05/07/2010
Le programme de zoothérapie du CHUQ a permis « d’innover sur le plan de l’humanisation des soins en réservant un espace pour la zoothérapie pour les enfants traités en hématologie-oncologie pédiatrique L’enfant malade se recroqueville souvent sur sa douleur, ses angoisses, sa peur et sa détresse d’où l’importance et le sens accordé à la zoothérapie. La présence du chien, sa sensibilité au contact humain, ses besoins élémentaires donnent à l’enfant un sentiment de sécurité émotionnelle dans un monde instable où tout évolue en accéléré ». Plus on découvre les animaux en thérapie, plus on souligne la condition humaine. L’utilitarisme de la thérapie assistée par le chien (TAC) ouvre sur ‘le care’, car « l’animal se retrouve maintenant exclusivement investi, voire surinvesti d’une valeur affective. Cette valeur est très élevée. C’est l’animal enfant dont le maître se considère comme le parent adoptif, l’animal compagnon de vie, l’animal ami, membre de la famille. On lui prête des sentiments, des raisonnements, une personnalité ; il est traité comme un alter ego » (1). En ce sens, cet Autre devant est un accompagnant sous forme de chien qui cherche à comprendre ce que ces patients ressentent, les devine, l’imagine au besoin, car on ne vit que dans le regard de l’autre.
Ainsi, la TAC permet de renouer la nature et la culture au cœur du soin. L’animal n’est plus ce miroir « tantôt menaçant, tantôt rassurant, dans lequel Homo culturalis, dans sa version occidentale tout au moins, se mirait et se trouvait unique en son genre, délivré de ses origines, libéré de son corps, soustrait à la nature » (2).
La TAC n’a pas répondu à toutes les exigences spécifiques de la biomédecine, les médecins semblent lucides sur l’incertitude qui entoure cette approche thérapeutique très confrontante surtout pour leurs rôles et responsabilités au vue de la foi des patients. L’homme ne trône plus en solitaire dans son règne, son laboratoire, son unité de soins… Désormais l’animal entre dans l’antique interdit et les équipes médicales valorisent la notion de « communauté hybride » pour désigner l’association interspécifique entre les hommes et les animaux, fondé « sur des intérêts réciproques et des échanges mutuels » (Dominique Lestel, Animal singulier).
Bibliographie:
(1) Nicole Laurin, Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours
(2) Gérard Lenclud, Et si un lion pouvait parler
Tags: alter ego, animal ami, animal compagnon de vie, Animal singulier, approche thérapeutique, Biomedecine, chuq, Dominique Lestel, Et si un lion pouvait parler, Gérard Lenclud, Homo culturalis, Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours, membre de la famille, Nicole Laurin, parent adoptif, terrain, Utilitarisme, valeur affective
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24/09/2009
Il y a nécessité d’adopter une politique de gestion de l’animal dans la ville de Longueuil qui embrasse la totalité de la problématique. La manière dont les animaux sont traités dans une ville détermine la grandeur de ladite ville.
L’évolution des modes de vie sur les 50 dernières années a modifié le rapport que nous entretenons à l’animal. Il est urgent de concevoir le vivant autre qu’humain comme un facteur positif dans la vie urbaine : l’animal fait société tant il permet la permanence ou le rétablissement de passerelles sociales.
Le statut de l’animal familier ne cesse d’évoluer, mais cela ne va pas toujours naturellement de soi et n’est pas reflété dans les textes administratifs. Ainsi, le règlement CO-2008-523 sur le contrôle des animaux de la ville de Longueuil indique : « Constitue une nuisance le fait qu’un chien se trouve dans une place publique, un parc, un terrain de jeux, une piste cyclable sauf pour la traverser, un marché public, un espace de verdure, sur le terrain d’une école, dans un édifice public, une bibliothèque, une piscine, un aréna, un centre hospitalier, un édifice gouvernemental ou municipal ou tout autre endroit du même genre ».
Où peut-il être alors?
Forcer les propriétaires de chiens à tenir leur bête en laisse sur ses trottoirs et dans ses parcs ne répond pas aux besoins du chien et de son maître. En effet, un chien a besoin de courir. Le monde canin et l’Académie de médecine vétérinaire du Québec s’accordent pour dire que les chiens doivent être bien dans leur tête et bien dans leurs pattes pour pouvoir cohabiter harmonieusement et pour assumer leurs nouveaux rôles. Ils doivent courir et socialiser. Leurs maitres doivent les sortir et socialiser. AnimaQuébec indique que chaque jour les chiens doivent faire des exercices adaptés à leur état physiologique et doivent pouvoir faire au moins 30 minutes d’exercices en dehors de leur enclos. Pour voir le règlement de la ville de Longueuil suivi par au moins la vaste majorité des propriétaires de chiens, elle doit leur offrir un terrain d’exercice à proximité de leur domicile. Sinon, la plupart des propriétaires prendront le risque de laisser leur chien en liberté dans un parc, où il peut s’ébattre à son gré. Ainsi, le règlement de la ville de Longueuil expose les propriétaires de chiens aux amendes.
Actuellement, la Ville de Longueuil formée des arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil et qui compte 389 938 habitants met à la disposition des citoyens trois aires d’exercices pour chiens, identifiées par signalisation, où la laisse n’est pas obligatoire. Et, à condition que le chien soit gardé en laisse, sont également accessibles le jardin du métro, l’espace de verdure en front du chemin Du Tremblay et le Parc de la Cité. Or ces espaces sont non accessibles à 80 691 résidents extérieurs aux villes de Longueuil et Saint-Hubert.
C’est pourquoi il est important de faciliter la relation au vivant, c’est « un élément constitutif de la qualité de vie en milieu urbain. La présence de l’animal contribue sans nul doute à l’élaboration d’un projet durable de prise en compte des attentes du citoyen. Chiens, chats mais aussi oiseaux, rongeurs ou tout autre représentant de la faune autochtone participent à l’humanité de l‘espace public» [1].
[1] La Lettre des Villes de l’Afirac, décembre 2008
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