Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘ville de Longueuil’

Un règlement municipal nul et non avenu

14/05/2012

chiens dangereux, règlement, longueuil, contrôle des chiens, morsures, agression, vétéraine, attaque, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, anima urbainLe moins qu’on puisse dire c’est que l’article 58.1 du nouveau règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil manque de mordant et est parfaitement inadapté, ignorant et bête.

Un chien n’est pas une machine. Tout le monde est d’accord sur le fait que c’est un être vivant qui a des besoins vitaux et qui est capable de communiquer. Il est même établi que, comme tout mammifère, il est capable d’émotions. Alors pourquoi voudrait-on que le chien fonctionne comme une voiture ? Peut-être que le fait d’acheter un chien en fait un bien de consommation!
Il est parfois difficile de déterminer si un chien peut être dangereux avant qu’il morde ou attaque une personne ou un animal. Longueuil devrait envisager l’adoption de règlements visant à diminuer les possibilités que de telles situations surviennent plutôt qu’opter pour un tout répressif inadéquat.

Jean Lessard l’indique : ‘ Chiens qui mordent = chiens dangereux, non ! C’est vraiment trop généralisé comme équation’. Selon, l’éducateur canin comportementaliste, ‘La dangerosité d’un animal se calcule selon une série de facteurs, tels que le poids de l’animal; la catégorie de personnes à risque; si l’agression est défensive ou offensive; si l’agression est prévisible ou imprévisible; s’il y a eu contrôle de la morsure; et si la morsure est simple ou multiple….’.

Dans cet article, la place et le rôle du vétérinaire sont à questionner. Les études vétérinaires durent 5 ans. Selon la faculté de médecine vétérinaire, moins d’une trentaine d’heures sont réservées à l’étude du comportement animal. Tel qu’indiqué dans la description du programme de médecine vétérinaire : ‘De plus, les activités du médecin vétérinaire ne se limitent pas à l’exercice de la profession en cabinet privé, qui absorbe à peine la moitié des diplômés. En effet, la santé publique, la salubrité et l’inspection des viandes, le contrôle des maladies transmissibles à l’homme, les laboratoires de diagnostics et de recherche et l’enseignement sont autant de sphères d’activités qui intéressent le médecin vétérinaire’. Pas d’études du comportement animal. Il y a bien un Groupe de recherche sur les animaux de compagnie (GRAC) dans lequel le comportement animal est un des thèmes de recherche aux côtés de ‘L’analgésie et l’anesthésie,  La cardiologie,  La dentisterie….’. On parle d’un groupe de recherche parmi de nombreux autres…. Pas obligatoire.

Par conséquent, quel médecin vétérinaire va faire cette évaluation? Dans quelle condition? Plusieurs jours après l’événement? Dans un autre environnement ? Lors d’un accident de voiture, il y a autant d’histoires que de témoins, l’on pourra s’attendre dans le cas d’une morsure à une multitude d’histoires dont il faudra tirer le bon grain de l’ivraie. Qui va juger la précision des informations venant des propriétaires ? Qui, rappelle, Jean Lessard, va poser cette évaluation? La compétence de l’évaluateur est le pivot de cette règlementation.

Avant d’étiqueter un chien qui a mordu comme un chien dangereux avec toute l’exclusion que cela peut engendrer dans notre société, avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. D’autant plus que :

‘ Les agressions instrumentalisées, conditionnées ou apprises peuvent être contre-conditionnées. Les agressions compétitives peuvent être redirigées. Celles de défense peuvent être désensibilisées. Les plus fréquentes sont les agressions de défense (ou bien par peur). Les agressions par peur viennent presque toujours avec le syndrome de privation (un manque en socialisation). Les agressions compétitives viennent d’un excès de tolérance et de problèmes de communication. La confusion dans la communication peut venir de l’utilisation mauvaise du modèle de la hiérarchie… Confronter un chien agressif l’amène à être plus agressif…’ conclut Jean Lessard.

