Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘protection’

L’animal reste le grand oublié du communiqué de presse de l’administration Tremblay

13/05/2011

protection et contrôle des animaux domestiques

Montréal ne tolère peut-être pas la cruauté envers les animaux, mais dans le communiqué que l’administration Tremblay a diffusé aujourd’hui, rien ne permet de croire qu’elle prend les moyens de conjuguer le respect des autres et de l’espace public avec le plaisir de vivre en compagnie d’un chien, d’un animal en ville.

Comment peut-on sérieusement apposer dans la même phrase ‘respect et dignité’ et contrôle animalier? Montréal pense avoir résolu techniquement les problèmes des nuisances et les conséquences des comportements aberrants du système en adoptant ces quelques points coercitifs ou en donnant des amendes aux propriétaires inciviques. Il semble qu’aucun élu n’ait poussé plus loin la réflexion, à savoir quelle pourrait être l’intégration des animaux de compagnie dans la ville.

Dans le communiqué de presse diffusé aujourd’hui, on peut trouver les verbes: limiter – Rendre obligatoire – Uniformiser – Interdire – Faire assumer par – Augmenter le montant des amendes. Plus loin, on parle de campagne de responsabilisation citoyenne qui a pour unique but de faire passer l’amère, l’insipide, le néant de cette série de mesures.
Il n’y a rien d’original. Forcément l’administration du maire Tremblay a dû réfléchir vite pour faire barrage à la  manifestation actuellement en cours. Or, s’il y avait eu minimalement ouverture vers une concertation publique, l’administration se serait rendue compte qu’ailleurs dans le monde, les collectivités locales offrent des services spécifiques et une fonction de responsable des affaires animales (Dog Welfare Officer), par exemple et que la qualité de vie des gens – propriétaires et non propriétaires – a été complètement modifiée et améliorée lorsqu’a été adoptée une politique municipale de l’animal. Sans aller si loin, au risque de se faire cataloguer de néocolonialiste, ce que réfléchissent les élus de Verdun semblent prometteur.
Ce que nous apprennent les jurisprudences et les meilleures pratiques dans le monde, c’est que les outils juridiques de contrôle et les réponses techniques d’interdiction ne suffisent pas pour gérer correctement la présence animale en ville. Il importe de bien connaître les animaux et de comprendre le sens qu’ils prennent pour les citoyens et pour la société. Et c’est ce que nous apprennent également, les jurisprudences et les meilleures pratiques dans le monde : inclure l’animal dans la ville apporte de nombreux bienfaits et diminue les désagréments quand la solution est pensée en multidisciplinarité.
Aussi, serait-il très édifiant de savoir sur quelles meilleures pratiques s’est basée l’administration Tremblay pour rédiger ces quelques lignes? Car ce qu’on y apprend n’invite guère à penser une meilleure qualité de la vie urbaine.

Le seul voile d’espoir réside dans la création de ce comité composé d’experts et de représentants, encore là voir qui y siégera…Sandraetlechien.com avait fait cette proposition à l’administration St-Hilaire-Longueuil, il y a 2 ans …. Réunir autour de la table en totale multidisciplinarité des professionnels, des représentants, des membres, des… avec pour mandat d’offrir à la grande ville de Longueuil des recommandations sur comment insérer l’animal de compagnie dans la vie urbaine.

 4 pattesL’animal reste le grand oublié de ce communiqué de presse et d’une grande majorité des politiques urbaines au Québec.

Mon père, bénissez mon chien, 2ème partie

14/08/2010
Bien que Benoît XVI n’ait pas lui-même de chat ou de chien au Vatican, espérons qu’il aime les animaux comme son prédécesseur Jean-Paul II qui vouait une grande admiration pour Saint-François-d’Assise. D’ailleurs, c’est Jean-Paul II en 1979, qui a officiellement proclamé Saint-François-d’Assise, patron des écologistes et des animaux. C’est pourquoi le 4 octobre de chaque année, jour de naissance du saint, de nombreux prêtres à travers le Québec (et le monde) procèdent à la bénédiction des animaux (tout l’article).
En fait, ce rituel fait partie de l’ensemble des rituels de bénédictions de l’Église. Il était, certes, plus fréquent jadis dans les campagnes. L’idée était d’attirer la protection de Dieu. Aujourd’hui, en faisant bénir son animal de compagnie, le propriétaire souhaite attirer les grâces divines et les bienfaits sur celui ou celle qui vit à ses côtés.
Rappelons-nous que Dieu a sauvé les animaux du déluge en même temps que Noé et sa famille, Jonas a été sauvé de l’abîme par une baleine, il a montré à Élie un corbeau pour lui apporter de la nourriture….
Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

Cette œuvre du peintre américain Edward Hicks représente la montée à bord des couples d'animaux (1846)

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

L'icône montre le Prophète Elie assis dans une caverne, nourri par un corbeau (I Rois XVII, 1 - 7).

Les images d’animaux sauvant les humains sont pléthores dans la Bible, n’est qu’à se rappeler Saint-Roch. Homme saint qui, à force de soigner les malades, finit par attraper la peste. Il se retira dans une forêt pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître.
D’où l’iconographie représentant Saint-Roch et le chien ou le dicton qui dit : « Qui voit saint Roch, voit bientôt son chien ».  D’où la popularité de puis des années de la  Fête de la fondation Saint-Roch.

Faire bénir son chien, et pourquoi pas après tout ? Le livre des bénédictions de l’Église catholique comporte d’innombrables textes qui sont mis à jour régulièrement par le Vatican. On peut tout faire bénir, une maison, une moto… alors pourquoi pas un chat ou un chien ? Le chien est parfois l’unique connexion avec le monde extérieur. Exploiter ce potentiel émotif n’est donc pas anodin.  Officiellement ‘nous n’avons pas de célébration de bénédictions d’animaux et leurs propriétaires’, affirme-ton du côté du sanctuaire Sainte-Anne-de-Beaupré. Idem à l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal…. Mais ‘si une personne se présente avec son animal de compagnie, il nous fera plaisir de les bénir’ et ‘à date, cette demande ne nous a pas été adressée’.

