Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘maltraitance’

Coévolution coopérative

09/01/2012

Tout sur la psycho du chienp. 378. Tout sur la psychologie du chien. Joel Dehasse partage :

Chiens et humains ont évolué ensemble depuis plus de 10 000 ans. L’évolution de la structure de la société a modifié la génétique humaine et celle du chien. L’homme a supprimé ses prédateurs, il a domestiqué ses anciennes proies, il a altéré le mode de vie de nombreuses espèces autour de lui, il a modifié les paysages et le climat de sa planète. L’homme occidental s’est distancié des processus de sélection naturelle, et il a fait de même pour les animaux domestiques, le chien inclus.
La culture coopère avec la génétique pour fabriquer le nouvel humain, le nouveau chien. L’homme est incapable désormais d’échapper à sa culture, à sa société et le chien est incapable d’échapper à l’homme. L’être humain est symbiotique d’une entité virtuelle (une croyance, une illusion) : la société occidentale. Le chien est emporté par cette même vague qui transforme l’être humain libre en une fourmi d’une fourmilière, en pion impersonnel.  C’est de l’amensalisme de la part de la société qui empêche le développement de l’être, dans un système gagnant-perdant, l’homme étant le perdant. C’est aussi un esclavagisme, la société utilisant l’être à son profit afin de croître à ses dépens. L’homme fait de même avec le chien. Rares sont les humains qui permettent à leur chien de créer pleinement leur vie, de vivre intensément, de développer tous leurs potentiels, la plupart des chiens sont maltraités (passivement) par l’irrespect de leurs besoins éthologiques minimaux d’activité et d’interaction sociale.
pyramide_de_maslowLa coévolution coopérative existe cependant chez quelques êtres. L’expérience est vécue ensemble dans le respect et l’enrichissement mutuels; cela nécessite de prendre conscience des messages engendrés par l’expérience. On y retrouve très peu de chiens de famille, mais bien certains chiens de travail, de sport, de danse (free style) ou encore quelques chiens d’assistancecarolynn scott et Rookie.
Pour arriver à une coévolution coopérative, la question à se poser devrait être : ‘Qu’est-ce que je possède qui puisse améliorer la vie de mon chien et réciproquement, que possède-t-il pour améliorer la mienne?’. Dans le modèle d’autoresponsabilité, le chien nous apporte à chaque instant un miroir de conscience, s’il n’améliore pas nos capacités de survie biologique, ni notre apparent bien-être psychologique, il nous donne des messages de réalisation de soi et de développement spirituel.

La maltraitance animale, ça commence où?

28/11/2011

La maltraitance désigne des mauvais traitements infligés à des personnes ou animaux que l’on traite avec brutalité, rigueur ou sévérité, les victimes étant souvent dépendantes et sans défense.
L’article 55.9.2 du Code criminel du Québec précise les actes compromettant la sécurité et le bien-être des animaux, tels que les suivants : lorsque l’animal n’a pas accès à de l’eau potable ou à de la nourriture, n’est pas gardé dans un habitat convenable et salubre, est blessé ou malade et ne reçoit pas les soins de santé requis ou est soumis à des abus ou à de mauvais traitements. Laissez des nuits et des fins de semaine entières un chat dehors, par tous les temps, retrouvez le chat pelotonné contre la vitre de la maison attendant à toutes heures du jour et de la nuit que les propriétaires ouvrent la porte, est-ce de la maltraitance?
La maltraitance est multiformeEn matière de mauvais traitements envers les animaux, les deux principales lois qui s’appliquent au Québec sont le Code criminel et la Loi sur la protection sanitaire des animaux. La Loi est appliquée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Le Code criminel du Canada utilise l’expression ‘négligence volontaire’ qui exige que la négligence soit le produit d’un acte prédéterminé.

446. (3) Aux fins des poursuites engagées en vertu de l’alinéa (1)a), la preuve qu’une personne a omis d’accorder à un animal ou à un oiseau des soins ou une surveillance raisonnables, lui causant ainsi des dommages ou des blessures, fait preuve, en l’absence de toute preuve contraire, que ces dommages ou blessures ont été causés par négligence volontaire.

