08/02/2010
Nous nous questionnons cette semaine sur le type de chien partenaire de zoothérapie. Dans son projet de TAC, Christophe pense que pour inclure un berger allemand :
Il est capital que le chien soit convaincu que celui qui sera sa référence soit quelqu’un de sûr, de juste, de cohérent, de loyal, de régulier…une fois cela instauré grâce au comportement adéquat que le maitre se doit d’appliquer face à son chien, il (le chien) aura alors une confiance aveugle envers lui. Dans notre projet, il sera capital que le chien garde une référence, une personne ressource pour lui, et il s’agira d’un des thérapeutes référent du projet.
Le but n’est pas d’obtenir cela par rapport à tous les patients avec lequel le chien va devoir travailler, non, l’important est que sa personne de référence ne soit jamais bien loin. Ce chien a des capacités d’adaptation extraordinaires et il essayera toujours de faire le maximum pour faire plaisir à son maitre, si cela signifie obéir à d’autres personnes, il le fera sans problème mais dans sa tête, son but ultime sera de rendre tout ce qu’il est capable de rendre pour son maitre.
Sur une affiche à l’entrée du club canin que je fréquente, il est indiqué: » Beaucoup de chiens travaillent par plaisir, le berger allemand ne travaille que dans le but de plaire à son maître »
Réaction du Dr. Joel Dehasse, Vétérinaire comportementaliste diplômé, Spécialiste européen (D-ECVBM-ca), peut-on faire de la thérapie assistée par le chien avec un Berger Allemand ? :
Oui, pourquoi pas ? Et il serait temps qu’on en fasse avec des amstaffs, par exemple, pour changer l’image publique/médiatisée de la race. Quelles sont les conditions requises pour un chien d’animation / de soins ?
Est-ce une question de race ?
→ ‘Dans l’imposante littéraire sur les races de chiens, on ne trouve pas la moindre trace d’une comparaison véritablement scientifique des différences comportementales entre les races’, indique Alexandra Horowitz, p 57, Dans la peau d’un chien, Flammarion, 2009)
Josée Brunelle de la Corporation des zoothérapeutes témoigne également:
Pour moi le chien ou l’animal doit être choisi selon son caractère, ses capacités et ses limites plus que par la race en premier. Il doit être choisi selon le patient ou client et les objectifs à atteindre. L’évaluation de l’animal devrait plus nous guider que seulement la race. Pour moi c’est un peu comme se demander si un médecin chinois est meilleur qu’un médecin italien!
Tags: Alexandra Horowitz, amstaffs, berger allemand, Dans la peau d'un chien Flammarion, différences comportementales, Joel dehasse, race, vétérinaire comportementaliste, zoothérapie
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01/12/2009
L’adaptation à l’être humain est inscrite dans la nature même du chien qui a été le sujet d’expériences génétiques menées par la cupidité humaine.
Les races de chiens ont été inventées. 
Ce n’est pas parce que deux chiens ont des traits extérieurs différents (couleurs de la robe, longueur du nez…) qu’ils appartiennent à un type particulier. Lorsqu’un humain choisit un chiot et qu’il lui est présenté comme étant un chien de race pure, c’est omettre le phénomène de brassage génétique et surtout, surtout, c’est renforcer la vision d’un chien, produit de consommation.
L’origine des races remonte à la seconde moitié XIXe siècle. À cette époque, la manière de concevoir le vivant et l’hérédité est issue des théories des races humaines, de l’eugénisme en particulier. Autant de thèses qui pousseront les nazis au pouvoir! Le tout s’appuyait – s’appuie encore – sur une conception de l’espèce ou de la race comme « type morphologique et comportemental obéissant à un principe de corrélation et transmis héréditairement à la descendance » (1). Ce qu’on appelle ‘le délit de sale gueule’. À l’époque donc – de nos jours encore – on répertorie les chiens selon des types mesurables extérieurement qu’on tente de préserver par une reproduction sélectionnée (à l’interne). Ensuite on cherche une généalogie la plus ancienne possible pour fixer les traits ancestraux du chien et surtout sa valeur aux yeux de l’humain. Chien de race pure, çà veut dire de lignée royale, l’humain n’achète pas à prix d’or un roturier ! C’est oublier qu’avant le XIXe siècle, l’idée de race – race canine – n’existait pas.
