Hippocrate, ils sont devenus fous!
13/01/2010La santé est bien plus que la non-maladie, elle est un rapport en l’être physique et psychique d’un côté et le monde politique et social de l’autre (voir Didier Fassin, Entre politiques du vivant et politiques de la vie, vers une anthropologie de la santé). Et désormais, le monde animal. Ce rapport est une construction historique, géographiquement localisée, sociale et précisée dans le temps.
Les soins sont une rencontre et une présence qu’une personne professionnelle prodigue à une personne souffrante. Parce qu’au fil des siècles, le patient s’est trouvé écarté de sa place centrale - à savoir objet de toutes les attentions - au profit de la science biomédicale et de sa technologie, nous assistons de plus en plus à l’orientation de la première ligne de soins vers une approche globale de la santé et non plus à une gestion exclusivement médicale de la maladie.
Ainsi, les chiens ont fait leur apparition dans les hôpitaux. Ce qui induit nécessairement de faire entrer le doute ou l’ignorance, çà veut dire de tenir compte du patient et de son discours, lui seul peut renseigner de son état. Lui seul sait ce qu’un chien lui apporte. Et ils ont été nombreux à témoigner dans d’aussi nombreuses études, mais ce n’est pas suffisant pour le monde médical et scientifique. Eux exigent qu’on reproduise des démarches indiscutables à la méthodologie éprouvée et connue, à lire au fil d’articles publiés dans des revues aux comités de rédaction qui jaugent selon des critères restreints. Bref ils ne veulent pas de fantaisie et encore moins de ces histoires à dormir debout de chiens-chiens qui soignent. De vulgaires anecdotes, disent-ils!
Or, elles ont du bon ces anecdotes, elles permettent de revenir à la médecine hippocratique, celle qui acquérait sa connaissance par ce qu’elle voyait. Ce qui est l’exact opposé de la médecine actuelle : elle sait puis applique ce qu’elle voit. Or s’il est un domaine qui lui est totalement étranger c’est bien la thérapie assistée par le chien…
