Cultiver le jardin de l’Eden
21/11/2011
Régner, cela veut dire (Gn 2, 15) que l’être humain doit cultiver et garder le jardin de l’Éden. Dieu n’a pas fait de l’homme l’exploiteur de la terre mais son protecteur, avance Eugen Drewermann, De l’immortalité des animaux. En fait, au sein des Églises chrétiennes (catholique, orthodoxe, protestantes, anglicane) il y a eu – et il y a toujours – une minorité de fidèles et d’hommes de foi convaincus que la défense des animaux et de leurs droits est inscrite dans le message chrétien. En voici quelques-uns à méditer en cette semaine pascale…
Ainsi, le père jésuite Guillaume-Hyacinthe Bougeant (1690-1743) écrivait :
Si les Bêtes avaient une âme spirituelle, leur âme serait donc immortelle et libre; elles seraient capables de mériter ou de démériter, dignes de récompense ou de châtiment, il leur faudrait un Paradis et un Enfer, les Bêtes seraient donc une espèce d’Homme ou les Hommes une espèce de Bêtes, toutes conséquences insoutenables dans les principes de la Religion.
Chez les catholiques britanniques, l’illustre cardinal Newman (1801-1890), converti de l’anglicanisme, a été le premier prédicateur connu à comparer dans un sermon (prononcé le Vendredi Saint 1842, à Oxford) la souffrance et la mort du Christ sur la Croix avec celles que les hommes infligent aux animaux.
C’est, évidemment, Albert Schweitzer qui prône un sentiment de responsabilité élargi à l’infini qui écrit, en 1973, une ‘Prière pour les animaux’.
Et tant d’autres: l’Abbé Plaquevent….
Le respect des animaux c’est une facette du respect des autres. Nicole Laurin dans Les animaux dans la conscience humaine. Questions d’aujourd’hui et de toujours explique que la théologie doit s’efforcer de penser ‘l’émergence de l’esprit dans l’animalité, la nôtre et celle des autres vivants, ces derniers désormais reconnus comme sujets d’un devenir spirituel, autant dire humain’.
Pour aller plus loin :
La Bible relue par les animaux
Albert Schweitzer et l’éthique envers les animaux
Prières pour les animaux

‘Il y a peu d’études scientifiques sur les effets du toucher sur le chien. Le chien de laboratoire maintenu en harnais et isolée montre une baisse du rythme cardiaque quant il est touché gentiment par un humain. Par contre, un chien familier habitué à son environnement ne montre aucun changement de son rythme cardiaque par la caresse de son propriétaire’ explique
La TAC n’a pas répondu à toutes les exigences spécifiques de la biomédecine, les médecins semblent lucides sur l’incertitude qui entoure cette approche thérapeutique très confrontante surtout pour leurs rôles et responsabilités au vue de la foi des patients. L’homme ne trône plus en solitaire dans son règne, son laboratoire, son unité de soins… Désormais l’animal entre dans l’antique interdit et les équipes médicales valorisent la notion de « communauté hybride » pour désigner l’association interspécifique entre les hommes et les animaux, fondé « sur des intérêts réciproques et des échanges mutuels » (Dominique Lestel, Animal singulier).