Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘fondation sommer’

Y’a un animal mais y’en n’aura bientôt plus

27/04/2010

Un tiers des établissements français d’éducation spéciale pour enfants ayant des troubles de la conduite et du comportement, pour enfants handicapés, pour déficients sensoriels…. sondés par le Centre d’étude et de Recherche sur la Philanthropie ont admis qu’ils travaillaient avec des animaux mais envisageaient de cesser cette activité à l’avenir.
Le rapport d’étude – Les animaux dans les établissements -  mandaté par la Fondation Sommer révèle que la présence d’animaux repose sur une décision de favoriser la relation enfant/animal. Dans 2/3 des cas, les établissements  d’éducation spéciale accueillant des enfants handicapés ou en difficulté en profitent pour organiser des activités : de loisirs (1 sur 4), thérapeutiques (1 sur 3), activités occupationnelles qui sont les plus fréquentes (1 sur 2). Mais les responsables de ces établissements clament en choeur : cette présence revêt un caractère globalement problématique. C’est pourquoi plusieurs d’entre eux n’ont plus d’animal à ‘demeure’. Soit que la dite présence engendre des lourdeurs administratives que ces établissements ne veulent plus assumer. En effet, le premier obstacle est la perception d’une réglementation sanitaire incompatible avec la présence constante d’un animal. Soit que l’organisation et la prise en charge (notamment dans les périodes où l’établissement est fermé) deviennent problématiques avec le temps. Soit, en fin, que les risques encourus pour les enfants (dans les établissements accueillant des enfants handicapés surtout) et pour les animaux sont jugés excessifs. Ce dernier point est étonnant car un tiers d’entre eux rappelons-le travaille avec des animaux et des enfants.
Photo issue du site: http://zootherapie.asso.frBref il ressort de cette étude quantitative réalisée il y a 5 ans que les établissements veulent favoriser la relation de l’enfant avec l’animal, mais dans le quotidien cela se complique. Ces établissements ne semblent pas vouloir emprunter la voie de l’animal résident mais optent pour amener les enfants, quand cela est possible, aux animaux. Ce serait une option gagnante et pour les établissements et pour les organismes externes, chacun partagerait charges et responsabilités et tout le monde pourrait compter sur la compétence de chacun des partenaires.
Au Québec, certains organismes offrent cette avenue. Quels sont les établissements qui en profitent?

Témoignage:
Emmanuelle Fournier-Chouinard, psychologue et zoothérapeute dans la belle région du Saguenay, a accompagné un groupe d’adolescents souffrant de dysphasie pour une aventure en plein air en compagnie de chiens de traîneaux et de chevaux. Elle a pu vérifier une fois de plus l’apport inestimable des animaux dans le soin des humains.
 http://www.radio-canada.ca/regions/saguenay-lac/emissions/emissionV0.asp?pk=321

Les Sisyphe modernes

27/03/2010

Il semblerait que quand le médecin a un certain intérêt vis-à-vis de l’animal, un programme de thérapie assistée par le chien peut s’implanter dans une institution au Québec. Ça veut dire que si le thérapeute ‘croit’ aux bienfaits de la présence d’un chien dans son environnement, alors les expériences, les recherches et surtout toute la paperasse administrative trouvent à se simplifier d’elles mêmes.  Josée Brunelle, présidente de la Corporation des zoothérapeutes du Québec nous le dit : « il faut trouver la ou le professionnel de la santé – ergothérapeute … –  qui croit qu’on peut l’aider, qu’on peut intégrer un animal dans une intervention et parvenir aux mêmes résultats que le professionnel en prenant un chemin différent ».
De la même façon, José Sarica, Ph.D en biologie, Zoothérapeute, n.d croit quant à lui qu’un médecin humaniste peut ‘prescrire’ une séance de zoothérapie… à condition de le rencontrer… car pour José, un « médecin humaniste c’est un médecin qui a une vision d’aider les gens à partir de son vécu (congruence) et de son empathie: un peu comme Jean Désy, médecin et professeur à l’Université de Médecine de Laval à Québec. Il a une approche holistique du patient et voit la personne avant tout comme un humain et non comme une problématique à soigner. Il appelle cela des médecins avec de la résilience».
De  ces deux témoignages, on peut faire l’hypothèse que si ces médecins ont une sainte horreur des bêtes, aucun projet ne peut voir le jour, se pérenniser et encore moins enregistrer des résultats. Il est malheureux de devoir encore faire appel à la foi pour faire avancer les dossiers de TAC. Autant brûler des chandelles sur l’autel de la rationalité scientifique et prier tous les saints de la terre pour qu’ils exaucent les vœux anthropocanins…. Les intervenants de TAC sont nos Sisyphe modernes condamnés à présenter éternellement  des documents présentant en termes de coûts / bénéfices le meilleur ratio des argumentaires scientifique – financier. Belle et vertueuse persévérance, mais ce perpéttuel recommandement a un je-ne-sais-quoi d’essoufflant et de stérile.


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