Quelle place pour un chien dans la triade diagnostic-traitement-pronostic?
21/09/2009
Les médecins acceptent-ils le champ des relations thérapeutiques chien-homme comme un espace de recherche d’une quelconque légitimité scientifique ? Quels seraient les acquis de santé qui les satisferaient ? Est-ce parce qu’on n’en comprend pas tous les mécanismes que cette approche est dite alternative ? Cette approche est-elle alternative? Existe-il une difficulté méthodologique à reconnaître les effets directs qu’ont les chiens de thérapie assistée par le chien (TAC) auprès des publics cibles ? Existe-t-il un scepticisme du milieu médical envers la TAC ? La TAC chevauche plusieurs champs d’expertise (psychologie, éthologie, étiologie, pédiatrie, gérontologie…), est-ce un handicap pour une reconnaissance ? Si le chien est un témoin de vie, pourquoi la TAC n’est-elle pas systématisée à l’ensemble du réseau de la santé comme approche thérapeutique ? La pluridisciplinarité et les pré-requis aux interventions sont strictement encadrés dans des articles de loi (Article 102, L.R.Q, Chapitre S-4.2 « Le plan d’intervention doit assurer la coordination des services dispensés à l’usager par les divers intervenants concernés dans l’établissement »), sont-ce des entraves au développement de la TAC ?
Malgré les effets dûment documentés de la thérapie assistée par le chien (TAC), le monde médical semble réticent à reconnaître cette approche comme thérapeutique. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour aboutir à un changement systémique dans les politiques et à une transformation des attitudes chez les spécialistes de la santé.
Actuellement, les interventions en TAC semblent davantage l’objet d’une décision d’un chef d’unité qui ‘croit’ aux bienfaits des animaux auprès de ses patients que d’une approche définitivement pluridisciplinaire avec reconnaissance dans la littérature médicale. Le monde médical ne semble voir dans les chiens TAC que des animaux familiers qui sont « bons pour les patients » qui peuvent améliorer leur bien-être mais de là à leur attribuer un rôle complémentaire dans le traitement, le passage semble systémiquement infranchissable. Or, il y a une différence entre les bienfaits reconnus de la présence animale dans la vie de tous les jours pour la santé humaine et l’intervention ciblée dans un but thérapeutique d’animaux spécifiquement dressés et accompagnés d’intervenants professionnels.
C’est toute la représentation de l’animal co-thérapeute qu’il s’agit de faire évoluer dans l’esprit médical.