Aussi est-il préférable d’avoir un minimum de recul historique pour apprécier les origines idéologiques de l’idée de race.
[1] Guillo, Dominique. Des chiens et des humains, Paris : Le Pommier, 2009, p. 95
Pour pas en savoir beaucoup plus :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_races_de_chiens
Pour aller plus loin, le livre d’André Pichot :

Tags: André Pichot, brassage, chien de race pure, chiot, Des chiens et des humains, Dominique Guillo, espèce, eugénisme, généalogie, génétique, idéologie, invention des races, nazis, origine des races, produit de consommation, race, reproduction sélectionnée, théories des races humaines, type, type morphologique et comportemental, XIXe siècle, ‘délit de sale gueule’
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08/10/2009
L’homme occidental du 21e siècle est en rupture sauvage. Souvent, trop souvent, il s’interdit d’accueillir le chien comme membre d’une autre espèce. De là son arrogance et son divorce d’avec la vie.
L’être humain n’existe que parce qu’il est en relation avec d’autres congénères. Il trouverait à se compléter s’il était en relation avec d’autres espèces. Le chien appartient à une autre espèce. La science ne sait d’ailleurs toujours pas quelle hypothèse retenir quant à son origine. Qu’importe, le doyen des animaux de compagnie n’en reste pas moins un animal carnivore captif d’une autre groupe que le sien et rejeté dans sa différence par ceux qui s’y intéressent.
Cette négation prend non seulement la forme de l’anthropomorphisme, cette violence faite aux chiens de les humaniser pour les rendre disponible aux besoins humains. Le chien est entré sous nos toits. Fait-il pour autant partie de la famille… humaine ? Non, le chien n’est pas un être humain. Comme l’homme n’apprend pas l’autre race, il camoufle la sienne et le chien se trouve confronté à des situations auxquelles il ne peut trouver de réponses adaptées. Par méconnaissance, inconscience et plus sournoisement par exclusion de ce qui n’entre pas dans ce qui peut être contrôlé par lui-même, l’homme n’accepte pas ce fait : son plus fidèle ami appartient à un autre monde. C’est ce qui a fait dire à l’anthropologue Claude Levi-Strauss, dont on fêtait en 2008 le centième anniversaire de naissance, qu’en « s’arrogeant le droit de séparer radicalement humanité et animalité, en accordant à l’une tout ce qu’il retirait à l’autre, l’homme occidental a ouvert un cycle maudit »[1] dans lequel il a oublié d’entrer en relation avec la part différente de l’autre différent. Il a renoncé à lui-même en se plaçant en haut de l’échelle de l’évolution. Cet être vivant s’est exclu lui-même du règne de la nature. L’homme s’est trompé pendant des siècles, il s’est voilé la face.
Sa malfaisance à traiter les animaux comme des sous-humains, des objets ou des choses (un propriétaire dispose d’une chose) n’a plus sa raison d’être. Il suffirait au seigneur absolu de la création d’accueillir la différence interspécifique. Et la rencontre fabuleuse avec Canis familiaris aurait lieu. Être compagnon de route d’un autre que soi, un autrui différent et unique, c’est paver la voie à un vrai humanisme. En observant son chien, en développant avec lui une relation privilégiée de compréhension mutuelle, on intègre la partie animale de son humanité. On ne parle pas de communauté hybride mais bel et bien d’humanisation franche de l’homme au contact d’un individu aux besoins, comportements, instincts naturels et canins. Dans un rapprochement respectueux de l’animalité de son chien, Je suis ce que je suis car IL est ce qu’il est.
L’homme a nié ceux de l’espèce canine en les dominant, en les asservissant, en les folklorisant. Cet « humanisme totalement coupé de la nature, perverti et destructeur » disait Claude Levi-Strauss, docteur honoris causa de l’Université de Montréal et de l’Université Laval, a duré. Désormais, il se sent seul. Bien lui en prend s’il pouvait avoir l’audace d’accepter recevoir l’attention altruiste et la mansuétude patiente du chien pour apprendre à retrouver sa place dans la nature et dans la société.
[1] Levi-Strauss, Claude.
Anthropologie structurale deux, Plon, 1973, p. 49-55
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