport est positivement connoté comme celui qui unit des parents à leurs enfants. En témoignent de nombreux propriétaires de chien tentant de situer leur compagnon dans les deux schèmes à notre disposition, l’enfant et l’ami, et percevant plus ou moins confusément l’inadéquation de chacun de ces schèmes à la relation telle qu’elle se développe.
Est-ce à dire que nous inventons ces animaux? Oui d’une certaine manière, non d’une autre. Tout dépend de ce que nous comprenons sous le terme d’invention, quand il s’agit des pratiques des sciences.
Certains dispositifs behavioristes – ceux qui font du
L’animal est devenu, dans les cultures occidentales et plus particulièrement à l’Âge classique le lieu de ‘projections’ au sens psychanalytique du terme (voir M. Foucault.
quoique l’on fasse et qu’on lui fasse subir. Perdre une forme d’amour inconditionnel. Ce qui mettait de la joie dans son foyer. Ce qui parfois devenait une raison de vivre. Ce qui nous a éveillé au sens de la responsabilité. Perdre notre animal de compagnie, c’est bien souvent perdre une partie de notre cœur ‘, dit 