Communauté morale
14/03/2011
Ce qui est en cause dans la question de la place des animaux, c’est, si l’on y réfléchit bien, la question de leur nature, ou si l’on préfère de leur position (notamment phylogénétique) par rapport à la nôtre : les hommes et les animaux sont-ils plutôt semblables ou plutôt différents? explique Jean-Pierre Digard (Les Français et leurs animaux, p 101)
De ce qui est répondu, découlent les modalités du vivre ensemble. D’un côté les recherches éthologiques nous disent que les ressemblances sont nombreuses, que nous posséderions en commun avec eux -les animaux – des éléments constitutifs de notre propre identité, par conséquent qu’entre eux et nous, nous formerions une communauté de vivants.
Depuis la publication de L’Origine des espèces(1859), il y a de bonnes raisons de penser que cette communauté est plus étroite qu’on n’était disposé à l’admettre jusque-là.
Les êtres humains forment une communauté de vivants avec les autres animaux: formons-nous également une communauté morale ? (Jean-Yves Goffi, ‘Les relations entre l’homme et l’animal’)
Il y a en gros 4 manières historiquement parlant de concevoir la relation aux animaux donc de leur accorder des caractéristiques propres qui fait que l’homme se doit – moralement – de les considérer comme des êtres vivants et d’avoir à leur égard des rapports moraux. Une première tradition est attentive au statut de créature de l’animal. Pour une seconde, c’est sa capacité à souffrir qui le distingue des simples choses. Pour la troisième, c’est la présence d’intérêts. La dernière discerne en lui quelque chose comme une subjectivité (J-Y Goffi).
Pour beaucoup de défenseurs des droits des animaux dont Tom Regan la subjectivité est une valeur suffisante pour rendre aux animaux leurs droits à jamais reconnus. Cette subjectivité, c’est celle d’un être qui est le sujet d’une vie ; en gros un être qui vit et ce qu’il vit lui importe. Beaucoup d’animaux franchissent ce seuil. Ils ont donc des droits, lesquels ne sont ni négociables, ni échangeables et justifient qu’on s’interdise, à leur égard, toutes sortes de traitements.
Mais si on leur accorde des droits, quid des devoirs ? des obligations ? des responsabilités ? Ne serait-il pas plus agissant de préférer à la notion des droits de l’animal celle de devoirs de l’homme envers les animaux ?
Pour aller plus loin
Jean-Yves Goffi, ‘Les relations entre l’homme et l’animal’, Université de tous les savoirs, La Philosophie et l’éthique, Volume 11 Odile Jacob, 2002, p 104-108

La TAC n’a pas répondu à toutes les exigences spécifiques de la biomédecine, les médecins semblent lucides sur l’incertitude qui entoure cette approche thérapeutique très confrontante surtout pour leurs rôles et responsabilités au vue de la foi des patients. L’homme ne trône plus en solitaire dans son règne, son laboratoire, son unité de soins… Désormais l’animal entre dans l’antique interdit et les équipes médicales valorisent la notion de « communauté hybride » pour désigner l’association interspécifique entre les hommes et les animaux, fondé « sur des intérêts réciproques et des échanges mutuels » (Dominique Lestel, Animal singulier).