Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘personnes âgées’

Le développement durable et le chien : point de vue social 3/3

18/06/2012

je ramasse, déjections canines, villes propres, civisme, écologie urbaine, animaux commensaux, animaux sauvages, animal commensal, vie végétale, 'sauvage', de compagnie, collectivités, écosystème, règlement, Longueuil, contrôle des chiens, morsures, développement durable, écologie, environnement, vétérinaire, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, animal urbain, Longueuilloise, développement durable, empreinte écologique, réduction de la consommation énergétique, équation écologique, développement social et communautaire; santé, éducation et loisir, milieux naturels et parcs, concertation, communication, réalités environnementales, sociales et économique, citoyens, organismes locaux, entreprises et institutions, élus et employés municipaux, Longueuil s’organise, parcs à chiens, urbanimalisation,Dans le livre de Karine Lou Matignon, Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, le docteur vétérinaire Joël Dehasse nous invite à une réflexion sur le rôle de l’animal comme lien social. Longueuil ne semble pas avoir pensé aux nombreuses familles ayant enfant et chien avec son nouveau règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux. Comment vont-elles faire les familles? L’animal est entré dans la famille et y tient un rôle non négligeable bien souvent est un élément important de son équilibre. Or s’il il est d’abord question pour les élus de trouver une solution technique aux problèmes de nuisances (déjections canines, aboiement, divagation), mais sans pousser plus loin la réflexion, alors Longueuil ne répond pas aux principes de base du développement durable.

‘Nous sommes tissés serrés par nos particularités tant artistiques, spirituelles, intellectuelles et patrimoniales. Ce sont nos traditions anciennes et plus récentes qui nous rendent uniques, qui nous distinguent. Dans une approche de développement durable, nous les reconnaissons, les encourageons et en sommes profondément fiers’, peut-on lire dans la section Arts et culture. Que nenni! La Ville ne semble pas vouloir faciliter la vie urbaine locale et événementielle. Du moins si l’on se réfère à cet article ci-dessus.

Or, la Ville aurait pu/pourrait lancer des événements d’envergure : comme la fête des animaux (une journée pour eux/an), la semaine ‘apprendre le comportement du chien, du chat….’, une journée/semaine de balades/visites canines guidées de la ville, tenir des colloques internationaux « chiens et ville » … s’enrichir de la tenue de salons : d’équipements, pour professionnels… en créant des journées canisportives.

Une Ville qui se démarque est un ville qui innove et fait appel aux créateurs : en inventant un nouveau mobilier urbain dans les parcs à chien avec des modules de jeux, en ‘revisitant’ les grands projets d’aménagement en intégrant l’animal : par exemple, rendre visible et observable la présence de certaines espèces animalières (moufette, raton laveur, oiseaux, écureuils, chevreuils, renards, salamandres…), faire en sorte que la promenade accompagnée par son chien soit possible sans danger et nuisance.

Pour les personnes âgées, les bienfaits de la présence animale sont nombreux, je ramasse, déjections canines, villes propres, civisme, écologie urbaine, animaux commensaux, animaux sauvages, animal commensal, vie végétale, 'sauvage', de compagnie, collectivités, écosystème, règlement, Longueuil, contrôle des chiens, morsures, développement durable, écologie, environnement, vétérinaire, propriétaires de chiens, relation homme-animal, ville, politique animal, animal urbain, Longueuilloise, développement durable, empreinte écologique, réduction de la consommation énergétique, équation écologique, développement social et communautaire; santé, éducation et loisir, milieux naturels et parcs, concertation, communication, réalités environnementales, sociales et économique, citoyens, organismes locaux, entreprises et institutions, élus et employés municipaux, Longueuil s’organise, parcs à chiens, urbanimalisation,La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagers. Et notamment avec ses aînés. Pour les personnes âgées, les bienfaits de la présence animale sont nombreux : l’animal est source d’affection, procure un sentiment d’utilité, sécurise et réconforte, il oblige à dépasser ses limites et ses habitudes. En résumé, il est révélateur d’un sentiment de vie. C’est dans la tranche d’age 45-54 ans que l’on retrouve la plus importante proportion de propriétaires de chiens avec 32 %. (sondage Léger Marketing 2008). Les personnes âgées ont de plus en plus de chiens pour les accompagner dans leur parcours, comment la ville va-t-elle gérer ces présences canines avec un règlement liberticide?

En incluant dans la future politique DD un espace aux animaux (commensaux, sauvages et de compagnie), il va sans dire qu’une communication et une sensibilisation adéquates devront sous-tendre les décisions futures. Ce qui induit de créer préalablement les conditions favorables au changement, de les travailler bien en amont et ainsi, ensemble, définir ce qui est important pour la collectivité, de bâtir des objectifs opérationnels clairs de cette coexistence.

Ces objectifs doivent s’inscrire dans une véritable politique du changement identifiée par un réseau d’acteurs et des propositions d’actions concrètes. Il serait temps de passer du stade « comment gérer les nuisances » à une démarche plus globale du type « quelle politique animale pour ma ville ? ». La qualité de vie urbaine dépend de la cohérence des politiques publiques. L’appropriation du sujet par les élus est une étape fondamentale.

Un chien et une personne âgée

05/12/2011

Le plan structurant du gouvernement du Québec pour répondre aux besoins de la personne âgée manque cruellement de poils.

