Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘hiérarchie’

Le chien ne vit pas spontanément en hiérarchie

11/10/2011

Joel Dehasse nous explique pour quoi , il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec son chien :

On a décidé que puisque le loup gris nordique vivait en hiérarchie, le chien, son descendant, vivaitloup gris nordique lui aussi en hiérarchie. Or on a oublié que le chien n’est pas un loup. Pourtant, sur cette fausse croyance, on a décrété que le modèle hiérarchique était le seul valable et on a analysé tous les comportements et problèmes psychologiques du chien au travers cette vision. Ce modèle étant un dogme tautologique, on trouvera toujours à le confirmer et jamais à l’infirmer. Dès lors, depuis des années les chiens sont obligatoirement soumis à leur propriétaire qui doit jouer les dominants, le maître
Ce modèle a fait son temps. Il est temps d’en changer.
L’ancêtre de notre chien de famille – le chien indigène commensal – ne vit pas en meute hiérarchisée; il est même plus grégaire que social, il s’attache à un espace et  aux (poubelles) des gens qui s’y trouvent.
Chez le chien sauvage commensal, les petits sont trop petits pour entrer en compétition avec les adultes; ils apprennent à respecter les adultes. Les adultes seraient stupides d’entrer en conflit avec leur progéniture (leur copie génétique). Les conflits surviennent quand deux chiens sont en compétition pour une ressource limité, surtout alimentaire, c’est le rapport de force et des motivations qui détermine le gagnant. Bien sûr si le chien perd tous conflits, il a intérêt à faire l’économie des combats avant que de mourir de ses blessures. Et le vainqueur de tous les conflits se voit attribuer une paix souveraine. Mais ces relations de respect mutuel ne signifient pas qu’une hiérarchie de dominance soit installée et doive être respectée.
Un chien de famille est différent d’un chien indigène. Il  s’attache aux personnes plus qu’Aux lieus d’habitation. Vivant dans la maison, il interagit avec les membres de la famille et doit s’adapter aux structures familiales existantes. Cette adaptation se fait avec plus ou moins de bonheur.
Tout sur la psychologie du chienJ’émets l’hypothèse que c’est la structure familiale qui va décider de l’organisation sociale du chien. Le chien s’adapte à la grande majorité de ces organisations familiales. En France comme quasiment partout dans le monde, la structure de la société et de la famille étant très hiérarchisée, le chien est forcé d’être hiérarchisé. Étant donné que l’homme revendique le pouvoir de décision et d’autorité, le chien n’a plus qu’à se soumettre sans revendiquer d’autonomie. Il y a dès lors des conflits avec des chiens qui revendiquent un minimum d’autorité, de liberté et d’indépendance. La devise ‘Liberté, Égalité, Fraternité’ se résume pour le chien à ‘Dépendance, Soumission, Fraternité’; et la même fraternité est entrain d’être remplacée par des discours racistes à l’encontre de certains chiens.
Comme le chien ne vit pas spontanément en hiérarchie de dominance, il est inutile de se transformer en maître autoritaire pour bien vivre avec lui. Et ce n’est donc pas le manque d’autorité du propriétaire qui est la source des problèmes d’obéissance; c’est une question de technique et de motivation, rien d’autre.
P 386-387

Vieille histoire des deux têtes

08/05/2011

On peut se demander pourquoi le modèle hiérarchique entre les hommes et les chiens est tellement répandu dans le monde et ne semble pas vouloir être éradiqué. CTout sur la psychologie du chien’est assez simple, somme toute. Jusqu’à maintenant, l’Homme a marché seul. Une seule race pensante, intelligente, se suffisant à elle-même. De lui émane le pouvoir, le pouvoir du sacré, d’ailleurs le concept de hiérarchie tiré des vocables grec hieros (« sacré ») et archos (« commencement », ou « ce qui est premier ») s’applique à plusieurs domaines, physiques ou moraux. Ainsi, ‘le chien se doit d’attendre la volonté de son maître, de lui obéir en toutes circonstances, de ne pas prendre d’initiatives et de n’avoir aucun privilège. Quand il ne répond pas à ces critères, le chien est qualifié de ‘dominant’, la tare par excellence. Ce vocabulaire esclavagiste démontre bien la relation qu’ont les hommes (plus souvent que les femmes) avec les chiens. Qu’a donc fait l’homme de son pouvoir pour devoir le revendiquer aux dépens du chien ?’, se questionne Joel Dehasse (p 389).
Mais pensez comme on aurait pu aller plus loin, s’il avait existé deux races pensantes, intelligentes, à travailler ensemble. Parce que ô joie

