L’empreinte du soin
13/02/2010Alors que les sciences sociales ne se sont pas du tout impliquées, ni même intéressées, aux recherches sur la thérapie assistée par le chien (TAC) depuis les années 1960, une convergence se produit au hasard du passage de l’an 2000. L’anthropologue Francine Saillant développe (certes, depuis un petit bout de temps) une réflexion intense autour de l’anthropologie du soin. Pour la professeure titulaire au Département d’anthropologie de l’Université Laval, les soins sont un ensemble de questions.
L’anthropologie des soins serait une excellente entrée pour saisir les mécanismes de la thérapie assistée par le chien (TAC), notamment l’importance de la relation dans le processus thérapeutique. En fait, c’est l’importance de la signification de la relation qui compte. Car c’est bel et bien la manière dont les patients se représentent le chien qui induit un effet thérapeutique. C’est le souvenir d’un chien marquant qui ancre la relation dans le soin. L’anthropologie du soin ne dit rien d’autre quand elle parle de travail de connexion entre soignants et soignés en quête d’unité. Francine Saillant et Éric Gagnon le précisent : « par l’intermédiaire des soins, formes variées d’attention à l’autre qui interviennent dans diverses pratiques thérapeutiques, il y aurait cette possibilité d’un travail effectué autour de l’individu, de son corps, de son histoire, de sa parole. Par ce travail, s’exprime aussi bien la quête du sens, que la quête des sens ». Il faudrait aussi aborder la question de la stimulation des sens et de la quête de l’essence de la relation, car ce qu’il faut tenter de déterminer c’est : « en quoi le thérapeute est attaché à son patient, en quoi le patient est attaché au thérapeute, en quoi le patient est attaché à l’animal, en quoi le thérapeute est attaché à l’animal, en quoi l’animal est attaché au thérapeute, et en quoi l’animal est attaché au patient » (Cf. Michalon, J., L. Langlade, and C. Gauthier).
Voilà sur quoi repose la relation thérapeutique et pour appréhender cet objet d’études, la multidisciplinarité est de mise et non plus une vulgaire prière qu’on ne veut surtout pas voire exaucée.
