Politique de développement durable et le chien : point de vue écologique
22/05/2012C’est une
réalité : l’animal s’est durablement installé dans la ville.
Depuis quelques années, l’animal en ville soulève des questions éthiques, sociales, économiques et politiques. Le nombre croissant de réglementations sur/contre les animaux (de compagnie essentiellement), le développement de mesures visant la protection des droits des citoyens non propriétaires… , montrent que ces êtres vivants ont leur mot à dire dans notre société. L’animal, qu’il soit de compagnie ou sauvage, est présent mais il n’est pas reconnu.
En adoptant un règlement englobant le bien-être animal, Longueuil endosserait les points de la Déclaration Universelle des Droits de l’Animal et s’inscrirait dans une optique de développement durable (DD). Rappelons qui est:
Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, social et économique des activités de développement.
À Longueuil, des solutions écologiques et citoyennes – qui reposent sur une équation qui consiste à faire des choses qui durent, sans nuire à la durée des autres choses – sont possibles. Voici quelques exemples.
En terme de nombre d’espèces, les animaux sauvages et commensaux excèdent les animaux domestiques et sont garants de la biodiversité. L’intrusion de la faune ’sauvage’ en ville participe à la restauration de la biodiversité et au développement durable mais elle est dépendante des capacités d’accueil pour chaque espèce. Or, les équilibres biologiques s’avèrent fragiles et il convient de réfléchir à l’ensemble des aménagements qui peuvent être mis en place pour éviter la dégradation de notre environnement. La ville est un système écologique à part entière. L’homme constitue un facteur fondamental de modification de la biodiversité urbaine.
Longueuil a beaucoup fait pour que les superficies protégées sur le territoire soient nombreuses, tout en tentant de les intégrer à un développement urbain adapté (Milieux naturels et parcs). Le fait que nombre de nos concitoyens n’aient plus de contacts avec la nature et sa cruauté favorise une perception bucolique de cette dernière. Ainsi, ce qui se passe dans le parc Michel-Chartrand avec sa surpopulation de cerfs de Virginie. Pourquoi, par exemple, ne pas y envisager l’implantation de corridors biologiques? Ce qui permettrait aux espèces végétales et animales de pénétrer dans le tissu urbain, de circuler. Cette gestion adaptée à différents types de responsabilités permettrait d’augmenter la biodiversité tout en n’excluant par une partie des citoyens (les propriétaires de chiens).
Un chien est un animal, à ce titre il a droit de marcher/courir dans des parcs. Un chien tenu en laisse marchant/courant attelé sur des sentiers non asphaltés spécialement dédiés n’occasionne pas plus de dégâts à la faune et la flore qu’un piéton. Cet aspect est crucial lorsqu’il est question de protéger les ressources et de la biodiversité. Comme il existe des affiches expliquant la faune en présence, pourquoi ne pas créer dans les parcs et les espaces verts, des outils, tels des modules interactifs en priorité destiné aux enfants pour les sensibiliser aux comportements des animaux et des chiens?
Pour bénéficier d’un espace propre, la Ville devrait localiser les distributeurs de sacs poubelles dans les endroits les plus pratiques et veiller à ce que ceux-ci soient toujours approvisionnés (comme il se fait dans une multitude de municipalités au Québec, par exemple, dans la ville de Ste-Catherine: RécréOparc). Il s’agirait en outre de vérifier que la densité de poubelles dans les rues/parcs soit cohérente. Penser la présence des animaux de compagnie comme un élément de qualité de vie. L’urbanimalisation n’est pas seulement un néologisme, c’est aussi une réalité à multiples facettes.
L’implantation de nouveaux parcs à chiens ne peut être une solution aux besoins des propriétaires de chiens. En tout cas, cela ne permet aucunement de promouvoir des habitudes écologiques lorsqu’il faut prendre sa voiture pour se rendre dans des parcs à chiens inaccessibles à la majorité. Mais si ces parcs sont implantés afin de gérer les relations entre les détenteurs de chien et les non détenteurs et d’éviter les antagonismes, cela n’a aucun sens.
Autre point, les espaces verts ne se limitent pas seulement aux arbres, il faut les entretenir, valoriser leur utilisation et les préserver et aussi penser et anticiper ces aménagements au regard du vivant, y compris l’animal, pour un partage harmonieux. Car, les solutions apportées à ces enjeux de proximité sont autant d’améliorations réelles de la vie sociale. Il n’est pas bon que l’homme soit seul en ville. (Encyclopaedia Universalis).
Politique de développement durable à Longueuil? Mieux vaut parler d’écologie urbaine, c’est à dire de la gestion équilibrée et avisée des ressources et des constituants urbains pour un cadre de vie harmonieux et durable. L’animal de compagnie mais aussi l’animal sauvage doivent participer de cette vision. Et les élus ont une mauvaise approche des problèmes en croyant que, qui s’occupe des animaux, ne s’occupe pas des hommes.
Pour aller plus loin
Les relations homme-animal en milieu urbain

La présence dans la ville d’animaux domestiques, commensaux et sauvages est de plus en plus massive. Il en découle de nombreux bienfaits … mais aussi des désagréments. Ici, tout le monde pense en priorité aux déjections canines; mais ce n’est qu’un des multiples problèmes que pose la présence animale dans la ville : dangerosité de certains chiens, hurlements nocturnes des chats en chaleur, ré-introduction de la 
http://sandraetlechien.com doit beaucoup de ses réflexions aux travaux exemplaires qui ont été menés dans le cadre des synthèses du Millénaire, Grand Lyon (France) Septembre 2005, intitulé ‘Les relations homme-animal en milieu urbain’: /