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

Pour aller plus loin
Pourquoi les pit-bulls ?
Une phénomène de société qui a du mordant

Longueuil choisit d’exclure les citoyens propriétaires de chiens

18/04/2012
  • Alors que nous arrivions armer de notre désir de voir la collectivité entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS les usagers, la Ville de Longueuil a décidé – unilatéralement – d’exclure.
  • Alors que nos propos visaient à faciliter le partage et le respect, la Ville de Longueuil a décidé de s’aliéner la moitié de sa population.
  • Alors que nous avions placé maintes requêtes auprès de la Ville de Longueuil pour bâtir ensemble une concertation, les élus et administrateurs semblent avoir été plus sensibles aux cris de certains électeurs et ont pris une décision qui n’est résolument pas basée sur des données rationnelles, sur des faits, sur des rapports, sur des mémoires mais sur une décision émotive guidée par la peur et l’ignorance.
  • Alors que nous venions déposer des documents pour ensemble conjuguer nos idées, que nous pensions sincèrement qu’il y aurait place pour faire ensemble, la Ville de Longueuil a décrété : « Les aboiements des chiens stressent les cerfs de Virginie dans le Parc Michel Chartrand, ce qui déclenche chez eux des réactions imprévisibles. Pour assurer la sécurité des citoyens, nous pensons raisonnables de limiter l’accès au parc », par conséquent a mis fin sans aucun égard à notre démarche citoyenne qui s’est de fait trouvée bafouée brutalement.
  • Alors que le nouveau Règlement a été adopté il y a seulement 6 mois, qu’il n’a pas eu le temps de vivre et de se faire approuver dans les meilleures conditions (aucune signalétique, aucune campagne de sensibilisation, aucune instance assermentée informée), la Ville de Longueuil n’a pas considéré l’entièreté des usages de l’espace public en favorisant une partie de sa population.

Dans cette vision antagoniste dont la Ville de Longueuil est porteuse, personne ne trouvera sa place.
La question du Vivant en ville est et restera cruciale d’abord parce que le nombre d’animaux de compagnie ne cesse d’augmenter et puis parce que les végétaux et les animaux qu’ils soient domestiques ou sauvages sont d’ors et déjà présents dans notre ville, c’est un vrai sujet politique.

Hier soir, la Ville de Longueuil a choisi de bannir mais en politique on le sait ce n’est généralement pas la meilleure avenue!

derrière chaque chien,table de concertation, chiens dangeureux, ville de longueuil, administration St-Hiliare, pit bulls, Brossard, chiens, citoyens, cohabitation, vivre en ville, municipalité

Voici le texte que sandraetlechien.com a lu hier soir:

Nous – propriétaires de chiens –  tenons à vous remercier d’avoir entendu nos besoins de bien-être physique et psychique et de ceux de nos compagnons en abrogeant l’ancien règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux et en dotant la ville de Longueuil des Services Animaliers de la Rive-Sud. Un bon pas a été effectué, qui nous démontre que conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville, c’est possible.
Nous n’avons pas pris le temps de venir vous le dire publiquement et veuillez nous en excuser. Le fait de concevoir un programme global d’insertion de l’animal en ville est un acte politique. Ce sont des choix d’équipements, d’organisation de l’espace public mais aussi d’adhésion forte au constat que le ‘vivant en ville’ est un facteur positif pour votre collectivité.
D’un tout prohibitif nous passons à un presque-tout agréable. Car il y a un ‘mais’, dont vous avez déjà dû débattre. Voici trois points que nous soumettons à votre conseil.

  1. Tout d’abord, il faut accompagner ce changement d’une campagne de communication et de sensibilisation pour expliquer aux gens qui n’ont pas d’animal de compagnie ce qu’est votre nouveau règlement. Il est également crucial de revoir toute la signalétique et de retirer les panneaux arborant l’interdiction des chiens un peu partout en ville et de relocaliser les-dits panneaux dans les endroits interdits aux chiens. De plus, avec l’hiver se produit une dramatique disparition : les poubelles sont toutes retirées, il est inutile de vous dire que ce n’est pas propice aux actes citoyens des propriétaires de chiens et de leurs sacs à crottes.
  2. Ensuite, concernant la problématique dans le parc Michel Chartrand, il faut spécifiquement indiquer quel est le règlement en vigueur et quelle est la zone qui peut être fréquentée quitte à apposer des panneaux indicateurs. Il faut prendre en compte l’usage de l’espace public surtout quand il existe, comme dans notre cas actuel, un conflit. Dans ce genre de situation, le rapport de force devient la règle et les appels que j’ai placés auprès des Amis du parc Michel Chartand pour discuter et bâtir ensemble une concertation ont été inutiles. Pour exemple, la cohabitation entre cyclistes et voitures est délicate en l’absence de bande ou de piste cyclable, il en est de même dans notre cas, il faut prendre en compte la diversité des usages de ce parc. A date rien n’a été prévu comme délimitation de l’espace de liberté pour les chiens en laisse aussi certains propriétaires de chiens ont inévitablement transgressé un règlement qui 1/ n’est affiché nulle part, 2/ne prend pas en compte les besoins de ce groupe particulier, 3/ n’est communiqué à aucune instance décisionnelle (police,…) et 4/ n’est absolument mis en application par des agents de surveillance. Avant d’entreprendre tous changements, peut-on envisager une période d’ajustement afin de faire vivre le présent règlement et, surtout, de procéder à une collecte de faits pour dresser un portrait de la situation réelle des chiens en laisse dans ce parc?
  3. Brossard envisage l’interdiction des chiens dit ‘dangereux’ à plusieurs reprises ici je vous ai demandé de tenir une table de concertation sur le Vivant en ville.Il nous faut tenir une réflexion sur ‘les races dites dangereuses’, car avant d’interdire, il faut comprendre pour prévenir. (pour aller plus loin: Pourquoi les pit bulls de Jean Lessard)

