Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘ministre de l’Agriculture’

La cruelle cruauté…

06/11/2009

Le Québec nage en pleine cruauté.
Ce nouvel âge (cf. William Hogarth (1697-1764) se déroule sur la place publique, sous l’œil intéressés des badauds. Et qui jouit des sévices infligés aux animaux et aux chiens? Le grand et le petit. Vous et moi, auteurs automates, diffuseurs involontaires, producteurs inconscients des violences prodiguées.
Le chien est victime d’une intolérable méchanceté de la part des humains. Il est tout d’abord exposé derrière une vitre dans un magasin qui recrée une ambiance ‘nature’, sans aucun contact avec les siens et avec des humains. Dans son bocal de verre, le chien attend la main salvatrice qui le tirera de là.
Salvatrice? En 2008, on compte 16 000 abandons. …. Le toutou est devenu encombrant, qu’à cela ne tienne, on s’en débarrasse.

On ne peut plus supporter son comportement anormal, anormal dans le sens ‘pas conforme à l’humain’. On le tue. Sous couvert de bonne conscience, on raconte une histoire que seul le meurtrier peut avaler. En 2008, on dénombre 4802 euthanasies de chiens… mais c’est sans compter celles opérées par les entreprises de contrôle animal et les cliniques vétérinaires.
Le 
ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation parle même de comportements irresponsables de la part des citoyens. 
S’engager auprès de son chien implique « l’acceptation – volontaire et heureuse – d’un autre,  intrinsèquement étranger aux cultures humaines » (1). Mais pour s’en prendre aux brutalités de notre temps de manière efficace, le chemin de la pleine conscience de soi s’avère le chemin le plus sûr pour une reconnaissance et une acceptation mutuelles.

C’est le chemin le moins fréquenté.081707

[1] Talin, Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p. 8

Au Québec, l’animal est un objet de consommation

15/10/2009

Pendant que le Groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie, présidé par le député Geoffrey Kelley, présente ses conclusions au ministre de l’Agriculture, Claude Béchard, l’industrie de la publicité québécoise (si prometteuse) dépense des millions en faisant un usage immodéré de l’image anthropomorphique de l’animal, en diffusant des erreurs manifestes de (re)présentation de l’animal, en bafouant honteusement le respect de la place de l’animal et de ses besoins spécifiques, at last not least, en véhiculant un message ambigu à l’attention des publics, petits et grands, d’un animal à la disposition de tous, d’un animal objet de consommation ordinaire, d’un animal au faciès éternellement néoténique, gentil tout plein, tout rond, tout mignon.
Une campagne publicitaire avec des animaux, ça fonctionne!
À quel prix?
Quid de la véracité des informations induites? Quid de la conformité à la réalité de l’animal et de sa place réelle auprès de l’homme? Quid de l’amalgame entre produits commercialisés et animal? Quid du message envoyé aux enfants?
Les Suisses ont compris : Il est interdit d’employer des animaux pour des exhibitions, de la publicité, le tournage d’un film ou à des fins analogues, s’il en résulte manifestement pour l’animal des douleurs, des maux ou des dommages ou si l’événement porte atteinte à la dignité des animaux.
Pourtant au Québec, il existe une Loi sur la protection du consommateur du Québec : règlement relatif à la publicité destinée aux enfants. Une attention particulière est ainsi accordée à « l’utilisation de personnes qui permettent à l’enfant de s’identifier, ainsi : l’utilisation indue d’enfants, l’utilisation de voix enfantines, de héros, de créatures fantastiques ou fantaisistes ; également, l’utilisation d’animaux ».
On veut améliorer la qualité de vie des animaux de compagnie au Québec, qu’à cela ne tienne c’est à un niveau plus global qu’il faut en favoriser la coordination et la cohérence. Il s’agit, avant tout, d’encourager des diffusions d’images pertinentes et inciter à une vigilance éthique et à l’homogénéité des messages envoyés au public.

 
Pour en savoir plus :
http://www.adstandards.com/fr/index.aspx

Pour approfondir la réflexion :
http://www.rue89.com/la-pompe-a-pub/2008/12/02/la-dure-vie-des-animaux-de-pub


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