30/01/2010
La thérapie assistée par le chien (TAC) ouvre devant nous un champ béant forçant les débats qui risqueront d’être houleux. Pourquoi?
D’abord la TAC ou ses nombreuses et changeantes dénominations (thérapie assistée par le chien, zoothérapie, médiation animale… autant de mots qui ne sont pas des synonymes) réunit autour d’une même personne (parle-t-on de patient, de malade, de bénéficiaire, de client…?) différents intervenants lourdement encadrés par leurs univers disciplinaires respectifs.
Le médecin (thérapeute, spécialiste, dit-on médecine curative, médecine préventive…), l’intervenant en TAC avec son bagage professionnel (de la santé, du social, de l’enseignement spécialisé ou…), l’équipe médicale (infirmières, aides-soignantes….) parfois les autres (vétérinaires, scientifiques…) et le chien (provenant d’une famille d’accueil, d’un éleveur, de la maison, chien-mascotte, chien résident…). Le tout dans un environnement spécifique (hospitalier, CHSLD, ferme thérapeutique…).
Ce mixage hétéroclite et conjectural a pour objectif de déployer une technique ? une approche ? une intervention? une méthode? une thérapie?… dans une situation de souffrance humaine.
Pour des résultats sous tension : çà marche? Çà marche pas? Des résultats qui de toute manière sont jugés insuffisants par les tenants de la science forte qui fixent les règles de ceux qui veulent être reconnus. Ces derniers forcément s’engagent dans une course à la batterie de tests, de protocoles, de travaux expérimentaux… pour souvent récolter des anecdotes, çà veut dire dans le langage des tenants de la sicence forte l’extrême opposé de la généralisation des savoirs.
La TAC est l’idéal-type de l’incertitude dans un monde de tolérance zéro et de principes de précaution. Elle force un nécessaire recours à l’anthropomorphisme. Mais faut surtout pas l’avouer…. Elle est basée sur une certaine conception de la vie portée par chacun des partenaires en lice, subjectivité pas toujours reconnue et acceptée…. Elle induit que les rapports homme-chien sont assimilés à un système social total qui englobe l’ensemble des activités humaines, cette vue est carrément occultée. Comme sont effacés des regards les affects indissociables de cette approche, intervention, technique, thérapie…
La TAC bousculte les tenants de la pensée unique biomédicale pour le meilleur !
Tags: affects, aides-soignantes, anecdotes, anthropomorphisme, bénéficiaire, biomédicale, chien, chuq, client, éleveur, enseignement spécialisé, équipe médicale, éthologique, famille d’accueil, généralisation des savoirs, georges-henri-arenstein, idéal-type, Incertitude, infirmières, institutfrancaisdezootherapie, intervenants, malade, médecin, médecine curative, médecine préventive, médiation animale, patient, protocoles, santé, science forte, scientifiques, social, socioculturel, souffrance humaine, tests, Thérapie assistée par le chien, travaux expérimentaux, univers disciplinaires, vétérinaires, zoothérapie
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13/01/2010
La santé est bien plus que la non-maladie, elle est un rapport en l’être physique et psychique d’un côté et le monde politique et social de l’autre (voir Didier Fassin, Entre politiques du vivant et politiques de la vie, vers une anthropologie de la santé). Et désormais, le monde animal. Ce rapport est une construction historique, géographiquement localisée, sociale et précisée dans le temps.
Les soins sont une rencontre et une présence qu’une personne professionnelle prodigue à une personne souffrante. Parce qu’au fil des siècles, le patient s’est trouvé écarté de sa place centrale - à savoir objet de toutes les attentions - au profit de la science biomédicale et de sa technologie, nous assistons de plus en plus à l’orientation de la première ligne de soins vers une approche globale de la santé et non plus à une gestion exclusivement médicale de la maladie.
