Divergences et malhonnêteté intellectuelles
14/02/2011Cela fait plusieurs années que des enquêtes, des recherches, des écrits et des rapports sont colligés sur la thérapie assistée par les animaux. Qu’il existe des divergences quant aux résultats et à la manière de les interpréter, somme toute tant mieux, cela permet aux chercheurs de poursuivre leurs études, de les approfondir, d’envisager de nouveaux outils, mais de là à conclure avec l’article paru dans le magazine Cerveau et Psycho n° 42 de Novembre/Décembre 2010, rédigé par Scott Lilienfeld et Hal Arkowitz – tous deux professeurs en psychologie, que la thérapie assistée par animaux n’a pas d’efficacité avérée, c’est de la malhonnêteté intellectuelle.
Il est sain que la paternité des effets constatés soit interrogée. Il est primordial de savoir où est l’influence. Est-elle directe de l’animal ? Mais comment? De quelles façons ? Quel est le levier? Ou bien, l’influence est-elle mécanique ? Circonstanciée? Psychotemporale?
Ce que toutes les recherches permettent de pointer, c’est d’abord une hésitation concernant le rôle de l’animal. Et pour cause tant que l’homme se fera ‘l’unique exception d’un règne constitué de corps vides de pensée’ (p. 43, La raison des plus forts) il est fort probable que les médias nous abreuvent encore et encore de rapports de recherches ineptes et incongrus. Car, il est non seulement contre-productif et anti-scientifique de conclure catégoriquement sur des résultats concernant des articles de revue que ‘d’autres résultats ne peuvent permettre d’éliminer la possibilité qu’il s’agisse seulement d’améliorations passagères de l’humeur, mais en aucun cas d’une amélioration des symptômes’, que cela jette le discrédit sur des recherches qui, elles, tentent de démasquer quels sont les effets de l’animal dans une relation thérapeutique. Car, il semblerait produire des effets. Mais est-ce vraiment lui ? Est-ce lui ou la relation? Est-ce lui, la relation ou un autre effet, une variable cachée, laquelle? L’animal est-il une cause des effets qui influencent le changement de l’être humain en sa présence, ou simplement un symptôme ?
Un point névralgique de toutes ces études ressort : se peut-il que les méthodes et les outils biomédicaux employés pour saisir ce qui se passe ne permettent justement de rien saisir, car comprendre une autre espèce requiert d’acquérir au préalable des connaissances sur sa biologie, son éthologie et son écologie, mais aussi sur sa cognition et sa psychologie. Il est essentiel d’insister sur le fait qu’une méthodologie visiocentrique est sans aucun doute trop restrictive étant donné ce que nous savons du monde sensoriel des animaux (p 164, La raison des plus forts).
Aussi, est-il honteux que les auteurs se permettent d’écrire ‘ Pourquoi nous préoccupons-nous de cette thérapie assistée par animaux ? Après tout, si les enfants apprécient et que les parents sont prêts à payer, pourquoi nous en préoccuper ? Parce qu’une thérapie inutile est un détournement des fonds qui pourraient servir à rechercher des traitements vraiment efficaces’.
Ils devraient chercher de nouvelles méthodes de validation des acquis.

assistée par le chien a des impacts notoires. Est-ce que cela sera seulement suffisant? Car la recherche scientifique se nourrit de théories largement acceptées, centrales et unificatrices, c’est demander beaucoup que d’ouvrir à d’autres démarches, mais Marc Bekoff (p. 220) le dit :