Avec qui voulons-nous vivre et comment? Paradoxalement, pour humaniser le monde que nous souhaitons habiter, il nous faut apprendre à vivre avec et à accueillir des non-humains.

À quand une table de concertation sur la question de la place qu’on veut, comme société longueuilloise, accorder aux animaux?

Il faut en effet faciliter la présence de l’animal en ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans le service que vous rendez à vos citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie

Rappel:

Nous sommes une société violente et hostile à ce qui est différent
Le nouveau Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux de Longueuil

Le nouveau Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux de Longueuil

26/08/2011

Suite aux présences répétées de sandraetlechien.com au Conseil de ville, Longueuil a entrepris ces derniers mois de revoir les différents aspects de la question du contrôle des animaux, notamment à ce qui a trait au contrat de fourrière animale ainsi qu’à l’implantation de nouveaux parcs canins sur le territoire. Mardi soir, le Conseil de la ville adoptait un nouveau règlement sur le contrôle des animaux. Rappelez-vous, sandraetlechien.com avait posé ses questions sur fond de réflexions suivantes:

- quelle politique animale pour Longueuil

- Pour une réflexion urbaine sur la présence de l’animal dans la ville de Longueuil

- Longueuil méprise ses écosystèmes… canins

- Repenser la politique municipale de l’animal

- L’Arrondissement de Greenfield Park n’aime pas les chiens

Il faut en effet faciliter la présence de l’animal dans la ville, permettre une cohabitation harmonieuse avec les autres usagers et accroître la responsabilité des maîtres, aussi la ville de Longueuil doit développer des initiatives originales pour intégrer les animaux de compagnie dans les services qu’elle rend à ses citoyens et ainsi développer une véritable approche citoyenne de l’animal de compagnie.

Le précédent Règlement Co-2008-523 sur le contrôle des animaux canalisait « l’animal de compagnie : animal qui vit habituellement auprès de l’homme pour l’aider ou le distraire, et dont l’espèce est, depuis longtemps, apprivoisée » – selon la définition de la ville de Longueuil -  dans des espaces très restreints et spécifiques et il lui était interdit de marcher sur la quasi-totalité du territoire Longueuillois. L’absence ne serait-ce d’attention envers les chiens rend la ville inhumaine.
Et restreignait considérablement ma liberté de circulation.

Le nouveau Règlement CO-2011-683 a été adopté car l’on restreignait auparavant la présence de chiens dans les parcs et les espaces verts de la ville. Il est apparu qu’il serait opportun de permettre la présence de chiens en laisse sous le contrôle de leur propriétaire dans différents espaces verts de la Ville à l’exception des aires de jeux, modules de jeux, pistes cyclables, terrains sportifs, patinoires et pente à glisser ainsi que dans les aires de conservation. La présence de chiens en laisse dans ces espaces ne semble pas plus complexe ou problématique que sur une rue achalandée parmi les piétons.
La présence des chiens dans les espaces verts est désormais acceptée 38.1: le fait que le chien se trouve aux endroits suivants constitue une nuisance: dans l’aire de conservation du parc Michel-Chartrand, du parc de la Cité et du Boisé du Tremblay ailleurs que dans les sentiers qui y sont aménagés

Une ville durable est une ville qui accueille le social, le végétal et l’animal…

La cruauté de l’un est la cruauté de l’autre

17/01/2011

De l’explosion des recherches en éthologie, en éthologie cognitive, parfois relayées en anthropologie, plus souvent en sociologie, les découvertes des différents génomes animaux et leur peu de différences structurales avec celui de l’humain, il en ressort ces dernières années qu’il faut repenser la place de l’animal : de faire-valoir, faire-voir, garde-manger, aide de camp … à un être qui a aidé à construire notre propre condition humaine. ‘Qu’on le réifie pour se débarrasser du souci qu’il nous cause ou qu’on l’humanise pour le doter de droits, dans les deux cas on passe étrangement à côté de lui, on nie sa réalité et tout aussi gravement on nie la nôtre’. Éditorial de Joseph Macé-Scaron.

