Sandra Friedrich
    Blogueuse sans frontière ni censure, Sandra Friedrich multiplie les thèmes.

    Forte d’une scolarité de doctorat en anthropologie et journaliste pigiste, elle a choisi l’Internet pour partager ses idées. Sandra Friedrich se spécialise dans la relation entre l’homme et l’animal de compagnie, plus précisément le phénomène anthropo-canin. Comme elle le dit si bien : « pour moi l'important reste l'humain en contact avec une autre espèce et le fait que dans notre société, le chien est encore vu comme une mécanique, un outil. On ne peut plus penser l'animal comme ça. C'est contre-productif et contraire aux expériences scientifiques du monde éthologique ».

    Elle concrétise également sa passion du contenu à titre de journaliste humanitaire par le biais de ses articles, dossiers et collaborations sur la zoothérapie, les médias communautaires, l’Afghanistan, l’Afrique, l’eau, les soins palliatifs, le prématuré en croisement avec ses critiques littéraires, enquêtes et essais. [+]
Manifesto
    Est-ce qu’un blogue peut changer le cours des choses? Est-ce qu’écrire et découvrir peuvent nous aider à mieux vivre? Est-ce que partager une opinion et multiplier la différence peuvent nous aider à mieux être? Avec ce blogue à la ligne éditoriale forte assurée par Sandra Friedrich, elle nous fait la démonstration qu’on peut bloguer pour aider, éveiller, partager et pourquoi pas éduquer. L’opinion peut devenir quelque chose de collectif, la prise de position est donc de mise et permise sur ce blogue. [+]

Billets étiquettés ‘éducateurs’

Gestion animalière dans la Couronne Sud de Montréal : un dossier qui n’a pas de chien

09/12/2011

Voici l’article que Sandraetlechien – Sophie Royer – Marie-Josée Méthot  – Lise Bourassa ont rédigé il y a quelques semaines et qui n’a pas trouvé pages d’opinion pour être publié

Dans le dossier de la gestion animalière, un virage politique s’impose. Les élus municipaux de la Couronne sud de Montréal sont en manque de solutions. Les citoyens veulent en savoir plus. Pendant ce temps, à quelques pas de nos maisons décorées pour les festivités de Noël, des animaux de compagnie sont mis à mort dans des conditions les plus exécrables qui soient.

L’équation est simple, elle provient d’une série d’annonces incohérentes alors que la Société de Contrôle D’animaux Domestiques St-Hubert inc.(S.C.D.D.) prévoit fermer ses portes au 31 décembre et qu’aucun soumissionnaire n’a pu remplir les exigences des différents appels d’offres municipaux. On assiste à une espèce de sauve-qui-peut généralisé du style ‘qui va prendre en charge les animaux dans ma ville’ des mairies précédemment sous contrat avec cette entreprise privée. Ce qui démontre si besoin est la cacophonie dans le dossier de la gestion animalière sur la rive sud de Montréal et …. dans la province au grand complet. Le Québec qui s’est depuis longtemps forgé une réputation de laxisme en matière de protection des animaux va rester la pire parmi toutes les provinces canadiennes en 2012.

La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratifPas une journée ne se passe sans que telle municipalité indique, dans un grand soulagement, avoir contracté avec la SPA Drummond ou autre organisme. Il est à se demander dans cette urgence quelle réflexion anime les administrateurs municipaux. Il aurait été logique de s’attendre suite au reportage du 21 avril dernier de l’émission « Enquête » à Radio-Canada et suite aux différentes saisies de chiens tout au long de l’été en particulier celle de l’Outaouais à ce que les élus prennent conscience de la situation qui prévaut sur leur territoire concernant la maltraitance, la cruauté et la négligence envers les animaux de compagnie et prennent des mesures qui s’imposent. Or, les municipalités de Ste-Julie, St-Amable et Varennes, entre autre, ont décidé donner le contrat de fourrière à la SPA Drummond sans analyser le fait que cette dernière ne pratiquerait pas la stérilisation des animaux vendus sous leur bannière à l’exception des animaux stérilisés au moment de l’abandon ou de leur capture pour errance. Ce qui va à l’encontre d’une gestion saine, éthique et responsable de la surpopulation animalière. De surcroit, deux  membres du Ca d’Anima Québec – organisme à but non lucratif qui veille à la sécurité et au bien-être des chiens et chats du Québec – ne font pas la stérilisation des animaux qui sont vendus ou mis en adoption sous leur bannière…. faute de moyens!