Comment prouver l’intention volontaire de cruauté? Même s’il serait sûrement plus adéquat de faire la distinction entre la cruauté intentionnelle et la cruauté négligente, il n’en reste pas moins que le fardeau de la preuve m’incombe… Alors, dans le cas de notre chat laissé en déshérence toute la journée sans eau ni nourriture, il ne peut y avoir maltraitance, car les propriétaires font bien ce qu’ils veulent avec leur bien privé! Et de plus, quelles preuves avons-nous sur l’intention de causer la souffrance à cet animal? L’ignorance et l’incompétence de propriétaires insouciants ne feront l’objet d’aucune poursuite. Notre législation actuelle est lamentablement inadéquate et très en retard par rapport à de nombreux pays au monde qui reconnaissent l’importance d’avoir des lois appropriées pour la protection des animaux.
Aussi bien laissez crever ce chat de froid avec l’hiver qui s’en vient (les propriétaires n’en seront qu’à leur 2e  essai de chat), le Canada est le seul pays qui rend la poursuite de négligence pratiquement impossible. À l’heure actuelle, moins de ¼ de 1 % des plaintes pour cruauté envers les animaux donnent lieu à des verdicts de culpabilité.
Alors l’histoire d’un chat qui dort dehors et qui n’a droit à aucune considération… Franchement, il y a d’autres dossiers plus importants !

Pourtant la maltraitance ne commence-t-elle pas là?

Lié à l’extrême

25/06/2010

Parce que l’Homme ne peut se comprendre lui-même sans accepter sa parenté avec l’animal, dans une recherche parfois vertigineuse de la limite (Claude Beata, président de l’Association ZooPsy), il est un domaine de la relation à l’animal qui exprime toute la dangerosité du lien d’attachement : le hoarding.l'attachement-Claude Beata
Le magazine Animal publiait dans son édition de mai dernier un article intitulé ’L’animal hoarding, une maladie méconnue’. L’animal hoarding c’est l’amassement compulsif d’animaux, ça peut paraître très surprenant d’accumuler des animaux vivants et de les cloitrer dans des espaces restreints. Il n’est pas rare, quand les associations de protection des animaux parviennent à intervenir, de découvrir des dizaines de dizaines d’animaux entassés dans des cages ou attachés, sans aucune qualité de vie, squelettiques, malades, faméliques et souffrants.  Vu leur grand nombre, les propriétaires ne sont plus capables de les nourrir ni de les soigner. Ils ont perdu le contrôle mais les hoarders sont convaincus qu’ils aident les animaux. Sous couvert de l’affirmation ‘l’animal a besoin de moi, je suis celui qui l’aide; j’ai toujours fait comme ça, il n’est pas malade’, cette maltraitance particulière prend la forme d’une maladie psychiatrique classée aux USA parmi les troubles obsessionnels compulsifs. En effet, les collectionneurs d’animaux sont souvent des personnes victimes de troubles psychologiques, c’est ce qui a conduit, après plusieurs années d’études, le psychiatre américain,  Gary J. Patronek a dénommé ce trouble.
Ainsi Anima-Québec qui a saisi 114 des 200 chiens vivant dans la résidence familiale d’un couple dans le Bas St-Laurent, en 2007. Là on ne parle pas d’une dissonance de la relation qu’un pouvoir absolu de l’humain sur l’animal et un déni de la violence engendrée.  En fait, comme l’exprime Caroline Lanty, avocate et administrateur SPA de Paris (France) : ‘C’est par l’animal maltraité que l’humain investi dans une cause qui lui est chère, trouvera son utilité et sa place dans la société’.
Or, la société est aussi responsable, car selon l’auteur Nathan J. Winograd, les collectionneurs d’animaux prospèrent dans les communautés où le taux d’euthanasie est élevé. Ainsi le hoarder a l’excuse toute trouvée : ‘si je ne suis pas là, qui les sauvera’?

Pour aller plus loin
www.animalhoarding.com
http://www.tele-animaux.com/actualite,article,avoir-des-animaux-jusqu-au-delire-:1155.html
http://canada.myletsadopt.com/tag/refuges/


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