Le développement durable et le chien : point de vue social 3/3
18/06/2012
Dans le livre de Karine Lou Matignon, Sans les animaux, le monde ne serait pas humain, le docteur vétérinaire Joël Dehasse nous invite à une réflexion sur le rôle de l’animal comme lien social. Longueuil ne semble pas avoir pensé aux nombreuses familles ayant enfant et chien avec son nouveau règlement CO-2012-733 sur le contrôle des animaux. Comment vont-elles faire les familles? L’animal est entré dans la famille et y tient un rôle non négligeable bien souvent est un élément important de son équilibre. Or s’il il est d’abord question pour les élus de trouver une solution technique aux problèmes de nuisances (déjections canines, aboiement, divagation), mais sans pousser plus loin la réflexion, alors Longueuil ne répond pas aux principes de base du développement durable.
‘Nous sommes tissés serrés par nos particularités tant artistiques, spirituelles, intellectuelles et patrimoniales. Ce sont nos traditions anciennes et plus récentes qui nous rendent uniques, qui nous distinguent. Dans une approche de développement durable, nous les reconnaissons, les encourageons et en sommes profondément fiers’, peut-on lire dans la section Arts et culture. Que nenni! La Ville ne semble pas vouloir faciliter la vie urbaine locale et événementielle. Du moins si l’on se réfère à cet article ci-dessus.
Or, la Ville aurait pu/pourrait lancer des événements d’envergure : comme la fête des animaux (une journée pour eux/an), la semaine ‘apprendre le comportement du chien, du chat….’, une journée/semaine de balades/visites canines guidées de la ville, tenir des colloques internationaux « chiens et ville » … s’enrichir de la tenue de salons : d’équipements, pour professionnels… en créant des journées canisportives.
Une Ville qui se démarque est un ville qui innove et fait appel aux créateurs : en inventant un nouveau mobilier urbain dans les parcs à chien avec des modules de jeux, en ‘revisitant’ les grands projets d’aménagement en intégrant l’animal : par exemple, rendre visible et observable la présence de certaines espèces animalières (moufette, raton laveur, oiseaux, écureuils, chevreuils, renards, salamandres…), faire en sorte que la promenade accompagnée par son chien soit possible sans danger et nuisance.
La Ville doit entrer dans une logique de renforcement du lien social avec TOUS ses usagers. Et notamment avec ses aînés. Pour les personnes âgées, les bienfaits de la présence animale sont nombreux : l’animal est source d’affection, procure un sentiment d’utilité, sécurise et réconforte, il oblige à dépasser ses limites et ses habitudes. En résumé, il est révélateur d’un sentiment de vie. C’est dans la tranche d’age 45-54 ans que l’on retrouve la plus importante proportion de propriétaires de chiens avec 32 %. (sondage Léger Marketing 2008). Les personnes âgées ont de plus en plus de chiens pour les accompagner dans leur parcours, comment la ville va-t-elle gérer ces présences canines avec un règlement liberticide?
En incluant dans la future politique DD un espace aux animaux (commensaux, sauvages et de compagnie), il va sans dire qu’une communication et une sensibilisation adéquates devront sous-tendre les décisions futures. Ce qui induit de créer préalablement les conditions favorables au changement, de les travailler bien en amont et ainsi, ensemble, définir ce qui est important pour la collectivité, de bâtir des objectifs opérationnels clairs de cette coexistence.
Ces objectifs doivent s’inscrire dans une véritable politique du changement identifiée par un réseau d’acteurs et des propositions d’actions concrètes. Il serait temps de passer du stade « comment gérer les nuisances » à une démarche plus globale du type « quelle politique animale pour ma ville ? ». La qualité de vie urbaine dépend de la cohérence des politiques publiques. L’appropriation du sujet par les élus est une étape fondamentale.

Il n’y a été nullement question de la présence de l’animal de compagnie, souvent le dernier lien avec la vie ou avec l’autre. D’ailleurs, plus souvent qu’autrement, l’état de dépendance, l’accès à un logement social, l’entrée en maison de repos ou en institution de soins, … c’est le moment que l’on choisit pour couper brutalement ce lien chargé de valeurs affectives et émotionnelles. On constate les effets bénéfiques de la présence de l’animal sur les personnes âgées même si l’exposition est très limitée. Nombre d’observations et d’études ont pourtant montré l’importance du lien à l’animal de compagnie auprès de personnes solitaires, limitées dans leurs contacts sociaux. L’animal rassure par sa présence, structure les journées et entraîne des contacts sociaux, est un support d’activité motrice (décrispation des mains, sens du toucher…). Les soins à prodiguer (comme les promenades du chien ) obligent à avoir une vie régulière, organisée.
La thérapie assistée par l’animal peut avoir des effets bénéfiques sur les personnes âgées institutionnalisées, notamment celles souffrant d’un sentiment de solitude et le rôle du soignant devrait être central (Source: La zoothérapie au service de la personne âgée, Bachelor of Science HES-SO en soins infirmiers, Haute Ecole de Santé, Fribourg).
Par ses effets marqués sur l’inquiétude, le découragement, la colère, la vigueur, la fatigue, la confusion, la visite d’un chien à domicile – et qui plus est sur la personne hospitalisée – améliore la santé émotive des personnes âgées. (Ludwak-Bloom, P. Wijewickrama, R. & Smith, B. (2005).