Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘vétérinaire comportementaliste’

Un berger allemand partenaire de zoothérapie ? Suite 2

08/02/2010

Nous nous questionnons cette semaine sur le type de chien partenaire de zoothérapie. Dans son projet de TACChristophe pense que pour inclure un berger allemand :

Il est capital que le chien soit convaincu que celui qui sera sa référence soit quelqu’un de sûr, de juste, de cohérent, de loyal, de régulier…une fois cela instauré grâce au comportement adéquat que le maitre se doit d’appliquer face à son chien, il (le chien) aura alors une confiance aveugle envers lui. Dans notre projet, il sera capital que le chien garde une référence, une personne ressource pour lui, et il s’agira d’un des thérapeutes référent du projet.
Le but n’est pas d’obtenir cela par rapport à tous les patients avec lequel  le chien va devoir travailler, non, l’important est que sa personne de référence ne soit jamais bien loin. Ce chien a des capacités d’adaptation extraordinaires et il essayera toujours de faire le maximum pour faire plaisir à son maitre, si cela signifie obéir à d’autres personnes, il le fera sans problème mais dans sa tête, son but ultime sera de rendre tout ce qu’il est capable de rendre pour son maitre.
Sur une affiche à l’entrée du club canin que je fréquente, il est indiqué:  » Beaucoup de chiens travaillent par plaisir, le berger allemand ne travaille que dans le but de plaire à son maître »

Réaction du Dr. Joel Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca), peut-on faire de la thérapie assistée par le chien avec un Berger Allemand ? :

Oui, pourquoi pas ? Et il serait temps qu’on en fasse avec des amstaffs, par exemple, pour changer l’image publique/médiatisée de la race. Quelles sont les conditions requises pour un chien d’animation / de soins ? AmstaffEst-ce une question de race ?

→ ‘Dans l’imposante littéraire sur les races de chiens, on ne trouve pas la moindre trace d’une comparaison véritablement scientifique des différences comportementales entre les races’, indique Alexandra Horowitz, p 57, Dans la peau d’un chien, Flammarion, 2009)

Josée Brunelle de la Corporation des zoothérapeutes témoigne également:

Pour moi le chien ou l’animal doit être choisi selon son caractère, ses capacités et ses limites plus que par la race en premier. Il doit être choisi selon le patient ou client et les objectifs à atteindre. L’évaluation de l’animal devrait plus nous guider que seulement la race.  Pour moi c’est un peu comme se demander si un médecin chinois est meilleur qu’un médecin italien!

Témoignage d’un projet de zoothérapie en Belgique

15/01/2010

Christophe, infirmier chef de service dans une unité de prise en charge de patients psychotiques chroniques, nous explique le cheminement de son établissement – un hôpital neuropsychiatrique à Namur en Belgique  - pour développer un projet de zoothérapie.

Les patients dont nous avons la responsabilité pratiquent depuis plusieurs années l’hippothérapie dans un manège spécialisé et cette expérience mêlée aux activités ponctuelles durant lesquelles nos patients sont mis en présence de nos chiens personnels (randonnées, activités extérieures diverses…) nous confortent dans l’idée de à implanter sur le site et de
manière permanente, un atelier ou l’on pratiquerait l’animation et la thérapie assistée par l’animal. Je n’ai pas l’intention de vous dresser une liste exhaustive des bienfaits de ces rencontres mais nous avons observé dans tous les cas une nette amélioration des habiletés, des

Le rôle de médiateur et de catalyseur a été déterminant

Le rôle de médiateur et de catalyseur a été déterminant

 symptômes résistants et des échanges relationnels en présence des chiens. En effet, il m’a toujours semblé que l’on passait à coté de l’essentiel avec lui : développer son immense capacité relationnelle. Mon chien m’a d’abord accompagné quelques fois au travail puis a participé à de nombreuses activités organisées avec les patients.
Et là, pas de doute possible, quelle gifle à l’immobilisme dont souffre la majorité de ces personnes !
Concentration durable, mise en veilleuse de la plupart des idées et de comportements délirants, manifestations émotionnelles, échanges des ressentis, capacités psychomotrices améliorées, mobilisation, marque d’intérêt, troubles cognitifs améliorés, apaisement, responsabilisation des acteurs de la relation…
Bref, ces activités se sont réellement transcendées de par la présence du chien. Son rôle de médiateur, de catalyseur a été déterminant. D’une activité thérapeutique à visée modeste, nous sommes passés à une activité ouvrant des perspectives de réflexion et de travail inespérées tant au niveau des sphères physiques que des sphères psychiques et émotionnelles.
Nous avons contacté plusieurs personnes pour créer un comité scientifique pluridisciplinaire afin de réunir une composante d’approches différentes sur le sujet. Ce comité regroupe des personnes spécialisées dans le domaine de l’animal (éducateur canin, vétérinaire comportementaliste, éthologue) et des professionnels de la santé mentale (éducateur spécialisé, psychologue, infirmier, médecin psychiatre).
le chien de Christophe et son 'ami'Le projet est lancé. Nous réfléchissons à développer une réelle démarche scientifique pouvant le soutenir. Notre souhait est de poser un fonctionnement établi pour assurer le respect de l’animal tout autant que celui des patients et des intervenants qui interagiront dans ce cadre. La démarche classique (anamnèse, observation, objectif, action, évaluation) nous sert de base pour construire une approche de laquelle nous espérons pouvoir retirer des observations qui pourront être validés.
Nous pensions partir de deux modèles :
1/ Le premier partirait de l’observation des symptômes de la population cible (liste des symptômes positifs et négatifs de la psychose, pathologie cible dans notre cas)
2/  Le second partirait de l’observation des 14 besoins fondamentaux de Virginia Henderson (L’individu malade ou en santé est un tout complet présentant 14 besoins fondamentaux et le rôle de l’infirmièr(e) consiste à l’aider et à reconquérir son autonomie le plus rapidement possible).
Le but étant d’objectiver les réponses améliorantes que l’on pourrait amener via la zoothérapie aux besoins déficitaires des patients ainsi qu’à leurs symptômes les plus présents. Ces deux points de départ découlant de modèles scientifiques établis, nous espérons que la démarche qui en sortira ainsi que les observations qui en résulteront pourront rencontrer une certaine forme de reconnaissance.

Merci Christophe de participer à Sandraetlechien.com et d’apporter votre pierre à cette belle construction anthropocanine