Ainsi, les chiens ont fait leur apparition dans les hôpitaux. Ce qui induit nécessairement de faire entrer le doute ou l’ignorance, çà veut dire de tenir compte du patient et de son discours, lui seul peut renseigner de son état. Lui seul sait ce qu’un chien lui apporte. Et ils ont été nombreux à témoigner dans d’aussi nombreuses études, mais ce n’est pas suffisant pour le monde médical et scientifique. Eux exigent qu’on reproduise des démarches indiscutables à la méthodologie éprouvée et connue, à lire au fil d’articles publiés dans des revues aux comités de rédaction qui jaugent selon des critères restreints. Bref ils ne veulent pas de fantaisie et encore moins de ces histoires à dormir debout de chiens-chiens qui soignent. De vulgaires anecdotes, disent-ils!
Or, elles ont du bon ces anecdotes, elles permettent de revenir à la médecine hippocratique, celle qui acquérait sa connaissance par ce qu’elle voyait. Ce qui est l’exact opposé de la médecine actuelle : elle sait puis applique ce qu’elle voit. Or s’il est un domaine qui lui est totalement étranger c’est bien la thérapie assistée par le chien…
Tags: approche globale de la santé, Didier Fassin, hippocrate, politiques du vivant et politiques de la vie, santé, science biomédicale
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21/09/2009

Les médecins acceptent-ils le champ des relations thérapeutiques chien-homme comme un espace de recherche d’une quelconque légitimité scientifique ? Quels seraient les acquis de santé qui les satisferaient ? Est-ce parce qu’on n’en comprend pas tous les mécanismes que cette approche est dite alternative ? Cette approche est-elle alternative? Existe-il une difficulté méthodologique à reconnaître les effets directs qu’ont les chiens de thérapie assistée par le chien (TAC) auprès des publics cibles ? Existe-t-il un scepticisme du milieu médical envers la TAC ? La TAC chevauche plusieurs champs d’expertise (psychologie, éthologie, étiologie, pédiatrie, gérontologie…), est-ce un handicap pour une reconnaissance ? Si le chien est un témoin de vie, pourquoi la TAC n’est-elle pas systématisée à l’ensemble du réseau de la santé comme approche thérapeutique ? La pluridisciplinarité et les pré-requis aux interventions sont strictement encadrés dans des articles de loi (Article 102, L.R.Q, Chapitre S-4.2 « Le plan d’intervention doit assurer la coordination des services dispensés à l’usager par les divers intervenants concernés dans l’établissement »), sont-ce des entraves au développement de la TAC ?
Malgré les effets dûment documentés de la thérapie assistée par le chien (TAC), le monde médical semble réticent à reconnaître cette approche comme thérapeutique. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour aboutir à un changement systémique dans les politiques et à une transformation des attitudes chez les spécialistes de la santé.
Actuellement, les interventions en TAC semblent davantage l’objet d’une décision d’un chef d’unité qui ‘croit’ aux bienfaits des animaux auprès de ses patients que d’une approche définitivement pluridisciplinaire avec reconnaissance dans la littérature médicale. Le monde médical ne semble voir dans les chiens TAC que des animaux familiers qui sont « bons pour les patients » qui peuvent améliorer leur bien-être mais de là à leur attribuer un rôle complémentaire dans le traitement, le passage semble systémiquement infranchissable. Or, il y a une différence entre les bienfaits reconnus de la présence animale dans la vie de tous les jours pour la santé humaine et l’intervention ciblée dans un but thérapeutique d’animaux spécifiquement dressés et accompagnés d’intervenants professionnels.
C’est toute la représentation de l’animal co-thérapeute qu’il s’agit de faire évoluer dans l’esprit médical.
Tags: animal co-thérapeute, approche alternative, approche globale et multidisciplinaire, approche thérapeutique, chef d’unité, chien-homme, Diagnostic, ensemble du réseau de la santé, esprit médical, establishment médical, établissement, éthologie, étiologie, légitimité scientifique, littérature médicale, médecins, plan d’intervention, pluridisciplinarité, potentiels thérapeutiques, pronostic, psychologie, recherche, relations thérapeutiques, santé, soins, spécialistes de la santé, témoin de vie, traitement, traitement des maladies
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