Billets étiquettés ‘éthologie’
22/07/2010
Où en sont les scientifiques dans cette difficile définition de l’humanité et de l’animalité? Qu’est-ce qui nous différencie? La culture? Le langage? L’apprentissage? Est-ce là ce qui nous sépare de la bête? La solution viendra peut-être des efforts conjugués des anthropologues et des éthologues? Les premiers s’intéressent à l’histoire de l’homme (l’anthropologie évolutionniste est entrain de prendre forme, tenant compte de toutes les découvertes récentes dans de nombreuses disciplines (paléoanthropologie, préhistoire, génétique, éthologie, sciences cognitives, linguistique). Bien sûr le séquençage du génome de l’homme en 2003 et celui du chimpanzé en 2005 incitent à repenser l’origine de l’homme et de son évolution. Les seconds se penchent sur les comportements des animaux surtout en milieu naturel mais n’est-ce pas finalement le même objectif : dessiner avec plus de précision la frontière censée séparer l’homme de l’animal, voire la déplacer en fonction des nouvelles découvertes? – Pourquoi cette volonté de mieux comprendre les sociétés animales complexes? Selon Dominique Lestel, ‘pour mieux connaître nos propres sociétés’.
On est déjà entrain de faire sauter la frontière jusqu’à présent immuable qui séparait nature et culture,
l’homme s’arrogeant seul le droit de sortir des limites de la biologie pour accéder à la culture. Les chercheurs parlent maintenant de ‘cultures animales’ certains ne considérant que les grands signes, d’autres comme Dominique Lestel ou Hal Whitehead et Luke Rendall (université Dalhousie à Halifax) incluant dans leurs observations cétacés et oiseaux, corbeaux et corneilles en particulier….
Et le chien?
Il est désormais bien attesté que de nombreuses espèces animales peuvent apprendre, mémoriser, résoudre des problèmes et même forger des représentations mentales.
Janick Auberger et Peter Keating. Histoire humaine des animaux de l’antiquité à nos jours. Éllipses, 2009, p .88
Tags: 'cultures animales’, animalité, anthropologie évolutionniste, anthropologues, apprentissage, Auberger Janick et Keating Peter, bête, comportements des animaux, culture, Dominique Lestel, éthologie, éthologues, évolution, frontière entre l’homme et l’animal, génétique, Hal Whitehead et Luke Rendall, histoire de l’homme, humanité, langage, linguistique, paléoanthropologie, préhistoire, sciences cognitives, scientifiques, séquençage du génome, sociétés animales complexes, université Dalhousie
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En se promenant, Réflexions anthropocanines | Aucun commentaire »
15/07/2010
Tant que le statut de l’animal ne sera pas fixé, il n’y aura pas d’avancées zoothérapeutiques.
La multiplicité des cohabitations mettant en présence hommes et chiens génère un fait social associé à différents enjeux, dont l’enjeu thérapeutique, mais « l’enjeu épistémologique de telles recherches réside dans le statut analytique donné à l’animal. Il apparaît alors que les interactions proprement dites entre les hommes et les animaux – le chien n’est dans ce texte qu’un exemple parmi d’autres – sont un objet évité par les sciences sociales ». (Albert Piette, Entre l’homme et le chien).
Est-il envisageable que la frontière qui est longtemps apparue absolument infranchissable : la barrière nature/culture, soit entrain de tomber et d’ébranler un système de croyances judéo-chrétien qui entretient la coupure entre l’humain et la nature ? L’éthologie contemporaine rouvre certaines voies qui semblaient ensevelies à jamais. La thérapie assistée par le chien met de nouveau en contact dans une communication simple et bénéfique l’homme et les animaux. Darwin avançait vers les années 1850 qu’un comportement humain vis-à-vis des animaux lui semblait être une des dernières conquêtes morales. Gilles Picard et Marie-Amélie Vidal (L’animal spirituel, Éd. Montorgueil, 1994) affirment que parler de l’instinct animal opposé à
l’intelligence humaine n’a plus aucun sens. « Toutefois la nature n’est pas libre sur le plan épistémologique. Ses représentations, même à l’époque contemporaine, sont des catégories fondées sur l’aspect social. La frontière nature/culture est sans cesse contestée, et on fait appel à la nature pour accomplir un ‘travail’ politique et moral » (Margaret Lock, dans Anthropologie médicale, ancrages locaux, défis globaux).
Tags: Albert Piette, animal, Anthropologie médicale, Darwin, enjeu thérapeutique, épistémologique, éthologie, frontière nature/culture, L'animal spirituel, Picard et Vidal, statut
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Jappons, Thérapie assistée par le chien | Aucun commentaire »
22/10/2009
L’être humain a le devoir de comprendre le comportement des espèces animales. C’est un essentiel pour éviter que les animaux compagnons ne souffrent inutilement.
