La propriété vivante
30/05/2011La Déclaration universelle des droits des animaux éveille des espoirs et donne des illusions. Le bilan est contrasté voire inexistant de l’implantation (ne parlons pas d’application) effective de ces droits dans la vie quotidienne… Néanmoins, il est important que les droits de l’homme intègrent toutes les composantes environnementales dont le milieu de vie et le respect de la vie aux sens particulièrement des Droits de l’animal. Jean-Marie Coulon dit :
veiller au respect des droits de l’animal, c’est nécessairement veiller au respect des droits de l’homme, car c’est exprimer l’égalité des espèces face à la vie. C’est officialiser l’interaction des droits de l’homme et des droits de l’animal, c’est reconnaître leur complémentarité
p 143 L’animal dans la spirale des besoins de l’humain sous la direction de Martine Lachance
Or, l’animal domestique est à la recherche d’une identité juridique effective. En l’état actuel du droit (et de notre civilisation), la summa divisio personne/chose est indépassable, ce qui condamne l’émergence d’une véritable troisième catégorie, selon Alain Roy.
On vit en plein la vision du philosophe René Descartes (17e siècle), le droit fait encore et toujours une totale abstraction de la sensibilité de l’animal, émotion pourtant bien documentée par la science. L’homme a besoin de l’animal pour vivre, ce qui explique la réticence jusqu’à maintenant à réviser son portrait d’être irraisonnable et instinctif qui justifie donc son traitement. Comme l’humain a tendance à ne donner une suite législative à ses nobles idéaux que lorsque c’est pratique pour lui et que cela ne nuit ni à ses profits ni au dogme sur le droit à la propriété, ce n’est pas par l’émotion, les notions de souffrance et de conscience… encore moins par des considérations morales qu’un changement normatif pourra être envisagé. Il faut penser logiquement en dehors de toute émotivité inutile car individuelle et certainement se demander : c’est dans l’intérêt de l’homme donc intérêt général de donner une identité juridique à l’animal et argumenter ces différents points.
L’Homme puise dans l’animal ce qu’aucune chose matérielle ne pourrait véritablement lui offrir. C’est pourquoi, il est devenu nécessaire de s’affranchir des catégories du Code civil et d’adopter un cadre juridique qui pourra refléter la réalité animale, sans la réduire ni l’exagérer.

veiller au respect des droits de l’animal, c’est nécessairement veiller au respect des droits de l’homme, car c’est exprimer l’égalité des espèces face à la vie. C’est officialiser l’interaction des droits de l’homme et des droits de l’animal, c’est reconnaître leur complémentarité
La seconde moitié du 18e siècle est marquée par le développement – qui devient considérable au 19e siècle – de l’utilisation des animaux domestiques (aussi bien en ville que dans les campagnes) pour le trait. Ce sont notamment les chevaux mais aussi les chiens plus économiques que les équidés. Le transport animal connaît un fort développement concurrencé par la navigation fluviale et le portage humain, la moitié du trafic des marchandises alors se fait par traction animale. Du fait de la raréfaction des cas de rage, de l’essor des élevages, l’usage du chien se répand.
Du fait de la généralisation de ces pratiques insanes et de la réaction du public face aux manières brutales des conducteurs, du fait de la révolution industrielle, de l’abolition de l’esclavage, de l’industrialisation… les mœurs changent au cours de ces siècles. L’homme devient plus sensible à la douleur de l’animal, il ne peut plus tolérer le spectacle atroce des conducteurs battre et tuer les animaux en public.
temps que les Droits de l’homme intègrent toutes les composantes environnementales dont le milieu de vie et le respect de la vie au sens particulièrement des Droits de l’animal dans leurs attendus. Le ‘cercle de l’égalité doit être élargi aux animaux non-humains, de même qu’au cours des siècles se sont progressivement effacées les barrières que certains traçaient autour des notions de race, de sexe, de tribu, ou de nation’, peut-on lire dans l’avertissement au actes du colloque qui s’est tenu il y a un an ( 14 novembre 2009) à l’université