Demain les chiensles deux races ne penseraient pas de la même façon. Elles pourraient confronter leurs idées. L’un penserait à quelque chose que l’autre aurait oublié. C’est la vieille histoire des deux têtes. Songez-y Grant, un esprit différent de l’esprit humain mais qui travaillera en collaboration avec lui. Qui verra et comprendra certaines choses qui échappent à l’esprit humain, qui élaborera si vous voulez, des philosophies que l’esprit humain ne pourrait concevoir
Demain les chiens’ p 97

Les chiens ne sont pas allés aussi loin que l’homme : ils n’étaient pas devenus sceptiques. Ils croyaient ce qu’ils entendaient et percevaient. Ils n’avaient pas perdu leur pouvoir et pouvaient de ce fait l’exprimer différemment. Ils n’avaient pas à tirer de l’exploitation des autres des avantages économiques, sociaux…
Le chien est un facteur stabilisateur au sein de la société, grâce à lui l’homme a l’opportunité de se réaliser, d’exprimer ses besoins anthropologiques.

Morceaux… à méditer

23/09/2010

Le but de tout le développement du jeune chien est une meilleure association avec les congénères et il faut savoir que la vie en société représente un degré d’évolution supérieur à la vie en solitaire. Les solitaires ne peuvent tolérer aucun concurrent pour la nourriture. Mais l’adhésion à un groupe signifie, pour l’individu, des bases de nourriture plus assurées. P 49

Il n’y a punition que s’il y a transgression d’interdits clairement établis. Cecile chien pris au serieux signifie que l’on doit, tout comme le père-chien, avoir le chiot toujours à l’œil au cours de cette phase (comprendre de 8 à 12 semaines) et si l’on ne peut pas faire en sorte qu’il soit placé dans un lieu où il ne pourra enfreindre aucun tabou nécessaire à sa vie commune avec l’homme. Mais il faut naturellement veiller à ce que le chiot ne soit seul que très peu de temps. P 53

Toutes les entreprises communes, et on pourrait nommer ainsi toute éducation, formation ou dressage peuvent être développées de la sorte à partir de l’observation du jeu et dans ces conditions, tout apprentissage chez le jeune chien restera teinté de plaisir. Si le désir exprimé par l’homme que le chien réalise un travail particulier si ce désir reste toujours lié à un événement heureux, plus tard aussi, même pour un chien depuis longtemps adulte, apprendre sera un plaisir. C’est à cette condition que l’homme remplit son rôle d’éducateur, de premier partenaire social et ce n’est qu’ainsi qu’il pourra construire une relation homme-chien valable et stable. La prétendue faiblesse de caractère de tant de chiens repose souvent sur des erreurs éducatives au cours de la phase de socialisation : on ne jour pas assez avec le chien, en revanche on ‘dresse’ d’autant plus. Plus d’u homme se prend pour un dompteur de lions frustré et prend le chien pour un loup sauvage et féroce. En cela, il se trompe doublement. Premièrement, un dompteur de fauves n’est plus, depuis longtemps, un dompteur d’animaux qui impose aux ‘bêtes sauvages’ sa volonté de fer, mais un ami des animaux sensibles qui sait qu’il ne peut espérer les meilleurs résultats que si ces grands chats ont du plaisir à travailler.  Deuxièmement, il n’y a pas de loups sauvages et féroces. P 54-55

On n’insistera jamais assez sur le fait que le chien n’est pas un être dont les instincts sont fixés une fois pour toutes. Il ne suffit pas de connaître tous les modes de comportements innés pour mieux s’entendre avec le chien. Il est beaucoup plus important en revanche d’analyser exactement ses possibilités d’apprentissage innées, en fonction de son âge, d’observer sa relation avec le compagnon parental et d’étudier les interactions entre le père et le chiot dans les différentes phases de vie pour savoir comment et par quoi se construit la personnalité de chaque chien. Il est précisément un ‘animal d’apprentissage’. P55

La hiérarchie sociale n’est pas une affaire de force physique. Elle est, chez un être d’apprentissage comme le chien, une question d’intelligence.

Extraits du livre de  Eberhard Trumler ‘Le chien pris au sérieux’ -1974


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