Tandis que 70 élus dans toute la province ont assisté à la journée de formation ‘Comment négocier le virage animalier de votre municipalité’ donnée le 28 octobre dernier par la caacQ, seuls 28 élus de la Montérégie étaient présents. Doit-on conclure que le dossier de la gestion animalière est, pour ceux qui n’y sont pas allés, un dossier de second ordre? N’en déplaise aux maires, le MAMROT (ministère des Affaires municipales des Régions et de l´Occupation du territoire) s’en est accaparé. Il serait temps. Les lois provinciales actuelles en matière de protection des animaux ont récemment été classées parmi les pires au pays par un sondage mené par l’Animal Legal Defense Fund, une organisation spécialisée dans les questions de droits des animaux. Comment passer du contrôle animalier à un service animalier responsable, tout en s’assurant de l’application des nouvelles recommandations de la loi P-42 qui est actuellement en voie de révision ? Plus de 1900 documents ont été déposés par la participation citoyenne pour que les amendements à la loi P-42 soient conformes aux attentes citoyennes ainsi qu’aux organismes voués au bien-être animalier.

Saisie de chiens maltraités - 2011Pendant ce temps,  la ville de Longueuil nous assure sans nous rassurer (la mairesse a toujours refusé la tenue d’une table ronde publique sur la question) qu’un vrai virage animalier avec un projet novateur naîtra sur son territoire (’d'ici 30 jours’) sans jamais préciser les tenants et aboutissants de ce projet et sans même ouvrir ce projet à l’ensemble des municipalités de la Couronne Sud en mal d’inspirations. Et ainsi passer à côté d’une belle occasion : devenir fer de lance d’un dossier aux multiples ramifications. Alors que les autres municipalités fuient la SCDD, Longueuil reconduit son contrat et se dit désolée de ne pouvoir exiger ‘certaines choses telles qu’organiser des cliniques d’adoption dans le hall d’entrée de l’hôtel de ville’ (sic!). En tant que payeur de contrat, ne serait-on en posture d’exiger que des normes minimales soient appliquées! Plusieurs citoyens ont décrié le fait que, sous sa forme actuelle, le contrat passé avec la SCDD ne permet pas de garantir des normes de soin adéquates pour les chiens et les chats. Il s’avère que le conseil de ville longueuillois serait dépendant du contrat passé avec cette entreprise privée par conséquent aux prises avec les exigences dudit contracteur. Or, tous les services offerts par l’adjudicataire devraient respecter les conditions de la Loi sur la protection sanitaire des animaux [L.L.Q. chapitre P-42] et de la Loi sur la santé des animaux [L.C. 1990, C.21]. Il est fort surprenant qu’aucun article de loi n’offre à une ville la possibilité de modifier un devis en le reconduisant vers de nouvelles exigences.

Pourtant elles sont nombreuses les municipalités au Canada à être innovantes dans le dossier de la gestion animalière. Ainsi Toronto où les animaleries ne pourront plus vendre de chiens ni de chats sur le territoire de la ville, sauf s’ils proviennent d’un refuge pour animaux. Depuis 11 ans, Calgary a mis en place des services animaliers, et Bill Bruce, reconnu pour son expertise dans toute l’Amérique du Nord, en est le responsable. La mission est de favoriser une communauté sécuritaire pour les personnes et les animaux de compagnie au moyen de l’élaboration d’une politique municipale qui reflète les valeurs de ladite communauté.

Pendant que la plus grosse chaine d´animaleries au Canada PJ´S Pets cesse la vente de chiots dans ses succursales pour faire la promotion de l’adoption des chiens de refuges, une animalerie qui selon toute vraisemblance vendra des chiots va s’ouvrir dans la ville de Mont-Saint Hilaire. Or, en cette période de l’année propice aux achats impulsifs pour des cadeaux joyeux de Noël, il est à craindre que le problème de surpopulation animale et de l´existence d´usines à chiots ne trouve une fois de plus d’issues favorables. Il est vrai qu’une Ville n’a pas le pouvoir juridique d’interdire une activité économique comme la vente d’animaux dans les commerces, reste qu’une ville a l’obligation de faire montre d’intelligence dans ses dossiers. Ainsi, Rosemont-La Petite-Patrie tente actuellement de passer un règlement l’interdisant. Gatineau lui emboîte le pas, bien en retard sur la ville de Richmond en Colombien Britannique qui l´interdit depuis 2010.  Des options il y en a! Des possibilités d’action encore plus!