Pour la majorité des gens, un être moral c’est un humain. D’où le ‘on ne tuera pas son prochain’ et pourquoi? Parce que c’est normalement un être de moralité. Quand il est question des chiens, on parle au mieux de devoirs comme celui de s’abstenir de mauvais traitements. Et encore cette notion est élastique, car si ce traitement sert l’intérêt humain, il n’y a plus de mauvais traitement, qu’on pense aux habitudes alimentaires, aux objectifs de la science ou aux activités de loisirs. C’est donc d’une morale à deux vitesses qui dirige les actions humaines envers les chiens. « Et elle s’appuie sur la conviction qu’humains et animaux appartiennent à des ordres radicalement distincts. Pourtant, depuis Darwin on sait que cette conviction est dénuée de fondement »[1].
Depuis, l’éthologie a démontré que le chien adopte une conduite propre à son espèce quand il est avec les siens et une autre adaptée à la relation avec l’humain. Cette adaptation à tel ou tel mode de communication favorise, par conséquent, l’échange affectif avec l’homme[2].
Donc favorise la relation. Une relation faite d’observations, de perceptions et d’échanges entre l’Autre poilu et l’Autre nu. En ce sens, l’affect permet d’interpréter et de découvrir des postures, des signes, des actions. On peut donc parler d’empathie d’affects avec son animal. Ca veut dire que ça se comprend et s’interprète. Donc que la relation anthropocanine existe. C’est loin d’être une évidence pour la majorité d’entre nous, repliés furieusement en nous-mêmes, dans notre petit univers limité et clos, finalement autodestructeur.
En entrant en relation avec l’Autre poilu, « nous sortons de nous-mêmes pour rencontrer des intensités »[3] . Alors se tisse un lien entre l’éthologie et l’ontologie.
Reus Estiva, ‘Le scandale de la généalogie darwinienne’, p 25, in L’animal dans nos sociétés, La documentation française, janvier 2004
Talin Christian. Anthropologie de l’animal de compagnie, Atelier de l’Archer, 2000, p 79
Op cit. p 88
Tags: actions, affect, comportement, documentation française, échanges, empathie d’affects, espèces animales, éthologie, être moral, intensités, observations, ontologie, perceptions, postures, relation, relation anthropocanine, Reus Estiva, signes, Talin Christian
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Le chien et l'éthologue | Aucun commentaire »
21/09/2009

Les médecins acceptent-ils le champ des relations thérapeutiques chien-homme comme un espace de recherche d’une quelconque légitimité scientifique ? Quels seraient les acquis de santé qui les satisferaient ? Est-ce parce qu’on n’en comprend pas tous les mécanismes que cette approche est dite alternative ? Cette approche est-elle alternative? Existe-il une difficulté méthodologique à reconnaître les effets directs qu’ont les chiens de thérapie assistée par le chien (TAC) auprès des publics cibles ? Existe-t-il un scepticisme du milieu médical envers la TAC ? La TAC chevauche plusieurs champs d’expertise (psychologie, éthologie, étiologie, pédiatrie, gérontologie…), est-ce un handicap pour une reconnaissance ? Si le chien est un témoin de vie, pourquoi la TAC n’est-elle pas systématisée à l’ensemble du réseau de la santé comme approche thérapeutique ? La pluridisciplinarité et les pré-requis aux interventions sont strictement encadrés dans des articles de loi (Article 102, L.R.Q, Chapitre S-4.2 « Le plan d’intervention doit assurer la coordination des services dispensés à l’usager par les divers intervenants concernés dans l’établissement »), sont-ce des entraves au développement de la TAC ?
Malgré les effets dûment documentés de la thérapie assistée par le chien (TAC), le monde médical semble réticent à reconnaître cette approche comme thérapeutique. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour aboutir à un changement systémique dans les politiques et à une transformation des attitudes chez les spécialistes de la santé.
Actuellement, les interventions en TAC semblent davantage l’objet d’une décision d’un chef d’unité qui ‘croit’ aux bienfaits des animaux auprès de ses patients que d’une approche définitivement pluridisciplinaire avec reconnaissance dans la littérature médicale. Le monde médical ne semble voir dans les chiens TAC que des animaux familiers qui sont « bons pour les patients » qui peuvent améliorer leur bien-être mais de là à leur attribuer un rôle complémentaire dans le traitement, le passage semble systémiquement infranchissable. Or, il y a une différence entre les bienfaits reconnus de la présence animale dans la vie de tous les jours pour la santé humaine et l’intervention ciblée dans un but thérapeutique d’animaux spécifiquement dressés et accompagnés d’intervenants professionnels.
C’est toute la représentation de l’animal co-thérapeute qu’il s’agit de faire évoluer dans l’esprit médical.
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