Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Karine-Lou’

Avant même l’agriculture

27/01/2010

Avant même que Sapiens ne se mette à cultiver, les humains et les loups/chiens domestiquables se rapprochaient. C’était bien avant les 10 000 et 14 000 ans dont on parle souvent. Les chercheurs ont trouvé des traces d’ossements dans des tas d’ordures (preuve que nos chers toutous sont des éboueurs) et dans des sites funéraires. Les squelettes des chiens étaient lovés près des humains, leurs déjà maîtres…
Les origines remontent à bien plus loin, en effet en analysant l’ADN mitochondrial (1) des loups/chiens domestiquables, les chercheurs pensent que ces derniers ont commencé à s’associer aux humains il y a des centaines de milliers d’années (145 000 ans dit-on…), au moment où la lignée des loups ‘purs’ se scindent en le groupe des chiens. Ces chiens sont donc appelés ‘proto-domestiquants’, puisqu’ils ont d’eux mêmes modifié leurs comportements de telle façon qu’ils ont ensuite suscité l’intérêt des hommes. Ça veut dire que ces chiens étaient prêts à être domestiqués quand les êtres humains sont apparus.
C’est pourquoi le chien est un membre du groupe social humain. C’est pourquoi vivre avec un animal est  un « appel instinctif qui provient de loin, un champ de force qui perturbe, un vice, une vertu, un désir de briser ses ancrages qui nous vient sans doute de l’enfance de l’humanité, improbable époque ou nos ancêtres nomades migraient alors avec les animaux pour découvrir le monde, s’entichaient de la plupart d’entre eux, comme pour célébrer un pacte ». (Matignon, Karine-Lou. Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Espaces Libres. Albin Michel, 2003, p. 255)

 1/ L’ADN mitochondrial des individus sert à remonter le fil de l’histoire de l‘homme et à estimer les relations entre les diverses espèces animales au niveau de l’évolution.

Un animal à mes côtés depuis l’aube de l’humanité

21/11/2009

Chien des tourbières ou canis familiaris palustris, 2000 ans avant la première grande civilisation égyptiennePosséder un animal familier constitue un trait qui est très profondément enraciné dans l’espèce humaine. La possession d’un ou plusieurs animaux familiers se retrouve dans toutes les populations humaines et cette pratique est loin d’être réservée aux femmes ou aux enfants. L’extrême  diversité des animaux impliqués dans ces associations est remarquable, dit Dominique Lestel (1). the Year of The Dog
Ca va du chien, en passant par le bison, le singe…. Certains de ces animaux sont même nourris au sein par les femmes lorsqu’ils sont recueillis très jeunes dans les villages….
Pour Desmond Morris (Des animaux et des hommes), éthologue anglais, l’association avec certains animaux est une pratique tellement répandue chez l’humain qu’on peut comparer son extension à celle de la religion.
L’histoire du chien s’est donc écrite avec celle des civilisations humaines. Certaines lui attribuaient des vertus de guérisseur, des statuts d’auxiliaire de chasse, de gardien et de compagnon d’agrément (2).
Représentation rupestre du chien des tourbières ou canis familiaris palustris De nos jours, le chien est un membre de la famille à part entière. Au point que l’on se bat pour sa garde au cours d’un divorce. « L’animal remplit des fonctions ou rôles d’agent de sécurité, de substitut, de médiateur, de béquille physique ou affective, tout en étant le réceptacle des émotions, affects, fantasmes, projets du possesseur et de ses proches, souligne Hubert Montagner.
Ce qu’on appelle prosaïquement un rôle de Prozac.

 

[1]Dominique Lestel. L’animal singulier, Seuil, 2004, p .18-19
[2] Matignon, Karine-Lou. Sans les animaux, le monde ne serait pas humain. Albin Michel 2003, p101-102


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