Soyons congruents. La valse des annonces municipales ces dernières semaines fait juste état de la méconnaissance – pour ne pas dire plus – des élus dans le dossier du contrôle animalier. Oui, c’est Québec qui réglemente le commerce et le bien-être des animaux. Or, chaque ville peut faire des recommandations au gouvernement du Québec. Plusieurs citoyens se sont levés lors des périodes de questions des différents conseils de ville depuis plusieurs années (et plus intensivement depuis ce printemps) pour dire : des solutions viables économiquement et socialement existent qui ne sont pas excessives à mettre en place. Sans avoir jamais été entendus sinon pourquoi autant d’annonces dépourvues de vision politique! Les municipalités, le gouvernement provincial et le gouvernement fédéral ont une responsabilité morale envers les citoyens puisqu’ils détiennent le pouvoir décisionnel.

Depuis la création du groupe de travail sur le bien-être des animaux de compagnie par le MAPAQ, un véritable réseau s’est mis en place au Québec pour assurer une approche concertée, indique le site web du MAPAQ, ça ne semble pas s’être arrêté à la Couronne sud de Montréal.
Les élus doivent maintenant agir et corriger la situation ensemble. La gestion animalière n’est pas l’affaire d’une municipalité isolée c’est un dossier conjoint et collaboratif, il faut asseoir autour d’une même table trois intervenants clés (au moins), les élus, les organismes collaborateurs (SPA, Caacq…) et les fournisseurs de soins et service (vétérinaires, éducateurs, propriétaires…). En effet, les municipalités du Québec sont organisées en MRC, entités administratives qui regroupent une dizaine de municipalités. De manière naturelle, ces municipalités devraient, au travers des MRC, partager des ressources (centre de traitement des déchets, par exemple). Il serait tout à fait envisageable que le service animalier soit mutualisé au niveau des MRC. Pourquoi personne ne semble vouloir aller dans ce sens ? Pour l’observateur, cela reste un mystère qui explique certainement que ça parte dans tous les sens.
Les municipalités de la rive sud ont-elles autant de difficultés à travailler ensemble?

La zoothérapie au Canada en un clin d’œil

02/03/2010

En 2008, Sarah M. Schlote a mené une vaste enquête d’un océan à l’autre afin d’avoir un portrait de la situation de la zoothérapie au Canada. Pour son sondage, Sarah a spécifiquement interrogé 131 professionnel(le)s en relation d’aide, santé mentale, éducation et services sociaux (par ex : conseillers, psychothérapeutes, psychologues, travailleurs sociaux, éducateurs, coach de vie, guérisseurs, etc.) travaillant avec un partenaire animal dans le cadre d’interventions thérapeutiques visant la croissance personnelle. L’étude ne visait pas la zoothérapie telle que pratiquée dans d’autres domaines professionnels, ni les activités assistées par l’animal ou l’équitation thérapeutique.
Voici les points saillants.
• 91% des personnes interrogées ont – de 10 ans d’expérience en zoothérapie.
• 66% ont entre 0-5 ans d’expérience.
•  64% avaient une éducation universitaire
• 69% avaient des études en relations d’aide (voulant dire, 30% avaient des études ou des professions non pertinents,telles l’ingénierie, le journalisme, l’hôtellerie…  N’importe qui peut s’improviser zoothérapeute…)
• Il n’y a pas ou peu de communication ou de collaboration entre les programmes de formation/certification
• Il n’y a pas de norme standardisée au niveau des pré-requis académiques pour suivre une formation en zoothérapie
• Personne ne s’entend sur la terminologie à se donner : il y a plus de 60 termes différents en anglais et plus de 30 en français pour dire zoothérapie…
…..Et on continue à en inventer d’autres…
•  Il y a un manque de consensus au niveau des définitions. Par ex. : On n’est pas d’accord sur les différences entre : zoothérapeute et intervenant en zoothérapie, ni sur la distinction entre la thérapie/le coaching/l’apprentissage assisté par le cheval…

L’objectif de l’étude était de mieux comprendre les enjeux actuels afin d’inspirer des solutions. Pour faire évoluer le domaine, deux avenues sont non seulement souhaitées mais souhaitables :
1/ l’établissement de normes (61%)
2/ La création d’une association professionnelle nationale indépendante (65%).


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