Pas encore…. imagesCAJLLIT5

Bénissez mon chien, mon père – 1ere partie

10/08/2010

On bénit les animaux de compagnie dans les églises du Québec (catholique ou anglicane).

Depuis plusieurs années, dans la région de Drummondville durant la semaine de l’Action de saint-françois d'assiseGrâce, Luc Lafond, prêtre, bénit les animaux de compagnie et leurs propriétaires. C’est l’occasion de fêter le patron des animaux et de la nation, Saint-François d’Assise et de rendre grâce à Dieu pour ses créatures.
Elles sont nombreuses les paroisses à offrir un rituel de bénédiction des animaux. Ainsi, en décembre dernier, dans Montréal-Nord, plus de 50 personnes ont pris part à une de ces céréminies au Mail Léger-Langelier. Chats, chiens… ont reçu les sacrements du curé Richard Depairon, des paroisses Sainte-Colette et Saint-Camille.
Idem à la paroisse de Sainte-Anne-de-Bellevue, l’abbé Jean-Ronald Mallette anime sa messe dominicale devant un parterre de poils, griffes et moustaches. Chaque premier dimanche du mois, une cérémonie spéciale où les animaux de compagnie peuvent amener leurs maîtres assister à une cérémonie religieuse en leur honneur a lieu à l’église anglicane Christ Church, de Beaurepaire, à Beaconsfield. Cette église a lancé en collaboration avec les Centres d’adoption d’animaux de compagnie du Québec (caacQ) un tout nouveau concept, Museaux et Prières. Ou comment célébrer la relation anthropocanine. Ce culte est a pour objectif de changer les perceptions des Québécois à l’égard du bien être des animaux. La Sainte Communion a été offerte, chaque mois depuis janvier dernier, à toutes les personnes présentes et des gâteries ont été données à tous les chiens. Des bols d’eau étaient également fournis (pour les chiens!).
Ainsi est-il fréquent de lire ce genre d’invitation: ‘La Chorale Gospel Outaouais et la Société protectrice des animaux de l’Outaouais invitent toutes les familles et leurs animaux de compagnie à une fête spéciale, le dimanche 16 mai 2010, à 15 h 30, à la cathédrale Saint-Joseph, 245, boulevard Saint-Joseph, Gatineau. La bénédiction des animaux aura lieu lors d’une messe gospel, qui se tiendra entièrement à l’extérieur, célébrée par l’abbé Jean Sans-Cartier et animée par la Chorale Gospel Outaouais’.
À Hudson, la tradition veut que les Services animaliers Wags and Whisker et le Service des parcs et loisirs d’Hudson invitent la population à une journée d’adoption d’animaux et de bénédiction au centre communautaire.

Au Québec, la loi n’a pas de mordant

18/03/2010

Les Suisses ont rejeté le 7 mars dernier par référendum la mise en place d’avocats chargés de défendre les animaux maltraités devant les tribunaux dans toute la Confédération, estimant que la loi pionnière en vigueur assurait déjà la protection de leurs vaches, chiens et poissons rouges. Le non est ainsi ressorti massivement dans la totalité des cantons au terme d’une campagne très émotionnelle dans un pays où les animaux sont parmi les mieux protégés au monde (http://bit.ly/cBoWos)
Me Frédéric Sylvestre a réagi également en nous indiquant :

Le droit canadien est très loin de reconnaître un droit à l’animal au sens strict et ce, en raison de réticences historiques. L’animal est un objet de droit pour l’instant en sol canadien. La seule protection qui lui semble un peu propre découle du Code criminel, puisque l’animal ne doit pas faire l’objet d’actes de cruauté.

Pour Martine Lachance, professeure au Département des sciences de l’UQÀM, la loi manque de crocs. Pendant ce temps en Europe, Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) , et Pr. Jean-Claude Nouët, Président de la Fondation LFDA (Ligue Française des Droits de l’Animal) initient un ‘Rassemblement pour une reconnaissance juridique de l’animal’.
Est-ce le moment au Québec de reconnaître l’animal comme ‘être sensible’ et plus comme objet de consommation ou pire bien meuble ? La pétition européenne indique que ‘Plusieurs pays européens (Autriche, Allemagne, Italie, Pologne, Confédération helvétique…) ont déjà inscrit dans leurs textes fondamentaux que les animaux ne sont pas des choses’. Au Canada, il y a failli avoir eu une ébauche de loi qui allait dans le bon sens mais qui est restée lettre morte.
Il reste peut-être le GRIDA qui a pour objectifs de :
• promouvoir et favoriser les intérêts des animaux dans les systèmes juridiques canadien et québécois;
• promouvoir et favoriser la réflexion et la discussion sur la condition juridique et le bien-être des animaux;
• encourager, susciter, soutenir et diffuser des recherches, des échanges et des initiatives qui engagent, dans des champs concernés, une ou plusieurs disciplines scientifiques traitant de la condition juridique et du bien-être des animaux;
• influencer et introduire des changements positifs dans les réflexions, les perceptions et les comportements humains dans leurs relations avec les animaux;
• développer le champ du droit animal au Canada et au Québec

Jean-Pierre Digard résume clairement la situation en se demandant: qu’est-ce que l’homme (entendu comme espèce, c’est-à-dire au sens d’hommes actuels et d’hommes futurs) a intérêt à faire ou à ne pas faire aux animaux ?


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