Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘Gary Francione’

Avoir un nom c’est être quelqu’un

28/05/2012

L’homme peut nouer d’authentiques relations sociales avec d’autres êtres que ses semblables car la condition de l’existence d’un lien social n’est pas l’identité des acteurs, mais l’ajustement mutuel de leurs conduites et de leurs attentes. (Dominique Guillo, ‘Des chiens et des humains’).
Nommer son chienPour s’ajuster il faut que l’on puisse nommer. Or l’homme ne peut avoir de relation avec ce qui l’entoure qu’en lui donnant un nom, et l’individualité des choses comme des êtres est constituée par leurs noms, bien d’avantage que par leurs formes ou figures…. L’expérience nous montre suffisamment qu’une relation d’intimité avec une chose ou un être sollicite une appropriation par un nom. Le chien domestique devient en quelque sorte une personne quand il acquiert une d’identité par le nom, dès que l’on entre dans la sphère de l’intimité et du lien personnel, il n’est plus possible d’appeler un chien un chien. (Jean-François Chevrier, Christine Maurice, ‘L’animalité comme envers de l’humain’,  in L’animal dans nos sociétés).
De nombreux défenseurs des droits de l’animal s’appuient sur les capacités cognitives des animaux pour étayer leurs thèses de droit aux animaux et interdiction de toute souffrance animale. Certains auteurs comme Gary Francione, avocat et professeur de droit USA lui en appelle au principe de respect égalitaire ‘equal consideration’, ça veut dire que les animaux ne peuvent être traités comme des humains, ne doivent être traités comme des humains mais certainement pas être considérés comme des objets. Au même titre que les humains, ils possèdent une valeur intrinsèque. Ce qui signifie qu’ils doivent être considérés comme des personnes. Nous avons tendance à opposer l’homme qui pense et l’animal qui en est incapable, alors que l’homme ne peut penser que parce qu’il vit avec l’animal, et que si l’homme est effectivement pensant, l’animal n’est pas une machine mais une condition de la pensée de l’homme. L’animal ne pense pas seulement ; il fait penser l’homme. La pensée n’est pas le propre de l’homme mais le résultat d’un partenariat primordial entre l’homme et l’animal. La subjectivité de l’homme se développe à travers l’intrusion de l’animal dans sa pensée et les étranges connivences qui en résultent. (Dominique Lestel, ‘Les amis de mes amis’).
Mon chien est une personne, car il a un nom. Mon chien est soumis car il a un nom. Car, ‘c’est le pouvoir donné à l’homme de nommer les créatures qui a marqué le début d’une corruption du langage par la domination’, conclut Élisabeth de Fontenay, ‘Sans offenser le genre humain’.


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