Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel
22/07/2011Voici venu le moment de charger les running et le harnais dans le sac de voyage. Cela fait 47 semaines que Sapi et moi nous entrainons en vue du Trophée des montagnes 2011. Il s’en est passé des choses. Des images en filigrane dans le coeur, des instants gravés dans les muscles des jambes.
Depuis 1 an, grâce à Jean-François le coach on a couru, on s’est dépassés, sans vraiment jamais réaliser ce qui était entrain de s’accomplir, l’essentiel était de courir et de sortir … Par tous les temps, souvent seuls sur la trail, 4 fois/semaine, neige, froid, glace rien ne nous a arrêté. Car il y avait ces moments où nos deux souffles entraient en écho, où la foulée ne faisait plus que 6. Ça arrive, plus souvent qu’autrement quand la beauté d’un sentier unit l’humain-l’animal-le végétal. Ainsi est venu le printemps tardif et mouillé et les premières chaleurs qui ont charriées leur lot de tiques…. Il reste des images merveilleuses en tête, ce soir de décembre le long du fleuve St-Laurent, l’eau gonflée des premières précipitations neigeuses et Montréal parée des couleurs festives de Noël lovée dans un halo brumeux. Ou ce dimanche de printemps quand les oies sont passées si bas que Sapi et moi nous nous sommes arrêtés… leurs ombres glissaient.

Et puis ce premier demi-marathon… pas couru vite, pensez, mais fait, on l’a fait! Puis on l’a refait encore et encore jusqu’à améliorer notre temps de…1H!
Rythme hebdomadaire d’entrainement, scansion de l’agenda, moments d’exception bien éloignés des routines du quotidien, c’est ça qui manque déjà…
Près de 2900 kms ont été parcourus depuis le mois d’août 2010, dont 900 environ en canicross (sans compter les sorties de canitrottinette juste pour Sapi)… À quoi ça correspond toute cette distance ? À un détour. Pour me rassembler moi, avoir les pieds sur terre au sens physique et moral du terme, c’est-à-dire entrer de plein pied dans l’existence, être en devenir avec mon chien. Ce sont ces moments de communion qui apaisent les tensions internes tout en en créant de nouvelles et deviennent physiologiquement nécessaires.
Courir avec son chien c’est prendre son temps, c’est forcément prendre du temps (le voler sur la vie?), le temps de plonger dans son intériorité, n’habitant plus à la surface de soi, entrant en la seule profondeur. Le recours à la forêt, à la montagne, aux sentiers, est une échappée belle pour reprendre son souffle, affûter ses sens, renouveler sa curiosité. Le chemin parcouru, même pour quelques heures, rétablit un centre de gravité.
Courir avec son chien est un acte de subversion: c’est entrer en Nature, c’est aller là où peu vont, sans savoir où l’on va, c’est se rassembler.
Courir avec son chien est un authentique exercice spirituel.

Le canicross c’est une relation. Le canicross est aussi un sport. C’est courir avec son chien. Il y a donc deux athlètes, 6 pattes, le chien et l’humain. Quand un des deux dans le lien est blessé, la course ou l’entrainement est reporté. C’est la beauté de ce sport qui s’adresse à tous, amoureux des activités de nature, de sensations fortes, découvreurs de paysages et de méditation active dans un cadre naturel.
Le canicross c’est la quintessence de la relation 
même être en mesure de pouvoir pousser par mes propres moyens, mais c’est définitivement un entraînement de vitesse intense. Au lieu de pousser mon corps à courir plus vite, je pousse mon corps (surtout mes jambes) à travailler plus vite. Quand je cours seule, les muscles du fessier et les ischio-jambiers (l’arrière des jambes) sont les plus sollicités parce que tu pousses pour te donner l’élan pour avancer. En canicross, ce sont les quadriceps (le devant des jambes) qui sont les plus sollicités parce que ce sont ces muscles qui font que ta jambe lève et avance. Ce qui ne peut pas nuire, surtout dans les montées et les descentes!
Merci à Marie-Ève de s’être arrêtée quelques instants pour nous partager sa passion et hop…. la voilà repartie sur les chapeaux de roues….