Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Saint François d’Assise’

Sainte-Rita, bénies toutou et minou

02/11/2010

La Sainte des cas impossibles, l’Avocate des causes désespérées, le Refuge de la dernière heure, Sainte-Rita s’occupe aussi des animaux domestiques. Est-ce si surprenant?
Mgr PHILIPPE et le chevalChaque année (premier dimanche de Novembre et de Mai), à l’occasion de la solennité de Saint François d’Assise dans l’église Sainte Rita (XVe arrondissement de Paris), une messe est célébrée spécialement pour les animaux. Il y a bien eu quelques réticences de la part du clergé du style ‘un chien dans une église! Horreur le profane dans le sacré’, mais, l’initiative de Mgr Philippe a remporté un tel succès depuis sa première messe en 1993, que c’est devenu un pèlerinage bi-annuel incontournable. Ce qui étonne le plus les pratiquants humains c’est qu’il n’y ait ni aboiement, ni jappement, ni la moindre déjection pendant l’office. Comme quoi les préjugés ont la vie dure jusque devant la croix. Par contre,

les humains se font remarquer par leurs bavardages, même aux moments les plus sacrés : à l’évidence, ils sont nombreux à ne pas connaître le rituel de la messe, ne sachant pas quand ils doivent rester debout ou s’asseoir 
Anne-Marie Brisebarre, directrice de recherche au CNRS au Laboratoire d’anthropologie sociale  a étudié ce phénomène pendant de nombreuses années, ‘La messe des animaux’ .
C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

C'est souvent l'angoisse suscitée par la maladie de leurs animaux qui pousse les maîtres désespérés à venir à Sainte-Rita

Chiens chats, furets, dromadaires etc. restent sages pendant que l’évêque donne sa messe des animaux et bénit individuellement chacun par ces mots:

Soyez bénie, petite créature de Dieu. Que Dieu, la Vierge et sainte Rita vous aient dans leur sainte garde et qu’ils vous accordent longue vie auprès de vos maîtres

L’officiant répète solennellement la formule, traçant avec son pouce le signe de la croix, caressant, imposant les mains sur les animaux malades ou très âgés. L’assemblée se sépare en entonnant le ‘Ainsi soit la vie’, hymne à la beauté et la fidélité des animaux, qui dénonce les actes cruels des hommes à leur égard (ex: la corrida, la chasse), mais aussi les compromissions de l’Église, qui ignore les animaux.
Les animaux sont des créatures de Dieu. S’il y a un paradis pour eux c’est qu’ils ont une place…. auprès des propriétaires c’est assez évident mais ces célébrations leur ouvrent-elles toutes grandes les portes d’une reconnaissance sociale? symbolique? spirituelle? Cette messe peut-elle être vue comme l’aveu de l’existence d’une communauté de destin entre l’homme et ses animaux familiers ? D’une communauté hybride (D. Lestel)?

Les bêtes accueillies à la paroisse Sainte-Rita ont un autre statut : ce sont des familiers, qui ne font pasDésir de partager leur vie dans toutes ses dimensions vivre les hommes, mais vivent avec eux. Par leur présence, « ils humanisent les villes », dit Mgr Philippe, cité par Anne-Marie Brisebarre

Ou peut-être une manière détournée de rejoindre l’humain par le biais de son animal de compagnie, somme toute rien de plus que le travail ordinaire d’un homme d’église, d’un homme de son temps

En choisissant de bénir le couple formé par le maître et son compagnon, l’évêque affirme que ce qu’il fait pour l’animal souffrant rejaillit sur son propriétaire : il « touche le cœur des gens en soignant leurs animaux
Mgr Philippe cité par Anne-Marie Brisebarre

Pour en savoir plus
http://www.scienceshumaines.com/beni-sois-tu-medor-_fr_3312.html
Anne-Marie Brisebarre, « La messe des animaux », Communications, n° 74, 2003

Mon père, bénissez mon chien, 2ème partie

14/08/2010
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que Noé et sa famille, Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….
Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ».  D’où la popularité de puis des années de la  Fête de la fondation Saint-Roch.

Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin.  Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.

Pas encore…. imagesCAJLLIT5

Bénissez mon chien, mon père – 1ere partie

10/08/2010

On bénit les animaux de compagnie dans les églises du Québec (catholique ou anglicane).

Depuis plusieurs années, dans la région de Drummondville durant la semaine de l’Action de saint-françois d'assiseGrâce, Luc Lafond, prêtre, bénit les animaux de compagnie et leurs propriétaires. C’est l’occasion de fêter le patron des animaux et de la nation, Saint-François d’Assise et de rendre grâce à Dieu pour ses créatures.
Elles sont nombreuses les paroisses à offrir un rituel de bénédiction des animaux. Ainsi, en décembre dernier, dans Montréal-Nord, plus de 50 personnes ont pris part à une de ces céréminies au Mail Léger-Langelier. Chats, chiens… ont reçu les sacrements du curé Richard Depairon, des paroisses Sainte-Colette et Saint-Camille.
Idem à la paroisse de Sainte-Anne-de-Bellevue, l’abbé Jean-Ronald Mallette anime sa messe dominicale devant un parterre de poils, griffes et moustaches. Chaque premier dimanche du mois, une cérémonie spéciale où les animaux de compagnie peuvent amener leurs maîtres assister à une cérémonie religieuse en leur honneur a lieu à l’église anglicane Christ Church, de Beaurepaire, à Beaconsfield. Cette église a lancé en collaboration avec les Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec (caacQ) un tout nouveau concept, Museaux et Prières. Ou comment célébrer la relation anthropocanine. Ce culte est a pour objectif de changer les perceptions des Québécois à l’égard du bien être des animaux. La Sainte Communion a été offerte, chaque mois depuis janvier dernier, à toutes les personnes présentes et des gâteries ont été données à tous les chiens. Des bols d’eau étaient également fournis (pour les chiens!).
Ainsi est-il fréquent de lire ce genre d’invitation: ‘La Chorale Gospel Outaouais et la Société protectrice des animaux de l’Outaouais invitent toutes les familles et leurs animaux de compagnie à une fête spéciale, le dimanche 16 mai 2010, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Joseph, 245, boulevard Saint-Joseph, Gatineau. La bénédiction des animaux aura lieu lors d’une messe gospel, qui se tiendra entièrement à l’extérieur, célébrée par l’abbé Jean Sans-Cartier et animée par la Chorale Gospel Outaouais’.
À Hudson, la tradition veut que les Services animaliers Wags and Whisker et le Service des parcs et loisirs d’Hudson invitent la population à une journée d’adoption d’animaux et de bénédiction au centre communautaire.


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