Au printemps dernier, le premier ministre lançait leur plan de services intégrés pour les aînés. Or, rien, rien sur la présence de l’animal de compagnie. Le chien est un très bon médiateurIl n’y a été nullement question de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’autre. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement,  l’état de dépendance, l’accès à un logement social, l’entrée en maison de repos ou en institution de soins, … c’est le moment que l’on choisit pour couper brutalement ce lien chargé de valeurs affectives et émotionnelles. On constate les effets bénéfiques de la présence de l’animal sur les personnes âgées même si l’exposition est très limitée. Nombre d’observations et d’études ont pourtant montré l’importance du lien à l’animal de compagnie auprès de personnes solitaires, limitées dans leurs contacts sociaux. L’animal rassure par sa présence, structure les journées et entraîne des contacts sociaux, est un support d’activité motrice (décrispation des mains, sens du toucher…). Les soins à prodiguer (comme les promenades du chien ) obligent à avoir une vie régulière, organisée.

Le chien fait appel à la mémoire affective et sensorielle La thérapie assistée par l’animal peut avoir des effets bénéfiques sur les personnes âgées institutionnalisées, notamment celles souffrant d’un sentiment de solitude et le rôle du soignant devrait être central (Source: La zoothérapie au service de la personne âgée, Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers, Haute Ecole de Santé, Fribourg).
Par ailleurs, une étude récente (Miltiades & Shearer (2011) Attachment to Pet Dogs and Depression in Rural Older Adults, Anthrozoos, volume 24, number 2, pp. 147-154) démontre clairement qu’il existe un véritable lien entre l’attachement à son animal de compagnie, la capacité de prendre soin d’un animal et la dépression chez les personnes âgées.

Sans doute serait-il nécessaire et temps de faire comprendre aux milieux concernés (médecins, thérapeutes, politiciens, éducateurs …) ce qu’offre l’animal de compagnie dans l’épanouissement de la personne âgée.

Pour aller plus loin :
Les articles de Zoothérapie Québec
Une maison de retraite engage un chien visiteur à temps plein
Existe-t-il un lien entre l’attachement à son chien et le phénomène de dépression chez les personnes âgées en milieu rural ?

Vieillir chez soi avec son animal, vieillir à l’hôpital mais où est l’animal?

31/10/2011

Comment améliorer la qualité de vie des personnes âgées ? En mars dernier, le gouvernement du Québec annonçait la mise en œuvre d’un plan de services intégrés pour les aînés . Le gouvernement veut ‘leur offrir les services dont elles ont besoin avec une intensité plus importante et un degré élevé de performance’. Certes, mais qu’en est-il de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’Autre? Plusieurs études ont démontré l’influence de l’animal de compagnie sur le bien-être des personnes âgées.
Pallier la solitude de la personne âgée en institutionPar ses effets marqués sur l’inquiétude, le découragement, la colère, la vigueur, la fatigue, la confusion, la visite d’un chien à domicile – et qui plus est sur la personne hospitalisée – améliore la santé émotive des personnes âgées.   (Ludwak-Bloom, P. Wijewickrama, R. & Smith, B. (2005). Effects of pet versus people visits with nursing home residents).
Cet aspect devrait être pris en compte lorsqu’il sera question d’assurer la dignité et les besoins des personnes hospitalisées dans le cadre des services publics.

La santé, c’est davantage que l’absence de maladie. C’est aussi le bien-être émotionnel et mental. L’animal de compagnie offre sa présence, son amitié, son écoute. Il suscite la parole, le jeu, le rire, l’activité. Il facilite les relations sociales, développe le sentiment de responsabilité et l’estime de soi. Que ce soit à domicile ou en institution d’accueil comme de soins, l’animal a un rôle à jouer.
Le plan annoncé par le gouvernement présente une solution structurante pour faire face, de façon efficace et en toute humanité, au défi démographique actuel, dit le ministre Bolduc. Tant mieux, mais il manque un élément structurant parmi les plus importants : le chien est un catalyseur d’émotions et de relations humaines! Le dira-t-on jamais assez.

Pour aller plus loin :
Certains articles de Zoothérapie Québec
Il n’y a pas que des clowns

La rencontre de deux sociétés distinctes

12/10/2009

La thérapie assistée par le chien (TAC) est une approche thérapeutique qui favorise les liens naturels et bienfaisants entre les humains et les animaux, à des fins préventives, thérapeutiques ou récréatives aussi bien auprès des personnes âgées, des personnes handicapées physiques ou cognitives, de jeunes défavorisés, des enfants en milieu hospitalier, des enfants en échec scolaire, des personnes souffrant de troubles psychologiques, etc. Une méthode dans laquelle l’homme et l’animal forment une société distincte ou ‘hybride’ (Cf. Dominique Guillo et Dominique Lestel[1]). Pour saisir la portée de la thérapie assistée par l’animal ou zoothérapie, on doit aborder la complexité des rapports avec les animaux. « Il existe au sens littéral d’authentiques sociétés mixtes formées à la fois d’humains et de chiens transversales aux sociétés humaines et que l’on peut qualifier d’anthropocanines. Dans une telle perspective, les chiens ne sont pas considérés comme des objets constituant l’ameublement de la société humaine, mais comme les membres à part entière d’une société globale composée de deux espèces »[2].
On peut aller jusqu’à dire qu’il existe une sorte de personnalité de base propre à chaque culture anthropocanine, c’est-à-dire un modèle moyen de conduites et de dispositions propres à chaque groupe social concret formé par ces deux espèces. Décrire la relation homme-animal dans le soin et sous cet angle permet de faire ressortir des phénomènes qui apparaissent avec nettement moins d’acuité sous un autre éclairage. Nier le potentiel thérapeutique de la société anthropocanine dans le soin, c’est être dans le déni de la relation patient-animal.


[1] Lestel, Dominique. Les amis de mes amis, Seuil

[2] Guillo, Dominique, Des chiens et des humains. Le Pommier, p. 293


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