Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘maison’

Garder son animal malgré la clause de votre bail de logement l’interdisant!

03/07/2012

Lieu d’habitation de l’homme, sa demeure est partagée avec une autre espèce, quotidiennement.
Sauf quand une clause de votre contrat d’habitation (on parle ici de bail de logement, cela est différent pour le contrat de copropriété. Ce ne sont pas les mêmes règles qui s’appliquent. Le Régie du logement n’a pas compétence pour les clauses qui interdisent les animaux dans les copropriétés) interdit d’y garder des animaux.
Sauf quand le propriétaire décide faire respecter cette clause et vous contraint à vous départir de votre chat, de votre chien ou de tout autre animal. La saison des déménagements bat son plein et avec elle son lot d’abandons.

Les propriétaires d’animaux se voient obligés de laisser leurs compagnons car ‘C’est dit dans le bail’. Or, cette disposition est pour le moins sujet à caution et vous pourriez tout à fait garder votre animal.

Mais il faudra vous préparer pour étoffer votre dossier afin d’obtenir gain de cause devant la Régie du logement. Il est vrai que cette dernière semble très réceptive en faveur du locateur, elle accepte généralement de lui donner raison en invoquant souvent que la clause interdisant les animaux est incluse dans un bail et qu’il faut s’y conformer. Le laïus est repris par Éducaloi.
Le respect des contrats signés est une règle fondamentale en droit. Mais il existe désormais des exceptions importantes à cette règle. Le droit a considérablement évolué depuis le nouveau Code civil du Québec (1994). Il ne faut pas se décourager et nécessairement abandonner. Il y a moyen de garder votre animal avec vous en vous préparant adéquatement et en montant un bon dossier. Car, le fardeau de la preuve repose sur les épaules du locataire. Vous devrez convaincre le tribunal, par une preuve solide, de circonstances vous permettant de passer outre aux conditions du bail ou de l’entente.
Me Jean Turgeon LL.L, LL.M., LL.D., avocat, Professeur agrégé, Faculté de Droit, Université Laval, vous explique comment faire. (cliquez sur la photo ci-dessous)

Pour aller plus loin :

Réactions face à l’interdiction de garder un animal dans une maison, un logement ou un condominium
Je suis locataire

Gardons les familles unies
Le Jour D

Le chien, la maison et l’intime

26/02/2011

Crise de l’intimité, nous vivons une époque de l’oubli de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société, dit Marc-Alain Ouaknin, dans Zeugma. Or le chien ne nous renvoie-t-il pas à l’intime ? L’engagement envers son animal implique l’acceptation – volontaire et heureuse – d’un autre, intrinsèquement étranger. Ainsi cette relation si elle est bien vécue offre-t-elle des outils pour penser et panser notre intime.
La maison du chien est aussi la demeure partagéeDans ce compagnonnage interspécifique millénaire, le chien a appris à lire le monde humain et ses signes, d’une certaine manière il a atteint à la compréhension c’est-à-dire celle du ‘prendre avec’. Il y a urgence de trouver de nouvelles voies, un nouveau lexique pour parler de notre relation au chien, de cette inquiétude contemporaine concernant la vie et les relations interspécifiques.
C’était autour du foyer social, en présence du chien, que se transmettaient les incantations religieuses, les formules médicinales, l’orientation des étoiles, les secrets de la chasse et de la pêche, les racines mythologiques du groupe et les rêveries de l’imagination…
Avant…
Aujourd’hui, le chien invite à revoir la maison et la manière dont on en parle. En ce sens, c’est à une écologie interspécifique que le chien nous interpelle. L’écologie c’est être-là dans la demeure du monde. Le lien qui unit l’homme à son lieu d’être, sa maison, c’est aussi son chien, une espèce différente. Les murs de cette maison de l’homme retentissent des mots pour le chien, l’homme construit une demeure avec la parole, pour la parole et « seule cette parole peut sauver le monde de son effondrement», Marc-Alain Ouaknin, (p 447).

En changeant de discours, sera-t-il possible de faire avancer la réflexion et l’action concernant ce qu’on nomme la société anthropocanine? Parce que

Zeugma, Marc-Alain OuakninL’éthique de la responsabilité pour le futur implique la liberté de continuer non pas à maîtriser mais à se maîtriser. Non pas à augmenter la puissance, mais à la limiter. Non pas à emplir le monde mais à mettre des limites et à renoncer. L’homme doit se maîtriser et s’autolimiter

et laisser la place à d’autres que soi
et laisser la parole à d’autres que soi.

Habiter avec un Autre

03/10/2009

Le chien invite à revoir la maison et la manière dont on en parle. Le chien est resté dans la maison de l’homme. Le chien est resté avec l’homme. Et il y est toujours.
Lieu d’habitation de l’homme, sa demeure est partagée avec une autre espèce, quotidiennement. En ce sens, c’est à une écologie interspécifique que le chien nous interpelle. En effet, l’écologie est « un être-là dans la demeure du monde », dit Marc-Alain Ouaknin, dans ‘Zeugma’ (Seuil, p 446). Le lien qui unit l’homme à son lieu d’être, sa maison, c’est aussi son chien, une espèce différente. Françoise Armengaud propose même d’appeler ‘Complexe de Noé’ cette hantise de faire de sa maison ou de la cité une arche, microcosme affectueux, garantie de salut.
Les murs de cette maison de l’homme retentissent des mots pour le chien, l’homme construit une demeure avec la parole, pour la parole et « seule cette parole peut sauver le monde de son effondrement », soutient Marc-Alain Ouaknin.
Pour paraphraser Hölderlin : c’est en compagnon que l’homme habite dans sa maison.


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