Le problème c’est qu’on construit l’animal à partir de l’humain, dans le sens l’humain est en haut l’animal au mieux est à côté, or l’un et l’autre sont au même niveau dans un ensemble plus vaste qu’on appelle Nature ou vie ou biodiversité ou… le mot qui vous convient. Évidence vous me direz, non, ça serait si beau si cela était une évidence entrée dans les moeurs, ainsi on ne pourrait plus lire des témoignages tels que :

Sans les animaux, le monde ne serait pas humainQuand j’ai fait mes études de médecine, on nous apprenait que l’animal ne souffrait pas et on nous faisait faire des opérations sans anesthésie. L’animal criait et lorsqu’on s’élevait contre ça on nous répondait qu’il s’agissait d’un réflexe.
p 115 entretien avec Boris Cyrulnik- Matignon, Karine-Lou. Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Espaces Libres. Albin Michel

 

Ou des règlements municipaux tels que CO-2008-523 sur ‘Le contrôle des animaux’ de la ville de Longueuil.

Article 37. Le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure ou tout autre endroit du même genre constitue une nuisance.

Il est à se questionner sur cet ‘animal qui vit habituellement auprès de l’homme pour l’aider ou le distraire, et dont l’espèce est, depuis longtemps apprivoisée’ (Cf. Règlement CO-2008-523), sur la capacité de cruauté humaine envers des ‘frères’, cruauté pris dans le sens de non-respect des besoins fondamentaux de l’animal et cette impassibilité à la souffrance Autre, il est à se demander si cette cruauté n’est pas en fin de compte précurseur d’une violence nettement plus sourde : celle du quotidien entre humain?

Je suis convaincue que la cruauté envers les animaux (vous savez la litanie des petites horreurs quotidiennes : le collier étrangleur, l’ignorance des signes extérieurs de communication qui brime l’animal dans son expression…) et l’impassibilité envers les souffrances d’autrui (l’exclusion des ‘étranges’, l’indifférence crasse qui brille à tous les niveaux des relations….) se reflètent l’une l’autre comme les deux faces d’une même médaille.

Repenser la politique municipale de l’animal

24/09/2009

Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. La manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville.
L’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal.  Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.
Le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer, mais cela ne va pas toujours naturellement de soi et n’est pas reflété dans les textes administratifs. Ainsi, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil indique : « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ».
Où peut-il être alors?
Forcer les propriétaires de chiens à tenir leur bête en laisse sur ses trottoirs et dans ses parcs ne répond pas aux besoins du chien et de son  maître. En effet, un chien a besoin de courir. Le monde canin et l’Académie de médecine vétérinaire du Québec s’accordent pour dire que les chiens doivent être bien dans leur tête et bien dans leurs pattes pour pouvoir cohabiter harmonieusement et pour assumer leurs nouveaux rôles. Ils doivent courir et socialiser. Leurs maitres doivent les sortir et socialiser. AnimaQuébec indique que chaque jour les chiens doivent faire des exercices adaptés à leur état physiologique et doivent pouvoir faire au  moins 30 minutes d’exercices en dehors de leur enclos. Pour voir le règlement de la ville de Longueuil suivi par au moins la vaste majorité des propriétaires de chiens, elle doit leur offrir un terrain d’exercice à proximité de leur domicile. Sinon, la plupart des propriétaires prendront le risque de laisser leur chien en liberté dans un parc, où il peut s’ébattre à son gré. Ainsi, le règlement de la ville de Longueuil expose les propriétaires de chiens aux amendes.
Actuellement, la Ville de Longueuil formée des arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil et qui compte 389 938 habitants met à la disposition des citoyens trois  aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire.  Et, à condition que le chien soit gardé en laisse, sont également accessibles le jardin du métro, l’espace de verdure en front du chemin Du Tremblay et le Parc de la Cité. Or ces espaces sont non accessibles à 80 691 résidents extérieurs aux villes de Longueuil et Saint-Hubert.
C’est pourquoi il est important de faciliter la relation au vivant, c’est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu  urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public» [1]. 


[1] La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008


Suivez-moi sur Twitter Suivez-moi sur Facebook Recevez nos billets chaque semaine par courriel