Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘personnel Air transat’

Tranches… de montagne

04/08/2011

En attente d'embarquementÀ l’aéroport Pierre-E-Trudeau, le personnel de terre d’Air Transat vérifie aussi les documents vétérinaires (micropuçage, accréditation par l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments, documents signés et tamponnés par les autorités compétentes…). À l’enregistrement des bagages, c’est l’agent de bord qui a regardé certes avec attention les documents. Ont-ils, également, reçu cette formation? Cette procédure semble banale, ‘nous envoyons régulièrement des chiens’, il n’en reste pas moins qu’elle m’est restée surprenante….
Compétence et professionnalisme, voilà ce qu’il me vient en souvenir lorsque je pense au personnel d’Air Transat à Montréal. Reste qu’ils étaient incapables de dire comment récupérer le chien à Paris… eux gèrent parfaitement leur territoire : Montréal. Et à charge pour le pays envoyeur d’être en règle (papiers, taille de la cage…), le pays receveur gèrera un colis hors norme de plus….

1heure30 avant le décollage, le chien est entré dans sa cage dans la section des ‘bagages hors dimension’. Le personnel vérifie qu’elle ne regorge pas de produits illicites. Ensuite, on nous demande de quitter les lieux et de prévenir le personnel d’Air Transat affairé par les gens qui vont prendre le même vol que vous et qui font la ligne pour s’enregistrer. ‘Mon chien est prêt pour être embarqué’. Sapi est donc resté, sage comme une image, dans un couloir, assis dans sa cage. J’étais là. Je le regardais de loin sans qu’il ne me voie. L’émotion que je portais était trop intense. Le personnel est venu charrier la cage sur un caddie. Mon chien est parti. Je l’ai revu 7 heures plus tard dans une autre réalité, sous des autres cieux.

Dans l’avion : Il ne sert à rien de réserver une place près d’un hublot pour voir son chien monter à bord! On ne voit pas à quel moment il y est transporté.  Y est-il seulement? Angoissante situation, résolue par le personnel de bord, eux seuls peuvent indiquer quand mon chien a été déposé dans la soute…. Décollage, des pensées pour mon chien, des larmes aussi pour dire merci.

Arrivée à Paris : plusieurs avions atterrissent en même temps, passage aux douanes relativement rapide, la douanière ne peut me dire où se trouve mon chien, ni même où on peut le récupérer. Je demande à un employé des bagages ‘Vous parlez de Sapi, ah bah il va bien, il va arriver par ce tapis roulant ou l’autre je ne sais pas’. J’ai vu la cage, j’ai traversé le terminal 3 en courant, Sapi attendait à côté des bagages, quand j’ai ouvert la porte c’était la fête. Il allait bien. Un peu stressé, mais en contrôle. Je l’ai sorti et lui ai passé sa laisse, il était si content. Ce que je n’aurais pu faire normalement, car pour assurer une sécurité additionnelle de notre animal, Air Transat applique une courroie supplémentaire à la cage, pour permettre qu’il y demeure durant toute la durée du trajet, en empêchant que la porte ne s’ouvre. Plusieurs cages de transport peuvent s’ouvrir durant la manipulation.

7 heures de vol – 10 heures de route – Arrivée au cœur de l’Oisans, dans la Vallée de l’Eau d’Olle, au pied du massif de Belledonne à 1270 mètres d’altitude.Pays de transhumance et d'alpage
Sapi halète davantage, ce pourrait-il qu’il souffre de l’altitude ? Il ne semble pas y avoir beaucoup de recherches sur cette question, reste que les preuves anecdotiques glanées de ci de là indiquent que les chiens peuvent souffrir des effets de l’altitude. Ils présentent les mêmes signes que les humains : arrêter de manger, malaise et apathie. Leurs langues deviennent légèrement sombres.
Ainsi, être arrivés une semaine avant la compétition va permettre à nos deux corps de s’habituer et de gérer ce nouvel approvisionnement en oxygène. De plus, la météo est exquise, mais essoufflement  et chaleur nécessitent accoutumance et plus grande hydratation. Nous nous préparons aux changements qui sont entrain d’avoir lieu. Jusqu’ici, Sapi a connu des hauteurs (Adirondacks, Mont Sainte-Anne) mais pas ces hauteurs! Nos promenades normales ne nécessitent pas autant d’adaptation de l’organisme: ici quelque soit l’effort physique accompli : la fréquence respiratoire augmente. Mais… les globules rouges  prolifèrent…
Baignades dans les eaux glaciales des ruisseaux de montagneDonc remise en forme, pas tant pour des raisons liées à notre condition physique. Bien nous prend de faire quelques excursions sur des parcours comprenant obligatoirement des pentes importantes et des sentiers très étroits.
Sapi vient de faire 17 heures de voyage (en avion et en voiture), il subit un décalage horaire, il arrive dans un pays où tout est nouveau et excitant, la concentration de l’oxygène ou la pression d’air est différente à ces hauteurs élevées, aussi avant de parler de mal d’altitude, laissons-le se reposer et reprendre des forces, il va – nous allons – en avoir besoin dans quelques jours. Notre thérapie : de l’eau, des visites, du repos, des découvertes, des jeux, des montées à 1700 mètres, des resdecentes à 1000 mètres.

Pour plus d’infos :
http://www.vetinfo.com/altitude-sickness-in-dogs.html


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